Le Site historique de la Case de l'oncle Tom - Ontario Heritage Trust

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En raison de la COVID-19, le Site historique de la Case de l’oncle Tom sera fermé pour la saison touristique 2020. Nous sommes en train de concevoir une nouvelle programmation numérique des expositions de notre musée. Nous sommes aussi en train d’appréhender notre histoire et vous pouvez la parcourir ici, sur le site Web. Pour toute demande de renseignements, veuillez envoyer un courriel à utchs@heritagetrust.on.ca.

Histoire

Les premières années

Josiah Henson naît esclave dans le comté de Charles, au Maryland, vers 1796. En tant qu’esclave, il est séparé de ses proches et subit des violences inimaginables. Un jour, un contremaître le bat avec une telle brutalité qu’il lui brise les deux omoplates. Suite à ces blessures, il est mutilé à vie. Tout au long de cette période, Henson trouve du réconfort dans sa foi et au sein de l’Église méthodiste. Il commence à prêcher et finit par être ordonné pasteur. En 1829, il organise le rachat de sa liberté avec l’argent gagné grâce à ses sermons. Mais il est trahi par son maître et emmené à la Nouvelle-Orléans pour y être vendu. Il échappe à l’esclavage en fuyant vers le nord le long des voies silencieuses du chemin de fer clandestin.

Dans sa quête de liberté, Henson est accompagné de sa femme et de leurs quatre enfants, qu’il porte souvent sur son dos. La famille Henson se déplace à pied une fois la nuit tombée et se cache dans les bois pendant la journée. Après un long et dangereux périple de six semaines, les Henson arrivent sur la rive canadienne le matin du 28 octobre 1830.

Très vite, Henson affirme son leadership comme prédicateur et conducteur du chemin de fer clandestin. Il fait preuve d’énergie et d’esprit visionnaire pour œuvrer à l’amélioration des conditions de vie de la communauté noire dans le Haut-Canada (aujourd’hui l’Ontario). Après sa fuite spectaculaire, le « père Henson » atteint rapidement le statut de chef de la communauté du chemin de fer clandestin dans le Sud-Ouest de l’Ontario.

L'établissement Dawn

Dawn – une communauté permettant aux Noirs de partager leurs compétences, leur travail et leurs ressources afin de se soutenir
mutuellement et de venir en aide aux nouveaux arrivants. Cet esprit de coopération trouve son expression concrète dans l’église, l’une des plus importantes institutions de la communauté noire. L’église fait office à la fois de lieu de culte et de centre de réunions, d’enseignement, et d’activités sociales et de loisirs.

Les colons de l’établissement Dawn cultivent la terre pour récolter notamment du blé, du maïs et du tabac. Du bois de noyer noir
cultivé localement est par ailleurs exporté vers les États-Unis et l’Angleterre. Henson co-fonde le British American Institute, une des premières écoles professionnelles au Canada permettant l’apprentissage d’un éventail de compétences, qui constitue un élément
essentiel de l’établissement et qui bénéficie d’un accès aux terrains de la ferme, à la scierie, au moulin à farine, à la briqueterie et à la corderie de la collectivité. L’Institut ouvre ses portes en 1842 avec pour mission de « cultiver l’être tout entier et de permettre le développement optimal et maximal des capacités physiques, intellectuelles et morales ». Les élèves passent une partie de la
journée dans la salle de classe et consacrent le reste de leur temps à la pratique d’un métier. Les articles qu’ils fabriquent sont vendus au profit de l’école. Les femmes se consacrent à l’apprentissage des compétences domestiques, tandis que les hommes travaillent dans les moulins ou les champs. Une plaque provinciale commémore l’établissement Dawn et ses nombreuses contributions importantes.

Certains membres de la collectivité retournent aux États-Unis après la proclamation de l’émancipation en 1863. D’autres restent sur
place, contribuant à l’établissement d’une communauté noire importante dans cette partie de la province.

La première édition de l’autobiographie de Josiah Henson est publiée en 1849 sous le titre suivant : The Life of Josiah Henson, Formerly a Slave, Now an Inhabitant of Canada, as Narrated by Himself. Six éditions sont finalement publiées, entre 1849 et 1883. Harriet Beecher Stowe s’inspire de cette autobiographie pour écrire son roman publié en 1852, La case de l’oncle Tom. La vie remarquable de Josiah Henson et ce lien avec le roman de Mme Stowe en font l’un des Canadiens les plus célèbres de son époque.

Le révérend Henson décède le 5 mai 1883. Il est enterré à côté du site historique de la Case de l’oncle Tom, dans le cimetière de la famille Henson. Il avait continué de prêcher dans l’église méthodiste épiscopale britannique de Dresden chaque dimanche jusqu’à sa mort. Henson laisse derrière lui plusieurs enfants et sa deuxième femme, Nancy Gambril. Sa première épouse, Charlotte, décède avant lui en 1852.

« Je ferai bon usage de ma liberté »

Josiah Henson joue un rôle important comme défenseur de l’alphabétisation et de l’éducation des Afro-Canadiens et s’emploie à
lever des fonds pour l’Institut. Il parcourt le Canada, les États-Unis et l’Angleterre (à trois reprises) pour obtenir des dons. Par ailleurs engagé en tant que conducteur du chemin de fer clandestin, il effectue régulièrement le périlleux voyage jusqu’aux États esclavagistes du Sud pour encourager et faciliter la fuite des esclaves noirs vers le Canada.

Bien que mutilé très tôt dans sa vie, il participe à la défense du pays comme capitaine d’un bataillon de la milice constitué de Noirs, en garnison au Fort Malden pendant les Rébellions de 1837. En outre, Henson aide les Afro-Canadiens à se joindre à la lutte contre l’esclavage pendant la guerre de Sécession. Au moins 1 000 hommes s’enrôlent dans l’armée de l’Union au sein de divers régiments composés de Noirs après la levée de l’interdiction visant les soldats noirs, en 1862.

« Je ferai bon usage de ma liberté » – telle est la promesse faite par Josiah Henson au capitaine de goélette qui, plusieurs années auparavant, lui permet de traverser la rivière Niagara en toute sécurité avec sa famille. Des mots prophétiques prononcés par un homme d’action. Henson fait effectivement bon usage de sa liberté. Non content de subvenir aux besoins de sa famille tout en établissant une collectivité prospère dans la région de Dresden, Henson permet aux autres personnes qui le souhaitent de trouver la liberté. Pour retourner dans le Sud des États-Unis, Henson emprunte le chemin de fer clandestin en sens inverse. Il risque tout – ses années de labeur, sa liberté, sa vie – pour permettre à d’autres d’échapper à l’asservissement en fuyant vers le nord. En définitive, Henson conduit personnellement plus de 118 esclaves en direction du nord – vers le pays du renouveau et de la liberté.

Ne manquez pas l’exposition intitulée « Je ferai bon usage de ma liberté » au site historique de la Case de l’oncle Tom. Découvrez les artefacts à l’honneur, des images frappantes et des panneaux d’interprétation qui vous offriront un regard neuf sur la vie de Josiah Henson.