Points saillants du Symposium sur le patrimoine culturel - Ontario Heritage Trust

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Points saillants du Symposium sur le patrimoine culturel de la Fiducie du patrimoine ontarien

Le lundi 23 novembre 2015

Introduction

Le lundi 23 novembre 2015, la Fiducie du patrimoine ontarien a tenu un symposium d’une journée dans le but d’encourager une discussion sur la Stratégie ontarienne pour la culture et d’inspirer des collaborations à cette initiative. Harvey McCue, vice-président du conseil d’administration de la Fiducie du patrimoine ontarien, a souhaité la bienvenue aux participants. Beth Hanna, directrice générale de la Fiducie, a commencé la journée en donnant une vue d’ensemble de l’étendue et de la portée du patrimoine culturel et naturel matériel et immatériel. Kevin Finnerty, sous-ministre adjoint de la Division des affaires culturelles du ministère du Tourisme, de la Culture et du Sport, a prononcé une allocution au nom de la province et a fait le point sur la création de la première stratégie ontarienne pour la culture.

Le symposium a permis d’explorer cinq sujets sous la forme de présentations par des groupes d’experts et d’une discussion : les paysages culturels, l’aménagement des villes, le patrimoine matériel, la participation de la population au patrimoine et la conservation de l’immatériel. Les groupes d’experts étaient composés de professionnels qui travaillent dans les secteurs public, privé et sans but lucratif dans un éventail de domaines, y compris la planification du patrimoine municipal, les musées et les archives, l’éducation et la recherche, l’architecture et l’aménagement urbain, les médias, l’archéologie et la restauration physique. Les participants comprenaient des chefs de file, des collègues, des professionnels et des gens de réflexion de plus de 100 secteurs qui avaient autant de points de vue divergeants.

Ce rapport met en évidence les idées et les pratiques exemplaires qui ont été explorées au cours du symposium. Nous estimons qu’il apporte une rétroaction utile en faveur d’un secteur du patrimoine fort, dynamique et inclusif qui est bien intégré à la culture de l’Ontario.

Ordre du jour

8 h – Café et inscription

8 h 30 – Accueil – Harvey McCue, vice-président, conseil d’administration de la Fiducie du patrimoine ontarien; Introduction – Beth Hanna, directrice générale, Fiducie du patrimoine ontarien

8 h 45 – Le point sur la Stratégie ontarienne pour la culture – Kevin Finnerty, sous-ministre adjoint, Division des affaires culturelles, ministère du Tourisme, de la Culture et du Sport

9 h – Les paysages culturels – présentations de groupes d’experts et discussion (Modérateur : Mike Sawchuck, Ville d’Ajax; Experts : Lisa Prosper, Centre for Cultural Landscapes, Willowbank; Matt Setzkorn, Ontario Farmland Trust; Philip Evans, ERA Architects Inc.)

10 h – Pause

10 h 30 – L’aménagement des villes – présentations de groupes d’experts et discussion (Modérateur : George F. Dark, Urban Strategies Inc.; Experts : Harold Madi, aménagement urbain, Ville de Toronto; Alex Speigel, Windmill Development Group; Matt Blackett, Spacing Magazine)

11 h 30 – Le patrimoine matériel – présentations de groupes d’experts et discussion (Modérateur : David O’Hara, lieu historique national du Canada Fort-York; Experts : Dima Cook, FGMDA Architects; April Hawkins, Musée royal de l’Ontario; John Wilcox, Vitreous Glassworks)

1 h 30 – Dîner et réseautage

13 h 30 – La participation de la population au patrimoine – présentations de groupes d’experts et discussion (Modératrice : Melony Ward, Canada’s History Magazine; Experts : Rebecka Sheffield, Canadian Lesbian and Gay Archives (CLGA); Annemarie Hagan, Peel Art Gallery, Museum and Archives (PAMA); Karen Carter, Myseum of Toronto)

14 h 30 – La conservation de l’immatériel – présentations de groupes d’experts et discussion (Modérateur : David Rayside, Mark S. Bonham Centre for Sexual Diversity Studies, Université de Toronto; Experts : Blair Newby, Multicultural History Society of Ontario; Bryan Prince, auteur; Janis Monture, Woodland Cultural Centre)

