Journal Provincial Freeman, le - Ontario Heritage Trust

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Le journal Provincial Freeman

Le jeudi 27 novembre 2008, la Fiducie du patrimoine ontarien et la Chatham-Kent Black Historical Society ont dévoilé une plaque provinciale commémorant le journal Provincial Freeman, au Centre WISH de Chatham (Ontario).

Voici le texte de la plaque bilingue :

LE JOURNAL PROVINCIAL FREEMAN

Publié pour la première fois en 1853 à Windsor, puis plus tard à Toronto et à Chatham, le journal Provincial Freeman s'adressait aux abolitionnistes de l’Amérique du Nord britannique et du Nord des États-Unis. Sa rédactrice en chef était Mary Ann Shadd, une émigrante afro-américaine arrivée dans le Canada-O uest en 1851. Guidé par l'engagement de Mary Shadd en matière de lutte contre l'esclavage, la devise du journal était « L'autonomie constitue la voie royale vers l'indépendance ». Le journal Provincial Freeman prônait la tempérance, la réforme sociale et l’émigration afro-américaine vers l'Amérique du Nord britannique, où l'esclavage fut interdit en 1833. Des abolitionnistes de renom, tels que Samuel Ringgold Ward, William P. Newman, H. Ford Douglass et Martin Delany, ainsi qu’Isaac et Amelia Shadd (frère et sœur), contribuèrent à la rédaction des éditoriaux. Publié jusqu’en 1860, le journal assura la promotion du discours politique noir et révéla l’importance de la contribution des femmes afro-canadiennes des classes moyennes à la sphère publique.

THE PROVINCIAL FREEMAN

First published in 1853 in Windsor and later in Toronto and Chatham, the Provincial Freeman newspaper catered to abolitionists in British North America and the Northern United States. Its chief editor was Mary Ann Shadd, an African-American emigrant who arrived in Canada West in 1851. Guided by Shadd’s commitment to anti-slavery issues, the paper advocated that “Self-reliance is the true road to independence”. The Provincial Freeman championed temperance, social reform and African-American emigration to British North America, where slavery was outlawed in 1833. Well-known abolitionists such as Samuel Ringgold Ward, William P. Newman, H. Ford Douglass and Martin Delany, as well as siblings Isaac and Amelia Shadd, also lent their editorial voices to the paper during its run. Published until 1860, the paper successfully promoted Black political discourse and revealed the degree to which middle-class African-Canadian women participated in the public sphere.

Historique

Publié pour la première fois en 1853 à Windsor, en Ontario (à l’époque le Canada-Ouest), le journal Provincial Freeman était, pour son époque, un journal grand format de taille moyenne qui s'adressait aux abolitionnistes de l’Amérique du Nord britannique et du Nord des États-Unis. La devise du journal, figurant dans son titre, était « L’autonomie constitue la voie royale vers l'indépendance ». Sa rédactrice en chef était Mary Ann Shadd, une émigrante afro-américaine arrivée dans le Canada-Ouest en 1851. Guidé par l’engagement de Mary Ann Shadd en matière de lutte contre l’esclavage, le Provincial Freeman prônait la tempérance, la réforme sociale et l’émigration afro-américaine vers l’Amérique du Nord britannique, où l’esclavage fut interdit en 1833. Critiquant la croissance de communautés exclusivement constituées de Noirs dans le Canada-Ouest, le Provincial Freeman préconisait aussi l’intégration des Afro-américains dans la société blanche. Dans les années 1850, le journal de Mary Ann Shadd était une source d’information pour les lecteurs de tout le Canada-Ouest, ainsi que pour ceux de l’État de New York, de Pennsylvanie, du Michigan et de l’Ohio. Le journal était, et est toujours considéré aujourd’hui, comme un très bon exemple de la manière dont les opinions des Noirs du Canada-Ouest contribuèrent au débat public pendant 40 années précédant la guerre de Sécession (1861-1865).

Pour saisir toute la portée sociale et l’importance historique du journal Provincial Freeman, il faut comprendre l’histoire et les convictions personnelles de Mary Ann Shadd. Née dans l’État du Delaware en 1823 de parents noirs libres d’origine mixte, Mary Ann Shadd grandit dans une famille cultivée, active sur la scène politique et à l’abri des soucis financiers. Son père, Abraham, était un cordonnier prospère qui participait régulièrement à la politique abolitionniste. C’était un des chefs de file du mouvement de la convention noire des années 1830, une série de conventions organisées par des Noirs libres pour débattre de leur statut et de leur avenir en Amérique. Bien que fervents anticolonialistes,1 Abraham Shadd et d’autres commencèrent à discuter de la viabilité de l’émigration afro-américaine vers le Canada-Ouest. Après avoir fait déménager sa famille dans le sud-est de la Pennsylvanie en 1833, Abraham Shadd aida de nombreux esclaves évadés partant pour le Canada, tout en devenant un personnage influent au sein de la communauté politique noire de Philadelphie. C’est donc pendant son enfance que Mary Ann Shadd s’habitua aux opinions politiques du mouvement de lutte contre l’esclavage et à la perspective du développement de la communauté afro-américaine à l’extérieur des États-Unis. Pendant son adolescence en Pennsylvanie, Mary Ann reçut par ailleurs une éducation classique dans une école Quaker administrée par Mlle Phoebe Darlington.2

