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Musée Josiah Henson de l'histoire des Afro-Canadiens

On estime à 30 000 le nombre de Noirs qui ont fui l'esclavage aux États-Unis pour se réfugier au Canada en empruntant en secret le chemin de fer clandestin, un réseau de personnes qui ont aidé les réfugiés à suivre l'étoile du Nord vers la liberté. L'un de ces réfugiés en quête de liberté était l'abolitionniste, prêcheur et auteur Josiah Henson.

Musée Josiah Henson de l'histoire des Afro-Canadiens (Photo : Tourisme Ontario-Sud-Ouest/Chatham-Kent)
Photo : Tourisme Ontario-Sud-Ouest/Chatham-Kent
Bâtiments Histoire noir Détenu par la Fiducie Musées Attraction touristique

Adresse :

29251 Freedom Road (anciennement Uncle Tom's Road)
Dresden (Ontario)

Personne-ressource : Steven Cook
Téléphone : 519 683-2978
Courriel : jhm@heritagetrust.on.ca

Heures :

Les écoles et les groupes de 15 personnes ou plus peuvent pré-réserver les visites par courriel ou par téléphone tout au long de l'année.

Droits d’entrée (TVH incluse)

Adultes : 9 $
Personnes âgées : 7 $
Élèves de 13 à 17 ans : 7 $
Enfants de 6 à 12 ans : 5 $
Enfants de moins de 6 ans : Gratuit

Le musée est détenu et exploité par la Fiducie du patrimoine ontarien.

Apprenez-en davantage sur la plaque provinciale commémorant l'établissement Dawn.

Réutilisation adaptative
Accès complet en fauteuil roulant
Visites guidées
Adapté aux enfants
Stationnement
Visites auto-guidées
Site ayant une plaque provinciale de couleur bleue et or
Site protégé par la Fiducie du patrimoine ontarien
Toilettes
Photographie autorisée

Après avoir fui l'esclavage dans le Maryland et le Kentucky pour rejoindre le Haut-Canada (devenu l'Ontario), Josiah Henson devient conducteur du chemin de fer clandestin. En tant que tel, il parcourt en sens inverse le réseau clandestin de routes et de maisons secrètes et parvient ainsi à sauver 118 esclaves.

Fervent partisan de l'éducation et de l'autonomie, Josiah Henson s'installe en 1841 à Dresden, en Ontario, et cofonde le British American Institute avec le missionnaire Hiram Wilson d'Oberlin, en Ohio. La colonie, connue sous le nom de colonie de Dawn, se développe alors autour de l'école. Ses habitants pratiquent l'agriculture, fréquentent l'Institut et travaillent dans des scieries, des moulins à blé et d'autres industries locales. Certains choisissent de retourner aux États-Unis après la proclamation d'émancipation de 1865. D'autres restent, contribuant à l'établissement d'une importante communauté noire dans cette partie de l'Ontario.

Connu sous le nom d’ « oncle Tom » en raison de son lien avec le roman anti-esclavagiste de Harriet Beecher Stowe, La Case de l'oncle Tom (1852), Josiah Henson était l'un des Canadiens les plus célèbres de son époque. La célébrité de Henson a sensibilisé la communauté internationale à la réputation du Canada comme terre d'accueil pour les réfugiés de l'esclavage.

Le Musée Josiah Henson de l'histoire des Afro-Canadiens rend hommage aux actions de Josiah Henson à travers des vidéos didactiques, des expositions interactives, de nombreux artefacts et des visites guidées qui témoignent de l'expérience des Noirs au Canada. Le site de deux hectares (cinq acres) abrite le centre d'interprétation Josiah Henson, qui comprend la Salle du chemin de fer clandestin vers la liberté et le Théâtre North Star, ainsi que trois bâtiments historiques. Parmi ceux-ci, on peut citer la maison de Josiah Henson, deux cimetières, une scierie et de nombreux artefacts qui ont été préservés en souvenir de ces premiers pionniers.

Tout au long de l'année, le site organise de nombreux programmes et propose diverses activités fascinantes. Par exemple, chaque fin de semaine du Congé civique d’août, le site célèbre le jour de l'émancipation avec des conférenciers, des artistes, des expositions et de la cuisine qui témoignent de la vie des premiers Noirs en Ontario. En outre, la programmation du Mois de l'histoire des Noirs a lieu chaque année en février, ainsi qu'une rencontre avec les jeunes au printemps pour dialoguer sur la diversité et un atelier annuel pour les éducateurs sur la façon d'inclure l'histoire des Noirs canadiens dans leurs programmes d’études.