15 h 30 – Mot de la fin et recapitulation

16 h – Clôture

Points saillants de la journée

Comme la population désire mieux comprendre ce qui l’entoure et vivre en harmonie avec son environnement, les gens cherchent activement des occasions pour s’investir dans leurs collectivités. David O’Hara a partagé un exemple de cet engouement en racontant, encore une fois, une découverte archéologique récente dans l’ancien quai Queen’s de 1833. Le public était captivé par le récit de la découverte des vestiges d’une coque de 50 pieds de long d’un navire à deux mâts, ce qui prouve l’intérêt, l’appréciation et l’engagement grandissants de la population pour le matrimoine. Les discussions au fil de la journée étaient enracinées dans le concept de l’héritage, en ce qui concerne la conscience de l’histoire et du lieu exprimée par des preuves tangibles et des histoires intangibles, mais également en ce qui a trait à la résilience des collectivités, à l’environnement bâti et aux systèmes écologiques transmis de génération en génération.

Reconnaître la diversité et l’interconnectivité

Le patrimoine culturel se manifeste dans des environnements, des objets et des narrations. Tout au long de la journée, les experts et les participants ont fait allusion aux notions de la diversité et de l’interconnectivité, qui sont au centre du patrimoine culturel. La vaste majorité des personnes présentes ont reconnu que le patrimoine est un système biologique composé de différents éléments qui interagissent entre eux et qui changent constamment et elles ont convenu que nous devrions « regarder l’ensemble, au lieu de la somme de ses parties ». Les experts ont reconnu qu’un virage se dessine, que Bryan Prince a appelé une « diversité d’orientation » qui s’exprime par les définitions, les interprétations, les représentations et les approches du patrimoine culturel.

La définition actuelle du patrimoine a mené à ce qu’il soit considéré officiellement comme un secteur indépendant, mais dans la pratique, le patrimoine est un système d’éléments interreliés qui couvrent plusieurs disciplines différentes. Le patrimone culturel englobe le patrimoine matériel et immatériel ainsi que les interconnexions entre les environnements naturels et humains. Comme Dima Cook l’a exprimé, la présence physique d’un endroit ou d’un objet donne vie aux histoires et le tangible peut être un ancrage devant des valeurs intangibles changeantes et, en retour, le patrimoine matériel est enrichi par les narrations et les histoires. Les participants ont souligné que le maintien de ce lien peut ajouter de la valeur à la conservation des paysages culturels, à l’aménagement des villes ainsi qu’aux activités de mobilisation et d’éducation en approfondissant la sensibilisation, la compréhension, les connaissances et les expériences patrimoniales de la population.

Dans son introduction à la séance sur les paysages culturels, Michael Sawchuck a souligné limportance de tenir compte des éléments naturels et culturels conjointement et il a constaté qu’il y a peu de commentaires sur les moyens à prendre pour gérer et conserver ces environnements complexes. Les notions de diversité et d’interconnectivité ont été prises en compte dans l’approche des experts et des participants à l’égard des paysages culturels – en regardant l’« écologie d’un endroit » comme Lisa Prosper le dit si bien. Une « approche écologique » des paysages culturels reconnaît que les environnements naturels et culturels coexistent et interagissent entre eux et elle accorde la priorité à la diversité des « espèces » dans les activités de planification et de conservation. Collectivement, les participants ont fait allusion à l’importance des approches polyvalentes de conservation des paysages culturels qui intègrent les utilisations et les utilisateurs du passé et du présent, y compris les éléments et la faune du patrimoine naturel ainsi que la forme bâtie et les preuves des interventions humaines.

Plusieurs experts ont fait remarquer que l’absence d’une définition uniforme, claire et inclusive engendre une désinformation, une crainte et une résistance à l’égard des efforts de conservation. Par exemple, l’expert en paysages culturels Matt Setzkorn a fait observer que de nombreux agriculteurs craignent que la théorie et la reconnaisance du paysage culturel ajoutent un fardeau supplémentaire dans la réglementation dont ils se méfient, car elle pourrait restreindre leurs activités et leur gagne-pain.

Recommandations des participants :

  • Élargir la définition du « patrimoine » afin d’inclure les environnements naturels et humains ainsi que le patrimoine matériel et immatériel au même niveau et voir à ce que cette définition soit appliquée dans l’ensemble des lois, des politiques et des règlements provinciaux.
  • Compte tenu de l’étendue du « patrimoine » et de la « culture », élargir la portée de la stratégie pour la culture à d’autres ministères en dehors du ministère du Tourisme, de la Culture et du Sport.
  • Faciliter l’intégration entre les différents paliers de gouvernement afin de favoriser l’application des lois, des règlements et des politiques pour la conservation du patrimoine culturel et naturel, matériel et immatériel.