Lorsqu’elle avait une vingtaine d’années, Mary Ann Shadd enseignait dans des écoles afro-américaines en Pennsylvanie, au New Jersey et dans la ville de New York, et contribuait à plusieurs publications abolitionnistes. En 1851, son attention s’est tournée vers le nord. Alors qu’elle assistait à la Convention nord-américaine des personnes de couleur de Toronto cet automne-là, le chef de la convention, Henry Bibb, la persuada d’ouvrir une école dans cette région. Elle déménagea donc plus au nord et fonda une école à Windsor, dans le Canada-Ouest. Mary Anna Shadd devint rapidement partisane de son État d’adoption et commença à penser que, pour les Afro-américains, le chemin vers l’épanouissement passait par l’émigration au Canada et la participation à la vie publique canadienne. En outre, alors qu’une majorité des abolitionnistes noirs américains considérait les États-Unis comme la patrie spirituelle et éternelle de la nation afro-américaine, Mary Ann Shadd encourageait les Noirs américains à briser leur attachement aux États-Unis pour un avenir plus prometteur au nord de la frontière. Son enthousiasme et son discours élogieux envers la société canadienne furent exprimés dans son précis publié sous le titre : A Plea for Emigration; or Notes of Canada West. Elle se trouva malheureusement mêlée à une controverse avec Henry et Mary Bibb, propriétaires et gérants du journal The Voice of the Fugitive, basé à Sandwich. Contrairement aux Bibb, Mary Ann Shadd était opposée aux écoles séparées pour les enfants noirs, et cette divergence d’opinions provoqua un affreux conflit déballé sur les pages de leur journal. Henry Bibb écrivit également que les opinions et le comportement de Mary Ann Shadd étaient indignes d’une femme. Cette controverse entraîna son renvoi de l’American Missionary Association, qui finançait son école. Néanmoins, en utilisant son journal pour attaquer Mary Ann Shadd, Henry Bibb fut en partie responsable de la création du Provincial Freeman.

Le premier numéro du journal Provincial Freeman fut imprimé en mars 1853. Publiée à Windsor, dans le Canada-Ouest, cette première édition était un prototype conçu pour attirer abonnés et annonceurs potentiels. Les numéros suivants, apprirent les lecteurs, seraient publiés chaque semaine, soit à Toronto, soit à London.

Même si Mary Ann Shadd était la rédactrice en chef du journal, son nom n’apparut pas en évidence sur le premier numéro. Au lieu de cela, pour cacher le fait qu’une femme tenait les rênes de la publication, les articles écrits par Mary Ann Shadd parurent de manière anonyme. Le journal indiquait que Samuel Ringgold Ward, orateur célèbre et esclave évadé vivant à Toronto, était chef de la rédaction. Dans son éditorial, il annonça que le journal serait non confessionnel, serait politiquement impartial et traiterait de questions relatives à la lutte contre l’esclavage. Selon lui, le Provincial Freeman avait pour principale raison d’être d’encourager l’émigration afro-américaine vers le Canada. La promotion du Canada comme refuge pour les Noirs américains fut un thème dominant dans le journal tout au long de son existence.

Après l’obtention d’investissements financiers et du soutien des abonnés, le journal Provincial Freeman parut de nouveau en mars 1854, à Toronto. Alors que Samuel Ringgold Ward apparaissait toujours comme étant à la tête de la rédaction, les idées et convictions politiques de Mary Ann Shadd donnaient l’orientation du journal. En tant que directrice du Provincial Freeman, Mary Ann Shadd accueillit avec plaisir le soutien de John Dick, un abolitionniste anglais vivant à Toronto qui connaissait bien le milieu de la presse. Ensemble, Mary Ann Shadd, John Dick et, mais de moins en moins, Samuel Ringgold Ward, qui connaissait un certain succès sur le circuit des conférences britannique, firent du Provincial Freeman une publication hebdomadaire. The Voice of the Fugitive d’Henry Bibb ayant récemment fermé ses portes en raison de difficultés financières, causées en grande partie par un incendie qui détruisit les bureaux l’année précédente, le journal de Mary Ann Shadd comblait un vide important dans le Canada-Ouest. En 1854, le Provincial Freeman était le seul journal local destiné aux Afro-américains vivant au nord de la frontière. Grâce à la parution d’articles et de poésie prônant l’égalité perçue dans la société nord-américaine britannique, la publication de Mary Ann Shadd non seulement renforçait les liens communautaires de la population noire canadienne croissante, mais elle ajoutait aussi foi à la promesse d’une terre étrangère qui considérait apparemment plus efficace de juger les gens sur leur caractère plutôt que sur la couleur de leur peau.

