Communauté noire de la rivière aux Puces - Ontario Heritage Trust

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Communauté noire de la rivière aux Puces

Le samedi 18 août 2007 à 10 h 30, la Fiducie du patrimoine ontarien, le Lakeshore Black Heritage Committee et la Ville de Lakeshore ont dévoilé une plaque provinciale commémorant la communauté noire de la rivière aux Puces à Lakeshore, Ontario.

Voici le texte de la plaque bilingue :

COMMUNAUTÉ NOIRE DE LA RIVIÈRE AUX PUCES

Lorsque les premiers Noirs arrivèrent dans la région de la rivière aux Puces, dans les années 1830, la communauté devait en grande partie son existence à la Refugee Home Society. Cet organisme abolitionniste, dirigé par Henry et Mary Bibb, accordait un soutien aux esclaves qui venaient se réfugier dans cette région et qui arrivaient des États-Unis en empruntant le chemin de fer clandestin. Il leur offrait la possibilité de devenir propriétaires terriens et de subvenir à leurs besoins. À partir de 1852, des familles achetèrent à la Society des fermes de 25 acres dans les cantons de Sandwich et de Maidstone. La Society réservait aussi une partie des terres pour y construire des écoles et des églises. En 1872, la Refugee Home Society céda un demi-acre aux fiduciaires de l’Église épiscopale méthodiste britannique. Une église épiscopale méthodiste britannique et un cimetière furent construits sur le site et servirent la communauté noire de la rivière aux Puces jusqu’à la fin des années 1920. Une église épiscopale méthodiste africaine était également située à l’est. Les descendants des fondateurs de cette communauté agricole prospère, épris de liberté, s’établirent avec succès dans toute l’Amérique du Nord.

PUCE RIVER BLACK COMMUNITY

While the first Blacks arrived in the Puce River area during the 1830s, the community owed its existence largely to the Refugee Home Society. This abolitionist organization led by Henry and Mary Bibb offered support to escaped slaves who travelled to this area from the United States through the Underground Railroad by providing opportunities for land ownership and self-sufficiency. Beginning in 1852, families purchased 25-acre farms in Sandwich and Maidstone Townships, from the Society, which also set aside a portion of lands for the construction of schools and churches. In 1872, the Refugee Home Society deeded a half acre of property to the trustees of the British Methodist Episcopal Church. A B.M.E. church and cemetery were established on this site and served the Puce River Black community until the late 1920s. An African Methodist Episcopal church, was also located to the east. Forged in freedom, this thriving farm community produced descendants who have gone on to lead successful lives across North America.

Historique

Première colonie de peuplement

La présence des Noirs dans le comté d’Essex remonte à l’esclavage dans les colonies de la Nouvelle-France et de la Grande-Bretagne. Les dossiers de recensement du début des années 1700, à l’époque où les Français contrôlaient la région qui constitue aujourd’hui l’Ontario, indiquent l’existence d’esclaves au service de familles éminentes comme celles de Jacques Duperon Baby (qui possédait 30 esclaves), Antoine Descomptes Labadie, Gilles Parent et beaucoup d’autres.1 Une fois la région aux mains de la Grande-Bretagne, les familles britanniques y amenèrent leurs propres esclaves, particulièrement vers la fin des années 1700 après la Révolution américaine. Des propriétaires d’esclaves loyalistes, comme le colonel Mathew Elliott de Virginie, s’établirent à cette époque dans le canton de Malden. Il semblerait qu’Elliott possédait 60 esclaves, dont certains parvinrent à s’enfuir avant de s'engager dans la milice à Détroit.2 Des concessions de terre furent par ailleurs attribuées dans le comté d’Essex aux anciens combattants noirs et libres qui combattirent aux côtés des Britanniques pendant la Révolution américaine. James Robertson, ancien combattant des Butler’s Rangers qui se vit attribuer un terrain dans le canton de Colchester en 1787, fut l’un des tous premiers propriétaires noirs recensés.3

