Historique
L'histoire des théâtres Elgin et Winter Garden est longue et passionnante; elle s'étend sur près de 100 années. Elle témoigne de l’excellence de toute une époque dans les domaines de la conception, de l’architecture et des arts du spectacle, mais elle est aussi le reflet de l’évolution et du rayonnement de notre patrimoine et de notre culture.

Restauration de la façade des théâtres Elgin et Winter Garden
Construit en 1913, cet ensemble était le joyau de la légendaire chaîne de théâtres de Marcus Loew. Conçu par Thomas Lamb comme un complexe de « salles superposées », il comprenait le théâtre Winter Garden, construit au-dessus du théâtre Elgin, initialement connu sous le nom de théâtre « Loew’s » de la rue Yonge.
Les deux théâtres possédaient des personnalités diamétralement opposées : le théâtre Elgin, tout en dorures à la feuille et tissus précieux, se parait d’un décor classique ponctué de chérubins en plâtre et de loges d’opéra finement ornementées. Quant au théâtre Winter Garden, il plongeait les spectateurs dans une féérie végétale, ses murs recouverts d’une fresque bucolique peinte à la main et son plafond enseveli sous un enchevêtrement de branches de hêtre et ses lanternes scintillantes. Les théâtres accueillirent de grands noms tels que George Burns et Gracie Allen, Sophie Tucker, Milton Berle et Edgar Bergen et Charlie McCarthy.
Le déclin du vaudeville contraint le théâtre Winter Garden à fermer ses portes en 1928. Il est laissé à l’abandon plus d’un demi-siècle durant, figé dans le temps, telle une relique d’une époque révolue. Pendant ce temps, le théâtre Elgin poursuit son activité de salle de cinéma sous son imposante coupole, mais sombre peu à peu dans le délabrement, chaque décennie passant.
En 1981, la Fiducie du patrimoine ontarien acquiert le bâtiment. Avant que l’ambitieux programme de restauration de la Fiducie ne soit lancé, la comédie musicale Cats est présentée au théâtre Elgin et bat les records de prévente de billets au Canada. Immense succès, elle se jouera au théâtre Elgin pendant près de deux ans.
Les travaux de restauration, d’un montant de 29 millions de dollars, commencent en 1984. Plus de 300 000 feuilles d’aluminium ultraminces sont appliquées sur les moulures en plâtre doré du théâtre Elgin. Des centaines de kilos de pâte à pain crue sont étendus sur les murs du théâtre Winter Garden pour nettoyer délicatement les aquarelles d’origine, peintes à la main. Plus de 6 000 mètres carrés (65 000 pieds carrés) de nouveaux locaux sont créés, notamment un hall d’entrée, des salons et une aile à huit niveaux attenante aux cintres, qui abrite des loges modernes et deux salles de répétition.
En décembre 1989, les théâtres Elgin et Winter Garden rouvrent leurs portes, retrouvant leur statut de fleurons du théâtre canadien.
L’un des trésors inestimables des deux théâtres, mis au jour au cours de la restauration, est la plus grande collection de décors de scène au monde, composée de châssis et de rideaux peints à la main, dont certains datent de 1913. Plusieurs pièces ont été restaurées, comme les magnifiques décors aux papillons et aux scarabées, et sont aujourd’hui exposées dans les théâtres.
Les théâtres Elgin et Winter Garden ont retrouvé leur splendeur d’antan grâce au concours d’organismes gouvernementaux, de particuliers, d’entreprises et de bénévoles — dont beaucoup continuent à prendre part aux activités du centre. La Fiducie du patrimoine ontarien tient à leur exprimer sa profonde reconnaissance et salue leur participation à la réhabilitation de ces théâtres emblématiques.

