Jeanne Lajoie 1899-1930 - Historique - Ontario Heritage Trust

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Jeanne Lajoie 1899-1930 - Historique

Le 28 octobre 2008, la Fiducie du patrimoine ontarien, la ville de Pembroke et le Centre culturel francophone de Pembroke ont dévoilé une plaque provinciale commémorant Jeanne Lajoie, 1899-1930, à Pembroke (Ontario).

Voici le texte de la plaque bilingue :

JEANNE LAJOIE 1899-1930

    Jeanne Lajoie, enseignante dévouée et partisane de la création d’écoles françaises en Ontario,  naquit  à  Lefaivre,  près  de  Hawkesbury,  en  1899.  En  1923,  elle  aida  un  groupe de parents francophones à ouvrir la première école française indépendante à Pembroke. Cette école garantissait une instruction dans leur langue à leurs enfants. La création de l’École Sainte-Jeanne d’Arc fut l’un des derniers événements majeurs de la lutte franco-ontarienne contre le Règlement 17, qui, de 1912 à 1927, interdit l’enseignement  en  français  après  la  2e  année.  Jeanne  Lajoie  enseigna  dans  cette  école, qui initialement était située rue Dominion, au domicile de Moïse Lafrance, puis dans une maison de la rue Mary achetée par les parents d’élèves. D’une santé fragile depuis sa naissance, Jeanne Lajoie fut emportée par la tuberculose à l’âge de 31 ans. Elle restera à jamais dans les esprits comme la « Pucelle de Pembroke », en référence à Jeanne d’Arc, pour son engagement en faveur de l’éducation en français et de la défense de la culture francophone en Ontario.

JEANNE LAJOIE 1899-1930

    Jeanne Lajoie, a dedicated teacher and advocate for the establishment of French schools in Ontario, was born in Lefaivre, near Hawkesbury, in 1899. In 1923, Lajoie helped a group of francophone parents to establish the first independent French school in Pembroke. The school ensured that their children were educated in their own language. The creation of L’École Sainte-Jeanne d’Arc was one of the last major events in the Franco-Ontarian struggle against Regulation 17, which from 1912 to 1927 prohibited instruction in French after Grade 2. Lajoie taught at the school, initially located in the Dominion Street home of Moïse Lafrance and then in a Mary Street house purchased by the parents. Suffering from fragile health her entire life, Jeanne Lajoie died of tuberculosis at the age of 31. She was immortalized as the “Pucelle de Pembroke,” the “Maid of Pembroke,” in reference to Joan of Arc, for her  commitment  to  providing  education  in  French  and  preserving  francophone  culture within Ontario.

Historique

Ses premières années

Née le 2 février 1899 à Lefaivre, ville située à l’ouest de Hawkesbury sur la rivière des Outaouais, Jeanne Lajoie était la fille du charpentier Damien Lajoie et de son épouse Alexina Proulx. Son frère aîné Élias la décrivait comme « une blondinette, douzième enfant de la famille; petite fille bien faible de santé, mais combien attirante par ses grands yeux bleus, profonds et forts intelligents ».1 De santé fragile, Jeanne souffrit presque constamment de fatigue et de faiblesses lors des premières années de sa vie. Elle ne put jouer avec les autres enfants avant l’âge de 10 ans et ne pouvait parcourir à pied les 2 km qui la séparaient de l’école, située en dehors du village. Heureusement, en 1907, les sœurs des Filles de la Sagesse ouvrirent un couvent en ville, et Jeanne put finalement commencer ses études.2 Frêle mais déterminée, elle lutta toute sa vie pour trouver la force physique nécessaire à la réalisation des activités même les plus simples de la vie quotidienne. À l’école, les progrès de Jeanne furent rapides et elle joua bientôt le rôle d’écrivain de la famille, commençant ainsi une correspondance qui allait durer toute sa vie avec l’aîné des enfants de la famille, son frère Élias, qui se préparait à la prêtrise loin du domicile familial. De nombreux détails de sa vie furent connus grâce à cette correspondance qu’Élias partagea après la disparition de sa sœur.3