Le complexe muséal

La propriété sur laquelle se trouve le Musée Josiah Henson de l'histoire des Afro-Canadiens fait partie des 81 hectares (200 acres) de terrain achetés en 1841 pour établir la colonie de Dawn. Cette colonie devient un refuge pour les nombreux fugitifs qui, pour échapper à l'esclavage, fuient les États-Unis pour se réfugier au Canada. Le centre d'interprétation Josiah Henson, situé sur le site, abrite une collection d'objets et de livres rares datant du 19e siècle et traitant de l'ère abolitionniste, ainsi que des expositions illustrant la vie du révérend Josiah Henson.

Au centre d'interprétation, les visiteurs sont conduits dans le Théâtre North Star pour une présentation audiovisuelle et une introduction à l'histoire de ce site historique. La Salle du chemin de fer clandestin vers la liberté raconte l'histoire des Africains ayant fui les États-Unis pour se réfugier au Canada et échapper à l'esclavage. La boutique de cadeaux Central Station propose une large sélection d'œuvres d'art et de souvenirs africains et canadiens ainsi qu'une vaste sélection de livres.

Parmi les autres bâtiments, citons :

  • La scierie, une des méthodes utilisées pour aménager le terrain. Le projet de restauration de la scierie a été achevé en 2019.

  • Le fumoir, situé dans le tronc d'un sycomore, autrefois utilisé pour saler et conserver la viande.

  • La maison de Josiah Henson, demeure où Josiah Henson et sa femme Nancy vécurent la fin de leur vie (restaurée vers 1850).

  • Le cimetière familial Henson, jouxtant l'église (on y trouve la pierre commémorative et la plaque historique nationale de Josiah Henson).

  • L'église des pionniers, datant de 1850, abrite l'orgue et la chaire de l'église d'origine de Dresden, en Ontario. C'est dans cette dernière que le révérend Henson prêchait.

Plaque provinciale commémorant l'établissement Dawn
Plaque provinciale commémorant l'établissement Dawn
À l'intérieur du musée Josiah Henson (Photo : Tourisme Ontario-Sud-Ouest/Chatham-Kent)
À l'intérieur du musée Josiah Henson
Photo : Tourisme Ontario-Sud-Ouest/Chatham-Kent
À l'intérieur du musée Josiah Henson de l'histoire des Afro-Canadiens
À l'intérieur du musée Josiah Henson de l'histoire des Afro-Canadiens
Nouvelles!

Nouvelles!

Ouverture de la saison le 16 mai.

Les premières années

Josiah Henson naît esclave dans le comté de Charles, au Maryland, vers 1796. En tant qu’esclave, il est séparé de ses proches et subit des violences inimaginables. Un jour, un contremaître le bat avec une telle brutalité qu’il lui brise les deux omoplates. Suite à ces blessures, il est mutilé à vie. Tout au long de cette période, Henson trouve du réconfort dans sa foi et au sein de l’Église méthodiste. Il commence à prêcher et finit par être ordonné pasteur. En 1829, il organise le rachat de sa liberté avec l’argent gagné grâce à ses sermons. Mais il est trahi par son maître et emmené à la Nouvelle-Orléans pour y être vendu. Il échappe à l’esclavage en fuyant vers le nord le long des voies silencieuses du chemin de fer clandestin.

Dans sa quête de liberté, Henson est accompagné de sa femme et de leurs quatre enfants, qu’il porte souvent sur son dos. La famille Henson se déplace à pied une fois la nuit tombée et se cache dans les bois pendant la journée. Après un long et dangereux périple de six semaines, les Henson arrivent sur la rive canadienne le matin du 28 octobre 1830.

Très vite, Henson affirme son leadership comme prédicateur et conducteur du chemin de fer clandestin. Il fait preuve d’énergie et d’esprit visionnaire pour œuvrer à l’amélioration des conditions de vie de la communauté noire dans le Haut-Canada (aujourd’hui l’Ontario). Après sa fuite spectaculaire, le « père Henson » atteint rapidement le statut de chef de la communauté du chemin de fer clandestin dans le Sud-Ouest de l’Ontario.

L'établissement Dawn

Dawn – une communauté permettant aux Noirs de partager leurs compétences, leur travail et leurs ressources afin de se soutenir mutuellement et de venir en aide aux nouveaux arrivants. Cet esprit de coopération trouve son expression concrète dans l’église, l’une des plus importantes institutions de la communauté noire. L’église fait office à la fois de lieu de culte et de centre de réunions, d’enseignement, et d’activités sociales et de loisirs.