Les experts ont également prôné une « diversité d’orientation » pour l’interprétation et la représentation du patrimoine. L’Ontario est une province diversifiée sur le plan démographique qui abrite des centaines de cultures et de communautés ethniques distinctes provenant des quatre coins du globe qui ont des expériences, des connaissances et des interprétations différentes de leur environnement. Ils ont revendiqué vigoureusement l’importance de tenir compte de la diversité des communautés de l’Ontario dans l’interprétation et la représentation du patrimoine ainsi que dans les méthodes utilisées pour faire participer la population à son patrimoine commun. La revendication consiste notament à élargir la définition traditionnelle de la diversité en dehors de l’ethnicité de manière à inclure des points de connexion comme l’âge ou des expériences de vie similaires (l’expérience d’agitations politiques et civiles ou de la guerre, par exemple).

Blair Newby a expliqué comment la Multicultural History Society of Ontario (MHSO) s’efforce activement de partager des histoires sur l’éventail diversifié des cultures présentes en Ontario à l’aide de sa collection Strangers No More: Immigrant History and Multicultural Canada. La collection de la MHSO comprend plus de 2 525 enregistrements de récits oraux ainsi qu’un fonds considérable de documents explicatifs et contextuels, y compris des transcriptions d’entretiens, des traductions, des notes biographiques et des photographies historiques. Outre l’intégration d’une conscience de l’histoire plus inclusive à la définition du patrimoine culturel, la discussion a également porté sur le rapprochement entre la définition de la notion de la résilience, qui comprend des considérations culturelles, économiques, environnementales et sociales.

Des exemples pour illustrer les liens entre le patrimoine culturel et la résilience ont été partagés tout au long de la journeé. Philip Evans a insisté sur le rôle économique que les valeurs culturelles peuvent jouer afin d’améliorer la résilience des collectitivités dans le cadre d’une disussion sur les activités de création d’espaces publics dans les petites collectivités. Les avantages économiques et environnementaux de la revitalisation des édifices et des lieux patrimoniaux à l’aide d’une réutilisation adaptative ont également fait l’objet d’une discussion. Les ressources existantes reprennent vie grâce à la réutilisation et, comme John Wilcox l’a donné à entendre, les praticiens de la conservation peuvent intégrer des pratiques durables, comme l’éclairage passif, les matériaux locaux ainsi que la main-d’oeuvre et le savoir-faire des environs, dans leurs activités de conservation.

Accroître la pertinence à l’aide d’une réciprocité culturelle

La décision de conserver prend racine dans la valeur – la valeur que les particuliers et les groupes accordent à un paysage, un objet ou une histoire et la valeur que possède le patrimoine culturel comme un bien susceptible de donner de la valeur. Les participants reconnaissent que la valeur est subjective en elle-même – qu’elle est liée à une compréhension, une expérience, une connaissance et une interprétation personnelles – et qu’elle change constamment au fil du temps pour plusieurs raisons, y compris le mouvement, l’appropriation et les tendances plus générales. Les discussions ont constamment tourné autour de l’importance de maintenir une diversité d’orientation et de voir à ce que des interprétations polyvalentes de la culture, du patrimoine et de la valeur soient prises en compte.

Tout au long du symposium, les experts et les participants ont convenu que, pour avoir de la valeur, le patrimoine doit être pertinent pour la société actuelle. La pertinence était omniprésente dans l’esprit des experts : pour Harold Mad, « la dimension humaine de ce qui occupe ces édifices est fondamentale ». Melony Ward a parlé de l’industrie du magazine qui, devant une concurrence intense pour attirer l’intérêt des lecteurs, a délaissé un style de communication descendant à sens unique au profit d’un développement de contenu ascendant orienté par le public. Les experts ont convenu que l’accroissement de la pertinence du patrimoine pour la population pourrait permettre au secteur de se réorienter vers une « conservation préventive » et éviter ainsi des activités de conservation réactives ou qui ont pour but d’éteindre les incendies. Les experts ont partagé plusieurs exemples des moyens qu’ils prennent pour établir la pertinence du patrimoine tout au long de la journée, comme proposer des occasions d’échanges culturels, exploiter les structures et les lieux patrimoniaux en permanence et accroître l’accès au patrimoine.