Suite à la loi de 1793 interdisant l’importation d’esclaves dans le Haut-Canada, les esclaves afro-américains commencèrent à s’enfuir vers le Canada en empruntant le chemin de fer clandestin.4 Cette tendance s’intensifia après la guerre de 1812, si l’on en croit les témoignages de soldats du Kentucky et de Virginie selon lesquels des Noirs en habits rouges combattaient au sein des rangs britanniques. Windsor, Sandwich et Amherstburg accueillirent certes de nombreux esclaves en fuite, mais le canton de Maidstone devint également une de leurs destinations. Deux frères esclaves au Kentucky, Tom et Granville Lawson, parvinrent à s’enfuir et atteignirent Maidstone en 1833. Ils possédaient une barque à un mât et vivaient sur la concession 7, à l’ouest de la rivière aux Puces. George Washington fait également partie des premiers arrivants dans le canton de Maidstone.5

Vers les années 1850, « on trouvait une forte population noire le long et au sud du chemin Base Line », qui constituait la principale source de main-d’œuvre salariée dans les fermes des colons écossais.6 Cependant, la Refugee Home Society, fondée par Henry Bibb, allait aider bien d’autres familles afro-américaines à fuir l’esclavage aux États-Unis pour s’établir directement au Canada. Bibb était entre autres un ancien esclave évadé, un abolitionniste notoire, et le fondateur et l'éditeur du journal Voice of the Fugitive à Sandwich.

Plan de colonisation de la Refugee Home Society

La Refugee Home Society avait élaboré un plan de colonisation rurale visant à proposer des parcelles de 25 acres aux esclaves fugitifs pour leur apporter un soutien et les aider à favoriser leur « élévation morale, sociale, physique, intellectuelle et politique ». Les parties intéressées se réunirent une première fois à Farmington, au Michigan, le 21 mai 1851, puis organisèrent une réunion de suivi le 29 janvier 1852, lors de laquelle les dirigeants suivants furent élus : Nathan Stone, président; A.L. Power, vice-président; E.P. Benham, secrétaire; et Mary E. Bibb (épouse de Henry), secrétaire correspondante.

Lors d’une convention organisée le 25 août 1852 à Détroit, H.D. Kitchell prit la présidence, Samuel M. Mead devint vice-président, S.M. Holmes, secrétaire, Henry Bibb, secrétaire correspondant, Horace Hallock, trésorier, et E.C. Walker accepta le poste de vérificateur nouvellement créé. Le révérend S.A. Baker, le révérend Henry Coles, Francis Raymond, Robert Garner, J.M. Diamond, A.L. Power, Lewis Tappan, Samuel Zug et George Cary constituèrent le conseil exécutif. E.P. Benham, J.F. Dolbeare et le révérend C.C. Foote furent nommés comme agents préposés à la collecte de fonds pour l’organisme.7

La Society aida les esclaves fugitifs à s’établir au Canada selon certaines dispositions spécifiques. Les cinq premiers acres étaient offerts à titre gratuit, tandis que les 20 autres étaient vendus au prix coûtant. Les acquéreurs devaient verser un dixième du prix d’achat pour entrer en possession du terrain, puis s’acquitter du solde restant en huit annuités. Ils étaient tenus de déboiser les cinq acres offerts à titre gratuit dans un délai de deux ans. En outre, leurs maisons devaient comprendre au moins deux pièces et uniquement des cheminées de briques ou de pierre. Seuls les récents esclaves fugitifs et sans terre pouvaient se porter acquéreurs. Les terrains achetés ne pouvaient être légués que d'un conjoint à l'autre ou aux enfants, sans quoi ils redevenaient propriété de la Society. Enfin, il était interdit aux acquéreurs d'acheter, de vendre ou de boire de l'alcool. Certaines dispositions furent aménagées lors de la convention d'août 1852 : délai étendu à trois ans pour déboiser les cinq acres, suppression du versement initial de 10 pour cent, mais également passage de huit à neuf annuités. Les conditions de transfert des terrains furent elles aussi modifiées pour permettre aux propriétaires de revendre ou de transférer leur terrain sans restriction à l’issue d’une période de 15 ans.8