En 1917, sa mère décéda et, malgré le mauvais état de sa propre santé, Jeanne prit en charge la tenue de la maison, et s’occupa notamment d’une sœur et de deux frères plus jeunes. Cette expérience la prépara à ses responsabilités futures de gestion du presbytère de la paroisse catholique fondée par son frère Élias à Vars, dernier bastion orangiste4 du comté de Russell. Vivre là donna à Jeanne l’occasion d’améliorer ses compétences orales en anglais : même si elle lisait bien cette langue, elle n’avait pas eu l’occasion de la parler à Lefaivre, ville entièrement francophone.5

Les défis de l’enseignement

En janvier 1921, Jeanne décida de devenir enseignante et poursuivit ce rêve avec la détermination qui la caractérisait. Elle accepta un poste à Warren, près de Sturgeon Falls, tout en sachant que les conditions de vie sur place pourraient affecter sa santé. Élias proposa de lui prêter de l’argent si elle décidait de renoncer à ce travail et de retourner à la maison, mais elle refusa, en disant que l’argent pourrait l’inciter à abandonner son objectif.6 Sa réponse à l’offre de son frère fut : « Ma détermination est bien prise, et si ma santé le permet, je resterai coûte que coûte ».7

Après avoir achevé avec succès son année à Warren, Jeanne passa l’été à étudier pour obtenir un brevet d’enseignement bilingue à l’école modèle de Vankleek Hill.8 Elle alla ensuite à Azilda, près de Sudbury, où elle dut relever le défi d’enseigner, seule, dans une école où 63 élèves étaient inscrits. Élias était, avec raison, préoccupé par son état de santé.9 Après une année épuisante à Azilda, elle prit un emploi à Naughton, mais dut partir au bout de deux mois et se reposer pendant cinq mois avant de retourner en classe. Elle termina l’année scolaire en enseignant plusieurs mois à Blizzard Valley.10

Son arrivée à Pembroke

En septembre 1923, Jeanne accepta un poste à l’école St. John de Pembroke. C’est là qu’elle s’illustra dans la dernière grande bataille franco-ontarienne contre le Règlement 17 (de 1912 à 1927), qui interdisait l’enseignement en français au-delà de la 2e année.11 Malgré la prépondérance démographique des Francophones à Pembroke, il n’y avait aucun prêtre francophone et seule une des deux écoles catholiques, l’école St. John, proposait un enseignement en français.12

En 1923, Jeanne Lajoie arriva au cœur d’un conflit qui avait débuté au cours de l’année scolaire précédente à l’école St. John, où les enfants francophones représentaient presque les deux tiers des inscriptions. Les parents avaient demandé un enseignant pouvant dispenser l’instruction en français. En réponse, l’école embaucha une sœur anglophone au printemps 1923. Cependant, ses compétences linguistiques en français ne satisfaisaient pas aux exigences de ce poste, et les parents se plaignirent. Jeanne Lajoie fut engagée pour remplacer cette sœur, mais, à son arrivée en automne, elle sentit que sa présence n’était pas appréciée par le personnel et l’administration. Elle fut finalement renvoyée et remplacée par la même sœur anglophone qui l’avait précédée.13

Un nouvel épisode dans la controverse liée au Règlement 17

Jeanne écrivit à l’Association canadienne-française d’éducation d’Ontario (ACFÉO) pour l’informer de la situation. Cette lettre fut publiée dans Le Droit, quotidien outaouais francophone. Le Club Lorrain, association de Pembroke dirigée par Alfred Longpré et consacrée à la promotion de la culture franco-ontarienne, intervint pour lui apporter son soutien. Une requête visant à rétablir Jeanne dans ses fonctions fut signée par 113 pères d’élèves et envoyée au conseil scolaire. Les parents présentèrent ensuite leur demande d’enseignement en français lors d’une réunion avec le conseil scolaire, mais la réponse fut négative.14 Les parents décidèrent d’aller plus loin et adoptèrent le slogan du groupe Action Française de Montréal : « Jusqu’au bout ».15

Au moment du renvoi de Jeanne Lajoie, le conflit scolaire de l’Ontario, qui avait commencé avant l’annonce publique du Règlement 17 en 1912, faisait rage depuis bien plus d’une décennie. Le conflit se jouait aux niveaux éducatif, politique, ethnique, idéologique et religieux : « la lutte scolaire autour du Règlement 17 s’explique par la convergence de plusieurs antagonismes : l’opposition idéologique entre nationalistes et impérialistes; la crainte des Ontariens anglo-protestants devant l’immigration franco-catholique; les vieilles rivalités entre les orangistes (Irlandais protestants) et les catholiques; les luttes cléricales entre catholiques français et irlandais; la divergence d’intérêts politiques partisans ».16 La lutte fut non seulement suivie de près par les Canadiens français de l’Ontario, mais aussi par ceux de tout le pays, en raison de son importance pour la reconnaissance de leurs droits linguistiques et culturels collectifs.