En plus de promouvoir l’Amérique du Nord britannique comme une « terre où les lois sont impartiales » possédant une « Constitution ne faisant pas de distinction selon la couleur [sic] », le journal Provincial Freeman encourageait régulièrement le progrès racial grâce à l’autonomie et au dur labeur. Ainsi, Mary Ann Shadd, et d’autres collaborateurs du journal, soutenaient que l’accession des Afro-américains au statut d’entrepreneurs, d’agriculteurs et de citoyens émérites dépendait de l’intégration dans l’économie et la vie politique canadiennes. En proie à des difficultés avec des groupes de défense des droits des Afro-américains, qui aidaient à créer des établissements noirs, tels que ceux de Buxton et Wilberforce, le Provincial Freeman critiquait couramment la croissance des communautés exclusivement afro-américaines dans le Canada-Ouest. Ses efforts visant à encourager l’intégration des Noirs dans l’économie consistaient notamment à publier des tableaux et graphiques d’information indiquant où, et pour quel prix, les agriculteurs pouvaient vendre leurs produits, ainsi que les salaires types que les travailleurs noirs qualifiés et non qualifiés pouvaient espérer.

Bien que la question de l’assimilation afro-américaine dans la vie canadienne demeurât un thème dominant dans le journal, le Provincial Freeman publiait également des rapports et des éditoriaux sur d’innombrables autres sujets. Par exemple, le numéro du 3 juin 1854 contenait des articles sur le mouvement de la prohibition, les perspectives d’exploitation du charbon dans le Canada-Ouest, les merveilles naturelles des États-Unis, la situation politique en Hongrie, ou encore quelques lignes sur des esclaves évadés à Boston et « La négrophobie à St. Catharines ». Dans le même numéro figuraient de la poésie, une nouvelle sur un aristocrate russe, des prévisions météorologiques et des nécrologies. En outre, le Provincial Freeman incluait généralement de nombreuses publicités pour des merceries, des librairies, des magasins de vêtements, des coiffeurs, des avocats et des médecins. Le journal était une tribune publique pour les lecteurs noirs comme pour les lecteurs blancs, et son intérêt allait bien au-delà des affaires raciales. Il permettait clairement d’exprimer des questions concernant les femmes, en particulier les femmes noires. Les opinions et activités d’éminentes suffragettes et de militantes pour les droits des femmes telles que Lucretia Mott et Elizabeth Cady Stanton étaient régulièrement mises en avant,3 tout comme les inquiétudes et les réussites particulières des Afro-américaines au Canada et aux États-Unis.

Pour beaucoup de lecteurs, le Provincial Freeman était une tribune où ils pouvaient exprimer publiquement leurs points de vue. Le journal publiait toutes les semaines des lettres de lecteurs sur différents sujets. Ces lettres saluaient souvent les efforts des rédacteurs. L’une de ces lettres, envoyée par une ancienne esclave, Mme N.D. Hopewell, demandait avec beaucoup d’émotion : « Permettrez-vous à une femme d’adresser quelques lignes… à ses nombreux amis aux États-Unis? ».4 Elle racontait brièvement sa vie en tant que personne libre, « propriétaire » d’elle-même et de son stylo. D’autres, notamment une lettre de septembre 1854 élucidant la situation des Noirs à St. Catharines, répondaient à des articles publiés précédemment. Parfois, le courrier publié était en désaccord avec les revendications du Provincial Freeman. Ainsi, une lettre de janvier 1855 plaida contre l’émigration afro-américaine au Canada parce qu’« il n’existe aucun préjugé contre la couleur aux États-Unis [sic] ». En complément des réponses des lecteurs, on trouvait des annonces de marchands de journaux américains à propos de nouveaux abonnés au Provincial Freeman dans le nord des États-Unis. De tels avis donnaient aux lecteurs l’impression que le journal n’était pas seulement une publication canadienne mais un journal transnational qui encourageait le débat public sur les questions du racisme, de la lutte contre l’esclavage et de l’émigration noire vers le Canada.