Les activités de sensibilisation sont un moyen important pour mobiliser la population, mais des experts comme Karen Carter ont également parlé de l’importance de la réciprocité pour la conservation du patrimoine et de la valeur qui peut être apportée en facilitant l’échange des connaissances, du savoir-faire et des ressources. Annemarie Hagan a partagé une citation qui rend bien l’importance d’encourager un dialogue dans les deux sens : [Traduction] « La recherche de modèles participatifs ne se limite pas à délaisser l’autorité ou l’expertise. Elle consiste principalement à ouvrir l’établissement aux possibilités que les visiteurs ont à offrir. » – Nina Simon, Participatory Design and the Future of Museums dans Letting Go? Sharing Authority in a User-Generated World, 2011.

Offrir une multitude d’occasions à la population de contribuer activement au patrimoine favorise l’engagement et peut accroître la compréhension, la connaissance et la valeur du patrimoine culturel. La réciprocité culturelle joue un rôle clé dans la citoyenneté en favorisant une conscience commune du lieu et de l’histoire : les participants ont discuté de l’importance d’inviter les nouveaux arrivants à documenter leurs histoires et à contribuer à la mosaïque culturelle de l’Ontario. L’initiative Museum on the Move du Myseum of Toronto transporte des activités de rassemblement autour d’une histoire sur la route afin d’atteindre des publics qui ne se seraient pas intéressés autrement au patrimoine dans des milieux traditionnels. Du point de vue des musées et des archives, l’interprétation et le dialogue dans les deux sens aident à créer des collections en proposant des occasions pour les particuliers et les collectivités de contribuer aux narrations plus générales en apportant leurs anecdotes et leurs perspectives personnelles. Une animation pour les échanges culturels peut également contribuer à renforcer les réseaux et les capacités dans le secteur du patrimoine culturel. L’exposition annuelle de la Peel Art Gallery Museum and Archives (PAMA) à l’occasion du Mois du patrimoine sikh est un brillant exemple des moyens à l’aide desquels des réseaux peuvent être intégrés dans le secteur du patrimoine culturel grâce à des échanges culturels. Annemarie Hagan a expliqué que la collaboration de la PAMA au sein de la Sikh Foundation of Canada a resserré les liens entre la communauté sikh et le secteur du patrimoine culturel de la région de Peel; elle a affirmé que les meilleurs liens se créent lorsque les gens peuvent partager leurs histoires dans leurs propres mots.

Recommandations des participants :

  • Améliorer ou créer des programmes de subventions qui favorisent les échanges culturels et qui facilitent la collaboration ainsi que la formation de partenariats.

La pertinence provient également du rôle actif qui doit être attribué au patrimoine dans la société contemporaire à l’aide d’une exploitation continue. Les experts ont partagé plusieurs exemples des moyens qu’ils prennent pour maintenir la pertinence, comme la protection et la préservation des terres agricoles en activité et des particularités agricoles, naturelles et culturelles de l’Ontario Farmland Trust. Philip Evans a partagé ses réflexions sur les activités de développement communautaire qui rendent le patrimoine pertinent, sur le développement de la conscience communautaire comme une pratique culturelle qui mise sur les biens culturels pour rendre une société plus vivable. Le projet small d’ERA Architect mise sur les ressources culturelles des petites collectivités à l’aide d’activités de réutilisation adaptative et de développement communautaire pour faciliter leur transition afin qu’elles ne soient plus tributaires des industries des ressources naturelles.

Les organismes et les particuliers s’efforcent également, avec diligence, d’offrir des occasions d’engagement et de participation accessibles qui sont conçues en tenant compte des caractéristiques, des capacités, des condition, des expériences et des styles d’apprentissage individuels. Rebecka Sheffield a parlé de la décision volontaire de Canadian Lesbian and Gay Archives d’emménager dans la Jared Sessions House, un bien patrimonial désigné, afin de transformer les archives en un lieu de rassemblement communautaire agrémenté d’une salle de lecutre, d’une galerie d’art et d’un espace de rencontre.