Les associations canadiennes-françaises étaient devenues des expertes du conflit scolaire de l’Ontario. Fondée en 1910, l’ACFÉO développa un solide réseau d’organisations locales pour apporter un soutien tant moral que financier. La création d’écoles françaises indépendantes constituait un moyen efficace de pression au niveau local. Cette tactique fut utilisée avec succès à Ottawa (1915), Green Valley (1916), Welland (1920) et Windsor (1922).17 Lors d’une réunion regroupant des centaines de personnes concernées à Pembroke, 25 chefs de ménage votèrent en faveur de la création d’une école indépendante.18

L’ouverture de l’École libre de Sainte-Jeanne d’Arc

Dans le mois qui suivit le renvoi de Jeanne Lajoie de l’école St. John, l’école française indépendante de Pembroke était prête à ouvrir ses portes, avec Jeanne Lajoie comme enseignante. Dans un premier temps, l’École libre de Sainte-Jeanne d’Arc19 fut située dans la salle à manger du domicile de la famille de Moïse Lafrance, où 55 élèves s’asseyaient coude à coude.20 Lors de l’inauguration de cette école, le 6 novembre 1923, plusieurs journalistes d’Ottawa et de Montréal firent le déplacement pour graver ce moment dans l’histoire. Alfred Longpré, président du Cercle Lorrain, et Edmond Cloutier, secrétaire de l’ACFÉO, prononcèrent des discours. Les élèves commencèrent leur premier jour de classe en récitant la prière à Sainte Jeanne d’Arc écrite par l’évêque Élie-Anicet Latulippe de Haileybury, seul évêque francophone en Ontario.21

Les familles qui envoyaient leurs enfants à la nouvelle école faisaient face à des charges financières accrues, car elles devaient continuer à payer les taxes de l’école ordinaire tout en soutenant financièrement l’établissement indépendant. Outre le soutien des parents, l’école dépendait des dons publics. La publicité était assurée par l’ACFÉO et les journaux, en particulier Le Droit et Le Devoir (Montréal), ainsi que par le réseau ecclésiastique des paroisses et des collèges classiques.22 Samuel Genest, président de la Commission des écoles séparées d’Ottawa, sillonnait l’Ontario et le Québec pour collecter des fonds. Tous ces efforts permirent de récolter des contributions en provenance d’associations, de collèges, d’entreprises et de particuliers canadiens-français des quatre coins de l’Ontario et du Québec, et d’aussi loin qu’Edmonton.23

Les femmes jouèrent un rôle crucial et très en vue pendant le conflit de Pembroke, comme ce fut aussi le cas ailleurs lors des épisodes précédents de la crise scolaire de l’Ontario.24 Les femmes organisèrent la pétition contre le renvoi de Jeanne et, quatre années durant, elles ne relâchèrent pas leurs efforts pour collecter les fonds destinés à l’école indépendante, organisant des parties de cartes ou des ventes de pâtisseries, qui furent parfois de grands rassemblements. Au cours de ces activités, les femmes s’adressaient à la foule, occupant souvent le devant de la scène pour la première fois de leur vie. Elles firent aussi du porte à porte pour demander des contributions.25 Jeanne Lajoie elle-même sollicitait des amis et collègues à Montréal, où elle passait ses étés pour rendre visite aux membres de sa famille installés sur place.26