Malgré un nombre grandissant de lecteurs, le Provincial Freeman, comme tant de journaux du 19e siècle, eut son lot de difficultés financières. Après presque un an et demi à Toronto, Mary Ann Shadd décida de déplacer les activités du journal à Chatham, ville du Canada-Ouest située à l’est de Windsor. Elle pensait que la croissance de la population noire de la région, qui comptait 5 000 personnes en 1861,5 entraînerait une augmentation des abonnements permettant ainsi d’alléger ses problèmes financiers. À Chatham, sous la direction du pasteur baptiste William P. Newman, le journal Provincial Freeman continua à faire de la publicité pour les boutiques et services locaux, à diffuser le courrier des lecteurs, à publier les nouvelles nord-américaines et internationales et, bien sûr, à prôner l’abolition de l’esclavage et l’émigration afro-américaine vers le Canada. Pendant cinq années encore, le Provincial Freeman resta le principal journal canadien destiné aux lecteurs issus de l’émigration afro-américaine. En 1856, Isaac Shadd, le frère de Mary Ann, prit en charge la gestion quotidienne du journal, aidé par sa sœur Amelia C. Shadd et son épouse Amelia Freeman Shadd,6 ainsi que par les abolitionnistes H. Ford Douglas et Louis Patterson, tous écrivant des articles ou des éditoriaux à plusieurs reprises.

Le journal fit faillite en 1860 pour diverses raisons, la principale étant d’ordre économique. Chatham, tout comme une grande partie du Canada-Ouest, subit, en 1857, une grave dépression qui continua à accabler la ville pendant des années. L’industrie du bâtiment, qui employait beaucoup d’hommes noirs dans la région de Chatham, connut un déclin significatif. À mesure que les commerces noirs fermèrent, les publicités envoyées au Provincial Freeman diminuèrent, suivies, plus tard, par les abonnements. Le dernier exemplaire qui subsiste du journal est daté de juin 1859. Les publicités pour le Provincial Freeman apparaissant dans le Weekly Anglo-African, une publication new-yorkaise, cessèrent dans le courant de l’été 1860.

La courte existence du journal Provincial Freeman n’altère en rien son importance historique. Pendant plus de six ans, ce journal favorisa le dialogue afro-américain dans le Canada-Ouest. Création de Mary Ann Shadd, le Provincial Freeman révèle aussi le degré de participation des femmes noires de la classe moyenne dans la sphère publique. Eu égard au passé de l’Ontario, le journal de Mary Ann Shadd confirme que, pendant les années précédant la guerre de Sécession, le Canada-Ouest fut, pour les Afro-américains, une destination tant importante que célèbre.


La Fiducie du patrimoine ontarien tient à remercier Martin Weger, étudiant de troisième cycle du Département d’histoire de l’Université York, pour ses travaux de recherche sur lesquels repose le présent document. La Fiducie remercie également Adrienne Shadd pour ses travaux de recherche et son aide.

Cette plaque provinciale a été conçue grâce au soutien financier du gouvernement de l’Ontario et du Groupe Financier Banque TD.

© Fiducie du patrimoine ontarien, 2008


1 Les anti-colonialistes étaient des Noirs qui pensaient que l’Amérique était leur nation et qu’ils avaient le droit d’y rester comme n’importe quel autre groupe. Ils estimaient que la lutte contre l’esclavage devait surtout se faire aux États-Unis. Ils s’opposaient principalement à l’émigration en Afrique et aux Antilles, bien que le Canada ait aussi été inclus.

2 Sarah Cary Evans, « Mrs. Mary Ann Shadd Cary, 1823-1893 », dans Homespun Heroines and Other Women of Distinction, Hallie Q. Brown, éd., New York, NY: Oxford University Press, 1988 (date de première publication 1926), 92. Evans a écrit ce récit à propos de sa mère, Mary Ann Shadd Cary. Cependant, l’historienne Jane Rhodes n’a trouvé aucune preuve de l’existence d’une école Quaker administrée par Mlle Darlington. Il faudra faire d’autres recherches pour confirmer ce fait.

3 Lucretia Mott (1793-1880) était un pasteur Quaker, une abolitionniste et une militante précoce en faveur des droits de la femme. Elizabeth Cady Stanton (1815-1902) était une activiste sociale et un chef de file du mouvement féministe. Elles organisèrent le premier congrès sur les droits de la femme en 1848 à Seneca Falls, NY, et luttèrent pour l’égalité des droits et le suffrage des femmes pendant toute leur vie.

4 Provincial Freeman, 6 octobre 1855.

5 Michael Wayne, « The Black Population of Canada West on the Eve of the American Civil War: A Reassessment Based on the Manuscript Census of 1861 », histoire sociale, volume XXVIII, no 56 (novembre 1995), 483. Les communautés noires de Dawn, Chatham et de l’établissement d’Elgin dans le comté de Kent ont créé la plus grosse communauté afro-canadienne de tous les comtés de la province, soit 4 736 âmes.

6 Amelia C. Shadd était la sœur de Mary Ann. Amelia Freeman Shadd était la nouvelle épouse d’Isaac. Amelia Freeman avait été invitée à Chatham pour enseigner aux enfants noirs. Après son mariage avec Isaac Shadd en 1856, elle travailla aussi pour le journal.