Extrait d’une entrevue à l’église Notre-Dame-de-Lorette à Wendake, Québec, avec Louis Lesage, biologiste, Ph. D., directeur du Bureau Nionwentsïo - Ontario Heritage Trust

Extrait d’une entrevue à l’église Notre-Dame-de-Lorette à Wendake, Québec, avec Louis Lesage, biologiste, Ph. D., directeur du Bureau Nionwentsïo

Pourquoi est-il important de préserver la langue wendat?

La culture comporte de nombreuses dimensions. La langue en est une. Quand vous perdez votre langue, vous perdez une partie de votre culture. La langue vous aide à décrire votre environnement, à exprimer clairement ce que vous pensez, à colorer votre façon de voir la vie. En d’autres mots, elle contribue à votre identité.

Je suis un Canadien français. Je ne suis évidemment pas un Canadien anglais : je parle français. Lorsque je parle français, j’utilise mon propre vocabulaire, j’affiche ma propre couleur. Si je perds ma langue, je devrai employer une autre langue pour exprimer la même chose, mais avec des mots différents. Par exemple, la langue huronne-wendat est très descriptive. Malheureusement, il n’y a pratiquement plus personne qui la parle – nous avons perdu notre langue il y a environ 100 ans. Un programme de revitalisation de la langue a donc été mis en œuvre pour réintégrer l’enseignement de la langue à l’école par des enseignants aptes à transmettre les connaissances linguistiques recueillies au moyen d’anciens dictionnaires, de documents historiques. À première vue et à partir de ce que nous avons appris, nous pouvons affirmer que c’est une langue très difficile. J’ai participé à la première leçon en dépit du fait que je ne suis pas très bon en langues étrangères. Je dois admettre que c’est très complexe. Mais cela vaut la peine, et ce que j’aime de cette langue, c’est sa façon colorée de décrire les choses.