La persévérance dont Jeanne Lajoie fit preuve toute sa vie, malgré sa mauvaise santé, s’avéra n’être qu’une des qualités qu’elle utilisa dans l’intérêt de sa cause pendant les quatre années de la crise scolaire. Alfred Longpré offrit un portrait d’elle décrivant les multiples facettes de sa personnalité qui étaient visibles à cette époque : « Elle causait avec simplicité toujours, souvent avec éloquence. Dans nos assemblées, elle avait la sagesse des vieillards et l’enthousiasme des jeunes. Souvent, nous avons dû à sa vision nette des choses des conseils dont nous profitions avec reconnaissance. Sa modestie, son humilité, étaient extrêmes. En classe, elle captivait ses élèves par une diction impeccable, sa bonne tenue, son esprit de justice, son amour des enfants, sa piété et sa flamme patriotique. Comme disait un de nos bons vieux de Pembroke : Mlle Lajoie, il faut qu’elle soit toujours avec nous autres pour battre la mesure. Avec cela, une volonté de fer. »27

Grâce aux efforts de Jeanne Lajoie et de nombreux partisans de l’école, l’École de Sainte-Jeanne d’Arc put quitter la maison des Lafrance et aménager dans un bâtiment plus approprié au cours de l’hiver 1925,28 et les inscriptions s’accrurent pour atteindre entre 75 et 100 élèves. La crise scolaire de Pembroke s’acheva finalement en 1927, année de l’abrogation du Règlement 17, lorsque la Commission des écoles séparées de Pembroke engagea plusieurs enseignants francophones et créa spécialement des classes pour les enfants francophones.29 Malheureusement, Jeanne Lajoie ne put prendre part à la nouvelle ère qui commençait pour ses élèves. Son travail dévoué en faveur de la création d’une école francophone indépendante eut un effet très néfaste pour sa santé et elle ne put continuer à enseigner.

Une santé qui décline

Au cours des années où Jeanne enseigna à Pembroke, sa santé déclina progressivement. En juin 1926, alors que les vacances estivales commençaient, elle perdit connaissance dans sa chambre. Elle passa l’été à Pembroke où des amis prirent soin d’elle pendant qu’elle tentait de recouvrer ses forces. En août, elle consulta un médecin de Montréal qui lui conseilla d’aller dans un sanatorium pour essayer d’améliorer l’état de ses poumons. Après avoir survécu pendant les années de la crise scolaire grâce à la générosité des donateurs, Jeanne se retrouvait soudain sans argent. Heureusement, son action héroïque dans la crise de Pembroke l’avait rendue célèbre, et elle put accéder, à titre caritatif, aux services d’un sanatorium géré par Montréal sans être officiellement résidente de la ville.30

Jeanne ne se remit jamais, et succomba à une tuberculose le 2 mars 1930. Son frère Élias officia pendant la messe de funérailles et, conformément à ses dernières volontés, Jeanne Lajoie fut enterrée dans une fosse commune du cimetière de la Côte des Neiges à Montréal.31

Un symbole de la lutte franco-ontarienne

Jeanne Lajoie ne fut toutefois pas oubliée. Elle devint la sainte de la cause franco-ontarienne et fut surnommée la « Pucelle de Pembroke », en référence à la courageuse Jeanne d’Arc, la « Pucelle d’Orléans », elle aussi victorieuse des Anglais. C’est sous ce nom que le souvenir de Jeanne Lajoie restera à jamais gravé dans la mémoire collective, elle qui fut emportée par la maladie en raison de ses efforts en faveur de la cause qu’elle défendait.

Peu après la disparition de Jeanne, le journaliste Victor Barrette publia une nécrologie émouvante dans Le Droit, dans laquelle il l’appelait la « petite fleur de la Nouvelle-France » et la « petite fille au cœur de lion », et la plaçait aux côtés de Jeanne Mance32 et Jeanne Le Ber,33 femmes légendaires pour leur force de caractère.34 Au cours de l’année qui suivit la mort de Jeanne, Alfred Longpré publia son propre récit sur la lutte de Pembroke, dans lequel figuraient les contributions importantes de Jeanne Lajoie. La brochure d’Alfred Longpré contenait une préface de Victor Barrette, dans laquelle celui-ci décrivit Jeanne comme une sainte parmi les « héros de la résistance française à Pembroke. Au-dessus de tous, dans un nimbe grandi par la mort monte une figure de vitrail; celle d’une petite institutrice, transportée providentiellement sur la terre de Pembroke, et depuis, victime parfaite, hostie très pure, offerte jusqu'à l'agonie pour les siens, le lys des souffrances : la chère et magnifique Jeanne Lajoie. »35