Embrasser les approches créatives

Les participants aux présentations et aux discussions encourageaient l’adoption de processus de consultation publique et de participation communautaire actives, en plus de faciliter les partenariats et la collaboration dans le but de créer des réseaux et des liens entre les ministères, les organismes et les particuliers qui évoluent dans le secteur du patrimoine et avec l’ensemble de la population. Les experts ont convenu que les approches créatives présentent un vaste éventail d’avantages, qu’elles peuvent enrichir les occasions participatives, qu’elles peuvent faire en sorte que l’information soit transmise de génération en génération, qu’elles peuvent accroître l’accessibilité du patrimoine culturel et des discussions sectorielles et qu’elles peuvent éliminer les obstacles entre les disciplines apparentées.

La grande majorité des experts ont souligné que les approches créatives émergent de la connaissance de son public et qu’elles sont plus percutantes et plus riches lorsqu’elles proviennent de la collectivité. Ils ont beaucoup insisté sur la nécessité d’adopter des approches à la fois descendantes et ascendantes à l’égard de la consultation, de la participation communautaire et des occasions de participation active. Des processus de consultation améliorés permettent aux collectivités de prendre des décisions sur le patrimoine culturel et naturel et peuvent mener à des efforts de conservation qui incluent un éventail de valeurs varié. Les efforts de conservation inclusifs peuvent commencer à tisser une histoire commune qui augmente la pertinence du patrimoine aux yeux de la population ainsi que sa participation aux résultats de la conservation et son appropriation de ces résultats.

La collaboration entre les secteurs public, privé et sans but lucratif, tout comme les membres individuels de la collectivité, sont un élément important d’une conservation réussie. Les experts et les participants ont parlé du pouvoir de la création active de liens et de réseaux en favorisant les discussions et en offrant des possibilités pour se rapprocher, pour participer à des collaborations et pour unir les gens à l’aide d’activités pratiques de création d’espaces publics et de développement communautaire. Dans sa présentation sur les moyens que prend le Woodland Cultural Centre pour conserver le patrimoine immatériel, Janis Monture a expliqué que le centre favorise la collaboration en jumelant des jeunes et des aînés afin de faciliter le partage des connaissances, des valeurs, des langues et des traditions autochtones.

La formation de partenariats officiels peut faire avancer la collaboration d’un cran en offrant un soutien durable pour les activités de conservation et d’interprétation. Une allusion particulière a été faite à l’importance des partenariats avec le secteur privé, qui peuvent encourager le partage des connaissances et la mobilisation ainsi que l’exploitation efficace des ressources. À l’aide de conceptions et d’acquisitions volontaires, le secteur privé peut également jouer un rôle central pour favoriser la continuité du savoir-faire et des connaissances traditionnelles des praticiens du patrimoine, que John Wilcox appelle les « gardiens de la structure » en intégrant les techniques traditionnelles aux projets.

Recommandations des participants :

  • Offrir un soutien afin de renfocer les capacités des membres des collectivités, des gouvernements locaux et des sociétés privées qui évoluent dans le domaine de la conservation et de l’interprétation du patrimoine culturel et naturel.

Les intervenants ont également insisté, tout au long de la journée sur l’importance de la numérisation pour le patrimoine culturel. George Dark a déclaré que « la révolution numérique deviendra un pivot dans notre façon de transférer la culture ». Les participants se sont entendus pour dire que la numérisation peut être utilisée comme un outil pour la conservation, l’interprétation et la préséntation, en facilitant l’établissement de liens et en suscitant une conscience et une connaissance collectives du patrimoine culturel.

Les participants ont fait référence à la numérisation comme d’un outil pour la préservation qui peut assurer la continuité des documents matériels et offrir la possibilité de transformer le patrimoine immatériel fragile en patrimoine matériel. Ils ont également indiqué que la numérisation est un moyen pour soutenir la création et la documentation continues du patrimoine. Elle permet que le patrimoine culturel, en particulier le patrimoine immatériel, soit partagé dans les mots du créateur, en assurant l’authenticité et en limitant la subjectivité qui est inhérente à la conservation. La numérisation des collections et des archives crée des ressources qui peuvent être également utilisées par les producteurs culturels. Les innovations technologiques ont élargi l’accès à la production culturelle. David Rayside a parlé de la nouvelle vague d’informations qui devront être archivées et du défi qui attend les restaurateurs au cours des années à venir. À mesure que la technologie progresse et que la production culturelle fait de plus en plus appel aux médias numériques, les expressions de la culture deviennent plus éphémères – ce qui pose des difficultés pour les efforts de préservation. Malgré les possibilités que présentent les médias numériques et les modes de transmission pour conserver et améliorer l’accès au patrimoine culturel, les participants ont reconnu que les restaurateurs ne doivent pas oublier qu’ils sont transitoires et qu’ils doivent élaborer des stratégies ainsi que des solutions pour assurer la continuité du patrimoine matériel et immatériel.