La Society commença à se faire connaître et à lever des fonds au sein de la communauté anti-esclavagiste afin d’acheter des terrains dans le comté d’Essex. Tout en prévoyant d’acquérir 20 000 à 50 000 acres de terres aux fins de la colonisation, la Society commença à acheter des terrains dans des parcelles bien plus modestes, à mesure qu’ils devenaient disponibles. La totalité des terrains dont la Society fit l’acquisition se situait dans les cantons de Sandwich et de Maidstone. Lors de la convention d’août 1852, la Society fit état d’un fonds de capital de 3 033,25 $ et de 12 parcelles vendues à des familles qui avaient déboisé 50 acres.9 Pendant sa tournée de l’Ouest canadien en 1855, Benjamin Drew compta environ 20 familles vivant dans des fermes de 25 acres.10 Au total, la Refugee Home Society acheta 2 372 acres de terres et permit l’établissement d’au moins 65 familles, soit une population d’environ 250 personnes. De nombreuses familles quittèrent leur terrain et revendirent leur propriété à la Society. Pour leur permettre de recommencer leur vie, celle-ci leur remettait alors une somme en espèces correspondant à la valeur des changements apportés à la propriété.11

Écoles et églises

Les membres de la Refugee Home Society étaient conscients de l’importance de l’éducation, au point que la constitution de la Society spécifiait qu’un tiers des produits de la vente des terrains devait être consacré à l’édification et au fonctionnement des écoles. Cette proportion fut portée à 50 pour cent lors de la convention d’août 1852.12 Une installation scolaire devait être proposée dans chaque colonie comptant six familles ou plus.

Laura Haviland, quaker et activiste du chemin de fer clandestin résidant au Michigan, fut contactée par la Society afin d’enseigner dans une école pour pionniers. Haviland indique avoir donné des cours pendant un an à partir de l’automne 1852 dans une maison à ossature de bois érigée à cette fin et pour accueillir des réunions. C’est dans ce même bâtiment qu’elle assura une école du dimanche ouverte à tous les âges.13 Mme Hotchkiss prit ensuite la direction de l’école. Son mari était le révérend David Hotchkiss, qui fut embauché par l'American Missionary Association (association américaine des missionnaires) pour établir des missions dans les colonies de la rivière aux Puces, de la rivière Little et du ruisseau Pike. Mme Hotchkiss avait le soutien de la Refugee Home Society, si bien que l'école connut un vif succès jusqu'à compter près de 40 élèves en 1858. Mais suite au décès de Mme Hotchkiss en novembre 1859, l’école resta inoccupée jusqu'en 1860. M. Hotchkiss se remaria en octobre de la même année, et sa nouvelle épouse « prit immédiatement part avec vigueur au travail de la mission ». Les Hotchkiss démissionnèrent en mai 1862 et retournèrent en Pennsylvanie.14 Il semblerait néanmoins que l’école ait continué à fonctionner pendant encore quelques années après leur départ.15 En 1871, la « E.C. Walker School », située sur un quart d’acre le long du chemin Base Line à côté de la rivière aux Puces, fut offerte gratuitement au canton de Maidstone à la condition qu’il s’acquitte d’un loyer de 1 $ pendant 10 ans et que le bâtiment soit utilisé comme école pendant toute cette période.16 Il semblerait que cette école ait été renommée SS No. 9 (School Section Number 9), avant d’être plus tard reconstruite sur le chemin Puce en face de l’église baptiste, en 1913. Le bâtiment d’origine fut apparemment démoli dans les années 1930, tandis que l’édifice plus récent fut utilisé comme résidence jusqu’en 1973.17

Pendant un temps, la rivière aux Puces compta trois églises : une église épiscopale méthodiste britannique (ÉMB), une église épiscopale méthodiste africaine (ÉMA) et une église baptiste, qui étaient toutes situées à proximité du croisement entre la rivière aux Puces et le chemin Base Line (de nos jours route 42).18 Pendant son service d’un an dans la colonie, Laura Haviland participa à la mise en place d’une église Christian Union non confessionnelle. À l’époque où Haviland s’apprêtait à quitter la colonie, un certain révérend Maglothin, originaire de Virginie, commença à célébrer des offices dans cette église, qui « quelques mois plus tard (fut) réorganisée sous les auspices de l’Église épiscopale méthodiste ».19