En 1939, un groupe de partisans fit transférer sa dépouille dans une tombe individuelle.36 En 1940, le dixième anniversaire de la mort de Jeanne fut marqué par une cérémonie à l’endroit où elle est enterrée. À cette occasion, le chanoine Lionel Groulx, penseur nationaliste canadien-français influent, fit son éloge et la cita comme exemple pour tous les enseignants canadiens-français qui devraient essayer de l’imiter « en mettant le souci national dans l’éducation ».37 La même année, une brochure publiée par le frère Marie-Urbain décrivit la place symbolique que Jeanne Lajoie vint à occuper dans l’imagination franco-ontarienne : « L’histoire de Jeanne Lajoie est un épisode du grand drame ontarien où se joua la survivance de notre langue et de nos traditions nationales ».38

En hommage au dévouement de Jeanne Lajoie envers l’enseignement et à ses efforts engagés pour promouvoir les établissements éducatifs francophones en Ontario, deux écoles ontariennes portent aujourd’hui son nom : l’École élémentaire publique Jeanne Lajoie à Toronto et l’École intermédiaire catholique romaine Jeanne Lajoie à Pembroke.


La Fiducie du patrimoine ontarien tient à remercier le professeur d’histoire de l’Université d’Ottawa, Yves Frenette, pour ses travaux de recherche sur lesquels le présent document repose.

La Fiducie souhaite remercier l’Office des affaires francophones pour son aide et le ministère du Patrimoine canadien pour sa contribution financière par le biais de l’Entente Canada-Ontario sur les services en français.

© Fiducie du patrimoine ontarien, 2008


1 Élias Lajoie, cité dans Frère Urbain-Marie, Jeanne Lajoie, « L'héroïne de Pembroke », Laprairie (Québec), Frères de l’Instruction Chrétienne, vers 1940, p. 5. « une blondinette, douzième enfant de la famille; petite fille bien faible de santé, mais combien attirante par ses grands yeux bleus, profonds et forts intelligents. »

2 Urbain-Marie, p. 6.

3 De nombreux extraits des lettres de Jeanne dans Urbain-Marie.

4 Les orangistes étaient une société fraternelle protestante, fondée en 1795, en Irlande, pour commémorer la victoire de Guillaume d'Orange lors de la bataille de Boyne, en 1690. Ils devinrent le principal lien entre le gouvernement britannique et les protestants en Irlande. En Amérique du Nord britannique, l’ordre fut fondé en 1830 par Ogle R. Gowan. Il utilisa les loges comme base de sa carrière politique et réunit catholiques et orangistes en 1836 pour soutenir la cause conservatrice. Un schisme se produisit en 1853 à propos de l’alliance des Conservateurs avec le Parti Bleu canadien-français. Les différends disparurent en 1856, mais le vote orangiste était divisé. L’ordre a parfois été accusé de promouvoir des sentiments anti-catholiques en faisant perdurer les désaccords de l’ancien monde.

5 Urbain-Marie, pp. 11-12.

6 Urbain-Marie, pp. 12-14.

7 Jeanne Lajoie dans Urbain-Marie, p. 15. « Ma détermination est bien prise, et si ma santé le permet, je resterai coûte que coûte. »

8 Les « écoles modèles » offraient une formation pour devenir enseignant, mais pas au même niveau que les écoles normales. Le Règlement 17 interdisait en fait la création d’une école normale française. Voir Gaétan Gervais, « Le Règlement XVII (1912-1927) », Revue du Nouvel-Ontario, no 18, 1996, pp. 177-178.

9 Urbain-Marie, p. 18.

10 Urbain-Marie, p. 23-25.

11 En 1912, le Règlement 17 du ministère de l’Éducation de l’Ontario proposait de limiter de façon drastique le droit à l’éducation en français dans les écoles publiques et catholiques de l’Ontario. Le sénateur Napoléon Belcourt, un défenseur des écoles catholiques bilingues en Ontario, a exercé constamment des pressions pour la suppression du Règlement 17. Bien que ses efforts aient été rejetés par la Cour suprême de l’Ontario et le comité judiciaire du Conseil privé (Privy Council) à Londres, les nombreuses protestations publiques et l’intérêt suscité par le Règlement firent qu’il ne fut jamais intégralement mis en œuvre.