En ce qui concerne l’aspect « utilitaire » de la conservation, les outils numériques peuvent accroître la pertinence des collections et de l’engagement envers le patrimoine culturel en s’adressant au public à l’aide des moyens qu’il utilise et avec lesquels il interagit dans son quotidien. April Hawkins a partagé les moyens que prend le ROM afin d’accroître l’engagement à l’égard de l’archéologie en se servant de GoogleMaps pour montrer l’emplacement original des biens archéologiques présentés dans l’exposition de First Story Toronto. Leur initiative a connu un tel succès, qu’avant l’ouverture de l’exposition, la carte publique avait reçu plus de 26 000 visites. La présentation du patrimoine sur des plateformes numériques publiques comme GoogleMaps permet de partager le patrimoine culturel à plus grande échelle et avec des personnes qui n’auraient pas normalement accès à des milieux institutionnels et à des lieux patrimoinaux, comme les communautés marginalisées et nouvelles. Les outils numériques peuvent aussi permettre la création d’objets tangibles avec lesquels la population peut interagir quotidiennement. Matt Blackett a décrit comment l’équipe de Spacing Magazine se sert des produits de consommation, comme des sous-verres, des macarons et des reproductions d’oeuvres d’art, pour transporter le patrimoine à la maison et pour stimuler un lien émotif avec les endroits avec lesquels nous avons des interactions dans notre quotidien.

Recommandations des participants :

  • Favoriser une cartographie culturelle à l’échelle de la province qui englobe les musées et les ressources qui sont exploités et détenus par les secteurs public et privé.
  • Encourager l’utilisation des outils numériques (comme des applications téléchargeables et la production graphique) afin d’établir des liens entre les expériences et les biens culturels et les réalisations attendues et les produits de consommation touristiques.

Les activités de mobilisation facilitent l’apprentissage dans un cadre informel, mais le patrimoine culturel peut également être partagé en adoptant des approches créatives dans l’éducation institutionnelle. Les experts et les participants ont préconisé de resserrer les liens avec le ministère de l’Éducation afin de concevoir un programme d’études, de miser sur les liens et les biens existants à l’intérieur et à l’extérieur du secteur du patrimoine culturel et d’inclure une plus grande diversité du patrimoine dans la formation, la prestation des programmes d’études et les programmes. John Wilcox a donné à entendre qu’une stratégie cohérente pour la formation sur la conservation du patrimoine pourrait aussi être élaborée en réunissant des exploitants des programmes d’éducation sur la conservation, comme Willowbank et le Collège Algonquin, pour un symposium afin de discuter de leurs espériences et des possibilités dans le secteur.

L’énergie engendrée par les présentations et les discussions dans le cadre du Symposium était palpable et des suggestions ont été formulées sur des mécanismes susceptibles de favoriser la durabilité dans le secteur du patrimoine tout au long de la journée. Les présentations et les discussions ont surtout porté sur trois cadres ou systèmes très importants qui exercent une grande influence sur le secteur du patrimoine, c’est-à-dire le financement, l’éducation ainsi que les systèmes de planification et d’imposition.

Les participants ont parlé des programmes de financement existants comme le Programme de subventions de fonctionnement aux musées, et ont préconisé que les processus onéreux liés aux demandes soient rationnalisés afin de faciliter l’accès pour les organismes aux capacités plus limitées. Les experts et les participants ont également préconisé un accès à des possibilités de financement annuel stable qui ne sont pas nécessairement liées à des événements et des célébrations en particulier et qui ciblent tant les restaurateurs que les créateurs de la culture. En dehors du soutien aux activités et aux initiatives, les programmes de financement étaient perçus comme un moyen pour faciliter l’établissement de liens entre le patrimoine et les disciplines connexes. Comme l’a fait le Myseum of Toronto avec la subvention pour son initiative Intersections, par exemple, des mesures incitatives pourraient être offertes afin d’encourager l’utilisation des collections dans les archives et les musées par les conservateurs et les animateurs culturels qui travaillent principalement dans le secteur des arts.