Le révérend David Hotchkiss officiait pour les « réfugiés de l’esclavage » à plusieurs endroits dans le canton de Maidstone. En juin 1858, il établit une église à la rivière aux Puces comptant 14 membres. Selon ses dires, Hotchkiss avait accueilli 45 fidèles dans son église, dont six décédèrent, cinq s’en allèrent et onze furent exclus,20 si bien qu’il ne laissait derrière lui que 23 fidèles au moment de son départ du Canada.21 Ce furent très probablement les membres de cette église qui déposèrent la demande d’adhésion à la conférence de l’Église ÉMB qui apparaît dans le procès-verbal de la conférence annuelle de l’Église ÉMB de 1869 :

À l’intention de l’Église ÉMB de l’Ouest canadien : -- Nous soussignés, fidèles, membres du bureau officiel et fiduciaires de l’Église méthodiste wesleyenne britannique, soumettons par la présente une requête d’adhésion à votre conférence : Manuel Eaton, George Teres, George Glen, Margaret Moore, Emeline Lucas, Elizabeth Gooden, Mary Stanley, Glasco Garison, Virginia Eaton, Cliptan Gooden, George Stanley, George Lausen, Pane Lausen, William Glen, Susan Cooke et Almeady Bevels.22 (Maidstone, le 2 juin 1869)

Le procès-verbal indique que leur requête fut approuvée sur demande des révérends Walter Hawkins et G.R. Blount.

L’acte translatif de 1872 de l’Église épiscopale méthodiste britannique indique que deux fiduciaires de la Refugee Home Society, Horace Hallock et Edward C. Walker, cédèrent un demi-acre sur une partie du lot 7, à l’est de la rivière aux Puces, pour la somme d’un dollar, à George Glenn, Henry Franklin et Golson W. Cannaday.23 L’acte précise par ailleurs que les fiduciaires étaient tenus de bâtir une église sur la propriété, pour servir de lieu de culte et de réunion. Celle-ci fut effectivement construite et continua ensuite d’être utilisée pendant plusieurs décennies. Son activité se réduisit considérablement au 20e siècle, au point qu’en 1929 l’église ÉMB de la rivière aux Puces ne comptait plus que trois responsables, cinq membres à part entière, et aucun pasteur régulier. L’édifice n’existait plus en 1944.24

Des doutes subsistent quant à l’origine de l’église méthodiste africaine présente sur le site. L’existence d’églises ÉMA en 1828 à Malden, Gambia, Niagara et Fort Erie a été établie, et en 1840 la conférence du Haut-Canada comptait 12 églises pour 256 membres. C’est à cette époque que James Harper fut nommé à la tête du circuit de London et de l’Ouest. Les adhésions continuèrent à croître au point que les circuits du comté d’Essex furent réorganisés en 1853. Le circuit de Colchester comprenait la région avoisinant Amherstburg et Colchester, tandis que le circuit de Sandwich couvrait le territoire aux alentours de Dawn, Sandwich et Windsor. En 1856, à Chatham, de nombreuses églises canadiennes décidèrent de rompre les liens avec l’Église ÉMA, entraînant la création de l’Église épiscopale méthodiste britannique.25 Les églises ÉMA ne rejoignirent cependant pas toutes cette nouvelle conférence.26 La date exacte de l’édification de l’église ÉMA à la rivière aux Puces reste inconnue, tout comme la longévité du bâtiment.

Lewis et Mary Jackson

La fascination que suscite le cimetière situé au croisement de l’autoroute 42 et du chemin Puce émane principalement de l’unique et imposante pierre tombale restante, qui s’élève à plus de cinq pieds de haut. Elle comporte une épitaphe sur chacune de ses faces, l’une à la mémoire de Lewis Jackson, né esclave au Kentucky et décédé le 12 avril 1897 à l’âge de 62 ans (« Lewis Jackson, Born A Slave In Kentucky, Died April 12 1897 Aged 62 Yrs. »), et l’autre à celle de Mary, épouse de L. Jackson, née esclave et décédée le 1er juin 1896 à l’âge de 69 ans (« Mary, Wife of L. Jackson, Born A Slave Died June 1, 1896 Aged 69 Yrs. »). Lewis Jackson, fermier de son état, et sa femme, étaient membres de l’église ÉMB de la rivière aux Puces.27 Dans les comptes rendus de la conférence de l’Église ÉMB organisée en juin 1895, Lewis et Mary Jackson apparaissent sur la liste des principaux contributeurs au fonds épiscopal, « Episcopal Fund Roll of Honor » (sic), de l’église de la rivière aux Puces.28 On y apprend par ailleurs le nom du pasteur, à savoir le révérend Daniel Eady. En plus de Lewis Jackson, un certain John Jackson s’installa également dans la région de la rivière aux Puces. Selon certaines hypothèses, Lewis, John et leur frère Granville pourraient être les frères d’Henry Bibb.29 John s’établit sur le lot 7, concession 5, dans la région de la rivière aux Puces et reçut son acte de propriété contre le paiement de 75 $ le 12 février 1862. Lewis s’installa sur le lot 2, concession 13, et reçut son acte de propriété le 8 décembre 1865. Sa ferme lui coûta 70 $.30