12 Urbain-Marie, pp. 27-28.

13 Alfred Longpré, L'éveil de la race: Un épisode de la résistance franco-ontarienne (Pembroke, 1923-27), Ottawa, Éditions du Droit, 1939, pp. 21-23, 25.

14 Urbain-Marie, pp. 30-34.

15 Longpré, p. 30. « Jusqu’au bout ».

16 Gervais, p. 123. « ...la lutte scolaire autour du Règlement 17 s’explique par la convergence de plusieurs antagonismes: l’opposition idéologique entre nationalistes et impérialistes; la crainte des Ontariens anglo-protestants devant l’immigration franco-catholique; les vieilles rivalités entre les orangistes (Irlandais protestants) et les catholiques; les luttes cléricales entre catholiques français et irlandais; la divergence d’intérêts politiques partisans. »

17 Site Web du Centre de recherche en civilisation canadienne-française (CRCCF), Passeport Ontario Français, « La résistance dans les écoles franco-ontariennes. »

18 Urbain-Marie, p. 36.

19 Nommée en l’honneur de Sainte Jeanne d’Arc de France, en tant que symbole de son courage.

20 La maison existe toujours au 300, rue Dominion.

21 Longpré, pp. 32-37.

22 Collèges classiques.

23 Urbain-Marie, pp. 47, 50.

24 Site Web du CRCCF, Passeport Ontario Français, « Conférence du Père Joyal. »

25 Longpré, p. 40.

26 Longpré, p. 43.

27 Longpré, p. 42. « Elle causait avec simplicité toujours, souvent avec éloquence. Dans nos assemblées, elle avait la sagesse des vieillards et l’enthousiasme des jeunes. Souvent, nous avons dû à sa vision nette des choses des conseils dont nous profitions avec reconnaissance. Sa modestie, son humilité, étaient extrêmes. En classe, elle captivait ses élèves par une diction impeccable, sa bonne tenue, son esprit de justice, son amour des enfants, sa piété et sa flamme patriotique. Comme disait un de nos bons vieux de Pembroke : Mlle Lajoie, il faut qu’elle soit toujours avec nous autres pour battre la mesure. Avec cela, une volonté de fer. »

28 Urbain-Marie, p. 60.

29 Site Web du CRCCF, Passeport Ontario Français, « L’école libre de Pembroke (Ontario), 1923-1940 ».

30 Urbain, pp. 70-80.

31 Urbain-Marie, p. 80.

32 Jeanne Mance (1606-1673) était une infirmière née en Normandie (France), qui fonda le premier hôpital en Nouvelle-France, l’Hôtel-Dieu de Montréal, et qui fut également la co-fondatrice de Montréal avec Paul de Chomedey de Maisonneuve. « cette petite fleur de la Nouvelle-France » et « petite fille au cœur de lion ».

33 Jeanne Le Ber (1662-1714) était une riche héritière montréalaise et la filleule de Jeanne Mance et de Paul de Chomedey de Maisonneuve (voir F.N. 29). À l’âge de 15 ans, elle renonça à sa vie confortable et fit vœu de pauvreté, de chasteté et d’isolement. Elle fit don de sa dot pour financer la construction de la chapelle de la Congrégation des Sœurs de l’Assomption de la Sainte Vierge, à Montréal. L’Église catholique la canonisa plus tard.

34 Barrette cite dans Longpré, pp. 59, 61.

35 Longpré, p. 7. « héros de la résistance française à Pembroke ». « Au-dessus de tous, dans un nimbe grandi par la mort monte une figure de vitrail; celle d’une petite institutrice, transportée providentiellement sur la terre de Pembroke, et depuis, victime parfaite, hostie très pure, offerte jusqu'à l'agonie pour les siens, le lys des souffrances : la chère et magnifique Jeanne Lajoie. »

36 Urbain-Marie, p. 95.

37 Site Web du CRCCF, Passeport Ontario Français, « Hommage à Jeanne Lajoie, la ‘Pucelle de Pembroke’ », « en mettant le souci national dans l’éducation ».

38 Urbain-Marie, p. 3. « L’histoire de Jeanne Lajoie est un épisode du grand drame ontarien où se joua la survivance de notre langue et de nos traditions nationales. »