À l'intérieur du théâtre Winter Garden
Photo : Mark Wolfson
Caractéristiques marquantes
- Architecte original : Thomas Lamb
- Architecte de la restauration : Mandel Sprachman
- Conseiller pour la restauration : David Hannivan
- Le style architectural du bâtiment a créé un lien important entre les époques du vaudeville nickelodéon et des palais du cinéma; le bâtiment illustrait les aspects anciens ou nouveaux de ces temps de changement, et comportait des caractéristiques sans précédent dans les théâtres de vaudeville traditionnels de Toronto.
Parmi ces caractéristiques spéciales figurent :
- le kiosque à billets extérieur
- un foyer à colonnes corinthiennes
- l'étroite façade du foyer principal
- le couloir du foyer vers l'auditorium et les balcons soutenus par d'énormes armatures d'acier
La restauration en quelques chiffres :
- 6 039 mètres carrés (65 000 pieds carrés) d'espace supplémentaire ont été ajoutés, comprenant notamment des halls en cascade, une nouvelle aile de huit étages, à l'arrière comprenant des loges, des quais de chargement, des salles de répétition et d'autres installations nécessaires à un théâtre moderne, une passerelle donnant accès aux escalators vers les nouveaux salons, et des toilettes à chaque niveau
- Dans le foyer Davies Takacs, il a fallu enlever les25 couches de peinture qui avaient été appliquées sur la surface d’origine
- Dans le théâtre Elgin, 12 loges d’opéra et des éléments en plâtre qui avaient été endommagés ou supprimés au fil des années ont été recréés; les motifs qui ornaient l’arc de scène et le parement des balcons ont été sculptés, coulés et remis en place
- Plus de 300 000 feuilles d'aluminium ultraminces ont été utilisées au cours des sept étapes du redorage des détails en plâtre du théâtre Elgin; le procédé « scagliola » de veinage du marbre a été utilisé dans le foyer et le grand escalier, pour recréer et conserver une surface de plus de 929 mètres carrés (10 000 pieds carrés)
- Des centaines de livres de pâte à pain crue ont été utilisées pour nettoyer 1 858 mètres carrés (20 000 pieds carrés) de murs peints à la main dans le théâtre Winter Garden

L’affiche de la rue Victoria, en direction nord à partir de la rue Queen. Construit en 1913, le complexe du théâtre Loew’s constituait le joyau canadien d’une chaîne de théâtres où le vaudeville était à l’honneur : son siège social se trouvait à New York et Marcus Loew en était propriétaire.
Partie intégrante du complexe de théâtres Elgin et Winter Garden, l’enseigne patrimoniale « Loew’s », apposée sur le mur extérieur sud de l’édifice, a été entièrement restaurée.
Désormais pleinement visible de la rue Victoria, en direction nord à partir de la rue Queen, cette œuvre publicitaire avait été peinte pour promouvoir la salle de cinéma du théâtre Loew’s. Avant la restauration, l’enseigne « fantôme » était à peine visible et son lettrage s’était estompé, peu à peu abîmé par les intempéries et caché sous les couches de peinture successives. Entièrement restaurée, la publicité a depuis retrouvé son éclat d’origine.
La restauration de l’enseigne s’est inscrite dans un vaste chantier consacré à la conservation du mur extérieur sud du théâtre. Sous la supervision de la Fiducie du patrimoine ontarien, les équipes ont rejointoyé la maçonnerie, nettoyé les briques une fois celles-ci débarrassées des multiples couches de peinture, remplacé certaines briques, et restauré les fenêtres d’origine et le couronnement du parapet.
Plutôt que de masquer l’enseigne sous une nouvelle couche de peinture, la décision a été prise de la restaurer avec soin. La restauration a permis de préserver et de mettre en valeur le lettrage d’origine de l’enseigne, qui s’était estompé avec le temps. Ce processus a consisté à nettoyer les surfaces du mur à la main pour les préparer à recevoir le nouveau revêtement. Après le nettoyage, celles-ci ont été recouvertes d’un enduit pour maçonnerie transparent et respirant à base de peinture minérale. Une peinture de couleur a ensuite été appliquée pour faire ressortir le lettrage d’origine et le rendre de nouveau lisible.
La remise en état a été réalisée par l’entreprise Lori LeMare Studio Inc.
Le saviez-vous?
Marcus Loew était le propriétaire du studio Metro Pictures Corporation, qui deviendra le « M » dans la société de production et de distribution MGM (Metro-Goldwyn-Mayer).

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Galerie
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