Héritage de la colonisation

La Refugee Home Society aida plus de 60 familles noires qui s’étaient récemment enfuies pour échapper à l’esclavage, en leur proposant de s’établir sur des terrains de qualité dans la région de la rivière aux Puces du comté d’Essex. La Society offrit à ces réfugiés un point d’ancrage économique viable et la possibilité d’atteindre une indépendance et une autosuffisance véritables.31 Certaines familles s’en sortirent plutôt bien, achetant davantage de terrains et créant des entreprises. Manuel Eaton mit par exemple sur pied une petite usine de production de potasse et de carbonate de potasse résiduaire à partir des cendres de bois qu’il recueillait. On dit qu’il installait de grands barbecues dans les bosquets le long du chemin Base Line. Les terres dont il avait fait l’acquisition jusqu’en 1891 comptaient presque 125 acres.32 John Freeman Walls et ses fils, qui par ailleurs (et bien que membres de la congrégation baptiste) avaient fait partie de la Society, finirent par être propriétaires de plus de 100 acres de terrains.33 Les colons noirs et leurs descendants ont tous contribué de façon significative au développement du Canada. La communauté noire de la rivière aux Puces est un exemple caractéristique des premières colonies de peuplement noires en Ontario.


Cette plaque a été conçue avec le soutien financier du ministère des Affaires civiques et de l’Immigration de l’Ontario.

La Fiducie du patrimoine ontarien tient à exprimer sa gratitude à Adrienne Shadd pour le travail de recherche effectué dans le cadre de la rédaction de cet article.

© Fiducie du patrimoine ontarien, 2007


1 E.J. La Jeunesse, « Census of the Inhabitants of Detroit Sept. 1, 1750 », cité dans Carole Jenson, « History of the Negro Community in Essex County 1850-1860 », mémoire de maîtrise, département d’histoire, Université de Windsor, 1966, 1-2.

2 David Botsford, « History of Coloured Folk in District Filled with Humour, Pathos and Industry », cité dans Carole Jenson, « History of the Negro Community in Essex County », 2.

3 Fugitive Slave File 5 (Esclaves fugitifs, dossier 5), musée du Fort-Malden, cité dans Carole Jenson, « History of the Negro Community in Essex County », 8.

4 En 1793, le lieutenant-gouverneur John Graves Simcoe introduisit une loi anti-esclavagiste parfois impopulaire, dans la mesure où certains membres du conseil législatif possédaient eux-mêmes des esclaves. Une loi pour empêcher l’introduction de nouveaux esclaves et pour limiter la durée des contrats de servitude dans la province (An Act to Prevent the Further Introduction of Slaves, and to Limit the Term of Contracts for Servitude within this Province) fut néanmoins votée le 9 juillet 1793.

5 Malcolm Wallace, « Pioneers of the Scotch Settlement on the Shore of the Lake St. Clair », Ontario History, vol. XLI, n° 4 (1949), 177, 195.

6 Idem, 195.

7 À l’origine, il existait deux groupes impliqués dans la colonisation des terres par les fugitifs : la Refugee Home Society, dont les membres venaient de Détroit, et la Fugitives Union Society, avec à sa tête Josiah Henson de Dawn en tant que président, George Williams et Henry Bibb de Sandwich respectivement aux postes de vice-président et de secrétaire, et Henry Brent comme trésorier. La convention d'août 1852 montre que la Refugee Home Society semble avoir pris les rênes du projet. Peter Carlesimo, « The Refugee Home Society: Its Origin, Operation and Results, 1851-1876 », mémoire de maîtrise, département d’histoire, Université de Windsor, 1973, 4, 7, 12, 19-20.