Le soutien pour une contribution active au patrimoine s’est étendu au sujet de la recherche et de la pratique. Les experts et les participants ont préconisé que de meilleurs liens aux réseaux de recherche active soient intégrés dans les établissements postsecondaires et les organisations non gouvernementales en offrant un soutien pour la communication, pour la diffusion de données et d’informations ainsi que pour la présentation et la publication des idées et des projets. Les participants aux présentations et aux discussions dans le cadre du Symposium ont également revendiqué un soutien continu pour l’éducation dans les métiers spécialisés qui sont directement liés à la conservation du patrimoine (notamment la conservation du verre, la maçonnerie patrimoniale et la charpenterie fine) ainsi que des possibilités de perfectionnement, y compris, mais non exclusivement, des apprentissages, des formations et des études postsecondaires.

Les experts et les participants ont formulé des recommandations précises sur les mesures à prendre pour changer le cadre de planification et le système d’imposition afin de mieux soutenir la conservation.

Du point de vue de Harold Madi, la priorité numéro un consiste à réorienter la structure fiscale afin que les édifices patrimoniaux ne soient pas imposés en fonction de leurs possibilités d’aménagement. Les experts et les participants, qui étaient favorables à la déclaration de Harold Madi, ont revendiqué précisément que les pouvoirs provinciaux soient utilisés pour s’attaquer au facteur de dissuasion à l’égard de la conservation qui a été engendré par la méthode courante d’évaluation des biens, qui est fondée sur l’utilisation optimale. Afin de s’assurer que les environnements urbains ne deviennent pas des paysages monotones en raison de la formule d’évaluation des biens actuelle, Alex Speigel a encouragé la création de frais d’aménagement progressifs dans les zones de haute densité dans le but de favoriser un mélange d’aménagements d’échelle et de type différents et, comme il le dit, d’empêcher les « espèces evahissantes » de s’emparer d’un secteur.

Les participants aux présentations et aux discussions ont demandé à la province, ainsi qu’aux particuliers et aux organismes qui évoluent dans le secteur du patrimoine, d’encourager la conservation parmi les propriétaires fonciers privés, en dissipant activement les mythes qui entourent les implications des désignations patrimoniales sur la valeur et l’assurabilité des propriétés. En parallèle, les experts et les participants ont préconisé la création de mesures incitatives à l’intention des propriétaires fonciers privés pour la conservation des structures et des lieux patrimoniaux ainsi que pour la conservation et la réhabilitation des paysages afin de soutenir les efforts de conservation. Ils ont également souligné l’importance d’associer les mesures incitatives aux mesures de conservation afin de faire en sorte que les engagements en matière de conservation soient respectés.

Beth Hanna a clôturé la journée en invitant les participants à partager une chose qu’ils aimeraient que la stratégie pour la culture prenne en compte. Les participants ont échangé les idées suivantes :

  • Éliminer les silos dans le secteur de la culture : cela ne vise pas seulement la culture, l’art ou le patrimoine, cela concerne les trois domaines au moins ainsi que les liens entre ces domaines.
  • La culture ne se limite pas au ministère du Tourisme, de la Culture et du Sport; tous les autres ministères et organismes font partie de la réalisation de la Stratégie ontarienne pour la culture.
  • Une plus vaste consultation auprès de l’ensemble des collectivités afin de déterminer ce qu’elles veulent et comment elles procèdent pour accorder de la valeur.
  • Des stratégies véritables et authentiques pour accroître la participation auprès de la population qui n’est pas branchée.
  • La quantification de l’impact global de la culture en termes de qualité de vie, de coûts et d’avantages économiques ainsi que dans des secteurs comme les soins de santé, l’industrie, etc.
  • Un mouvement vers une culture de la conservation en inversant le fardeau de la preuve : les groupes et les personnes qui cherchent à démollir et à exploiter la culture devraient être tenus d’en réfuter l’importance.
  • Des outils améliorés pour une intendance fructueuse qui abordent le manque d’expérience dans l’industrie par la réutilisation adaptative sur le plan des structures et des assurances.
  • Un encouragement pour l’éducation et la prestation d’un programme d’études afin d’inclure des histoires qui ne sont pas partagées couramment, y compris les histoires autochtones.
  • Un appel pour une deuxième ronde de financement afin de créer et de matérialiser les plans culturels municipaux et pour évaluer et mettre à jour les plans existants.
  • Les incitatifs économiques ne peuvent pas assurer la conservation par eux-mêmes; ils doivent être associés au respect des engagements en matière de conservation.