8 Idem, annexe C, 182-86.

9 Idem, 20.

10 Benjamin Drew, The Refugee: A North-Side View of Slavery, Reading, Massachussets : Addison-Wesley, 1969, 227.

11 Peter Carlesimo, « The Refugee Home Society », 161.

12 Idem, 18.

13 Laura Haviland, A Woman’s Life-Work: Labors and Experiences of Laura S. Haviland, Miami, Florida : Mnemosyne Publishing, 1969, 192-3.

14 Dixième, onzième, douzième, treizième, quatorzième, quinzième et seizième Annual Reports of the American Missionary Association (rapports annuels de l’American Missionary Association), New York : American Missionary Association, 1858, 1857, 1868, 1859, 1860, 1861 et 1862, 44, 36, 32, 33, 29, 29, 26.

15 Malcolm Wallace, « Pioneers of the Scotch Settlement on the Shore of the Lake St. Clair », 195.

16 Peter Carlesimo, « The Refugee Home Society », annexe B, 178.

17 Idem, 147-8.

18 Idem; Puce Memorial Cemetery, Windsor : section du comté d’Essex de l’Ontario Genealogical Society, 1985. Microfilm des Archives publiques de l'Ontario, transcriptions de données de cimetières de l’OGS, comté d’Essex, canton de Maidstone, MS 451, bobine n° 45.

19 Laura Haviland, A Woman’s Life-Work, 196-7, 199-201. Haviland n'indique pas exactement où elle assurait ses cours et l'école du dimanche, mais il pourrait bien s'agir de la rivière aux Puces.

20 À cette époque, les fidèles pouvaient être exclus de leur église pour cause de libertinage ou d’intempérance.

21 Treizième et seizième Annual Reports of the American Missionary Association (rapports annuels de l’American Missionary Association), New York : American Missionary Association, 1859, 1862, 33, 26-7.

22 Minutes of the Thirteenth Session of the Annual Conference of the British Methodist Episcopal Church held in the Town of Windsor, Province of Ont., Dominion of Canada, May 29th to June 6th (Procès-verbal de la treizième conférence annuelle de l’Église épiscopale méthodiste britannique organisée dans la ville de Windsor, province de l’Ontario, Dominion du Canada, du 29 mai au 6 juin), St. Catharines : R.R. Disney and E.S. Leavenworth’s Book & Job Printing, 1869, 12, microfilm des fonds de l'Église ÉMB au Canada, 96.031C, bobine n° 2, archives de l'Église unie du Canada, Université Victoria (Université de Toronto).

23 Acte translatif n° 1503 enregistré le 30 juillet 1872 à Maidstone et fourni par le Lakeshore Black Heritage Committee. Glenn, Franklin et Cannaday étaient tous des colons appartenant à la Refugee Home Society. Voir Peter Carlesimo, « The Refugee Home Society », annexe B.

24 Journal and Proceedings of the 73rd Annual Conference held at Niagara Falls, Ont. June 25th-July 1st,1929 (Journal et comptes rendus de la 73e conférence annuelle organisée à Niagara Falls, Ont., du 25 juin au 1er juillet 1929) et Minutes and Proceedings of the Ontario annual Conference of the British Methodist Episcopal Church of Canada (Procès-verbal et comptes rendus de la conférence annuelle en Ontario de l’Église épiscopale méthodiste britannique du Canada), microfilm des fonds de l'Église ÉMB au Canada, 96.031C, bobine n° 2.

25 La création de l’Église ÉMB au Canada résulte du fait que bon nombre d’ecclésiastiques noirs canadiens étaient des esclaves fugitifs qui ne pouvaient pas voyager sans risque pour assister aux conférences de l’Église ÉMA aux États-Unis. Ces ecclésiastiques voulaient en outre afficher leur allégeance à la reine Victoria et au gouvernement britannique, qui avaient accueilli des esclaves fugitifs pendant les années tumultueuses précédant la guerre de Sécession.

26 Daniel A. Payne, History of the African Methodist Episcopal Church, vol. 1, New York : Johnson Reprint Corp., 1968 (publication originale en 1891), 57, 117, 128-29, 144-45 et chapitre XXIX; Dorothy Shadd Shreve, The AfriCanadian Church: A Stabilizer, Jordan Station, Ont. : Paideia Press, 1983, 78-81.

27 Recensement du Canada dans le canton de Maidstone pour les années 1861 (pas de liste), 1871, 1881 et 1891. Schedule C, Deaths, comté d’Essex, canton de Maidstone, enregistrements n° 008256 du 17 avril 1897 et n° 007649 du 3 juin 1896. Windsor Evening Record. Chatham Daily Planet. Plaindealer, numéros datés de 1889 à 1893, Détroit. Procès-verbaux des conférences annuelles de l’Église ÉMB de 1869 à 1897. Christian Recorder, journal de l’Église ÉMA aux États-Unis disponible sur le site Web « Accessible Archives ». A History of the African Methodist Episcopal Church. En 1973, Peter Carlesimo interrogea Mme Florence Holland, qui confirma l’information mais indiqua qu’il était membre de l’Église ÉMB.

28 Journal des comptes rendus des trente-neuvième, quarantième et quarante-et-unième conférences annuelles de l’Église épiscopale méthodiste britannique, 1895, 1896 et 1897, microfilm des fonds de l'Église ÉMB au Canada, 96.031C, bobine n° 2. Le « Roll of Honor » est évoqué dans le procès-verbal de la 32e conférence de l'Église ÉMB : il fut mis en place pour soutenir le surintendant de l'Église ÉMB par l’intermédiaire d’un versement annuel de 25 cents. Chaque membre contributeur voyait son nom apparaître dans les comptes rendus écrits de la conférence annuelle. En 1895, Lewis versa 25 cents et Mary paya un total de 75 cents. L’année suivante, Lewis, devenu veuf, versa ses 25 cents annuels. Aucun Jackson n’apparaît sur le « Roll of Honor » de 1897, ce qui s’explique par le décès des deux époux.

29 Afua Cooper, spécialiste reconnue de Henry Bibb, soutient que Lewis Jackson pourrait bien avoir été l’un de ses frères. Lewis Jackson est parvenu à fuir l’esclavage et à atteindre Windsor avec ses deux frères Granville et John en septembre 1852. Dans son journal, Voice of the Fugitive, Henry Bibb fait le récit de sa rencontre fortuite avec ses frères, Granville, John et Lewis, sur les pontons de la rivière Détroit. Les frères retrouvèrent également leur mère, Mildred Jackson, que Bibb avait sauvée de l’esclavage quelques années auparavant. Selon Cooper, les spéculations au sujet des frères vont bon train. Si beaucoup supposent que leur nom de famille était également Bibb, ils pouvaient très bien s’appeler Jackson, comme leur mère, voire tout autrement.

30 Peter Carlesimo, « The Refugee Home Society », annexe B, 177, 180.

31 Pendant son existence, la Refugee Home Society fit l’objet de nombreuses critiques, dont beaucoup émanèrent de Samuel Ringgold Ward et Mary Ann Shadd dans le journal Provincial Freeman. Selon eux, le fait que seuls les esclaves fugitifs sans terre pouvaient intégrer les colonies signifiait par exemple que l’accès en était interdit aux travailleurs noirs capables d’assumer un rôle de leadership. Shadd et Ward estimaient en outre qu’il s’agissait là d’un nouveau type d’« aumône » qui impliquait un usage de l’argent fondé sur l’idée fausse décrivant les colons comme des anciens esclaves pauvres et misérables. Deux travaux abordent ce sujet : William H. et Jane Pease, Black Utopia: Negro Communal Experiments in America, Madison, Wisconsin : State Historical Society of Wisconsin, 1963, chapitre 6, et Peter Carlesimo, « The Refugee Home Society », en particulier les chapitres II et III.

32 Malcolm Wallace, « Pioneers of the Scotch Settlement », 195; cadastre du comté d’Essex, canton de Maidstone, 1891.

33 Idem.