Les colons de l’établissement Dawn cultivent la terre pour récolter notamment du blé, du maïs et du tabac. Du bois de noyer noir cultivé localement est par ailleurs exporté vers les États-Unis et l’Angleterre. Henson co-fonde le British American Institute, une des premières écoles professionnelles au Canada permettant l’apprentissage d’un éventail de compétences, qui constitue un élément essentiel de l’établissement et qui bénéficie d’un accès aux terrains de la ferme, à la scierie, au moulin à farine, à la briqueterie et à la corderie de la collectivité. L’Institut ouvre ses portes en 1842 avec pour mission de « cultiver l’être tout entier et de permettre le développement optimal et maximal des capacités physiques, intellectuelles et morales ». Les élèves passent une partie de la journée dans la salle de classe et consacrent le reste de leur temps à la pratique d’un métier. Les articles qu’ils fabriquent sont vendus au profit de l’école. Les femmes se consacrent à l’apprentissage des compétences domestiques, tandis que les hommes travaillent dans les moulins ou les champs. Une plaque provinciale commémore l’établissement Dawn et ses nombreuses contributions importantes.

Certains membres de la collectivité retournent aux États-Unis après la proclamation de l’émancipation en 1863. D’autres restent sur place, contribuant à l’établissement d’une communauté noire importante dans cette partie de la province.

La première édition de l’autobiographie de Josiah Henson est publiée en 1849 sous le titre suivant : The Life of Josiah Henson, Formerly a Slave, Now an Inhabitant of Canada, as Narrated by Himself. Six éditions sont finalement publiées, entre 1849 et 1883. Harriet Beecher Stowe s’inspire de cette autobiographie pour écrire son roman publié en 1852, La case de l’oncle Tom. La vie remarquable de Josiah Henson et ce lien avec le roman de Mme Stowe en font l’un des Canadiens les plus célèbres de son époque.

Le révérend Henson décède le 5 mai 1883. Il est enterré à côté du Musée Josiah Henson de l'histoire des Afro-Canadiens, dans le cimetière de la famille Henson. Il avait continué de prêcher dans l’église méthodiste épiscopale britannique de Dresden chaque dimanche jusqu’à sa mort. Henson laisse derrière lui plusieurs enfants et sa deuxième femme, Nancy Gambril. Sa première épouse, Charlotte, décède avant lui en 1852.

« Je ferai bon usage de ma liberté »

Josiah Henson joue un rôle important comme défenseur de l’alphabétisation et de l’éducation des Afro-Canadiens et s’emploie à lever des fonds pour l’Institut. Il parcourt le Canada, les États-Unis et l’Angleterre (à trois reprises) pour obtenir des dons. Par ailleurs engagé en tant que conducteur du chemin de fer clandestin, il effectue régulièrement le périlleux voyage jusqu’aux États esclavagistes du Sud pour encourager et faciliter la fuite des esclaves noirs vers le Canada.

Bien que mutilé très tôt dans sa vie, il participe à la défense du pays comme capitaine d’un bataillon de la milice constitué de Noirs, en garnison au Fort Malden pendant les Rébellions de 1837. En outre, Henson aide les Afro-Canadiens à se joindre à la lutte contre l’esclavage pendant la guerre de Sécession. Au moins 1 000 hommes s’enrôlent dans l’armée de l’Union au sein de divers régiments composés de Noirs après la levée de l’interdiction visant les soldats noirs, en 1862.

« Je ferai bon usage de ma liberté » – telle est la promesse faite par Josiah Henson au capitaine de goélette qui, plusieurs années auparavant, lui permet de traverser la rivière Niagara en toute sécurité avec sa famille. Des mots prophétiques prononcés par un homme d’action. Henson fait effectivement bon usage de sa liberté. Non content de subvenir aux besoins de sa famille tout en établissant une collectivité prospère dans la région de Dresden, Henson permet aux autres personnes qui le souhaitent de trouver la liberté. Pour retourner dans le Sud des États-Unis, Henson emprunte le chemin de fer clandestin en sens inverse. Il risque tout – ses années de labeur, sa liberté, sa vie – pour permettre à d’autres d’échapper à l’asservissement en fuyant vers le nord. En définitive, Henson conduit personnellement plus de 118 esclaves en direction du nord – vers le pays du renouveau et de la liberté.

Ne manquez pas l’exposition intitulée « Je ferai bon usage de ma liberté » au Musée Josiah Henson de l'histoire des Afro-Canadiens. Découvrez les artefacts à l’honneur, des images frappantes et des panneaux d’interprétation qui vous offriront un regard neuf sur la vie de Josiah Henson.


« Le bruit s'est répandu à l'étranger qu’'oncle Tom' arrive, et c'est ce qui explique votre présence ici. Permettez-moi de vous dire que je ne m'appelle pas et ne me suis jamais appelé Tom, et que je ne veux pas qu'on mentionne dans les journaux un autre nom que le mien. Je m'appelle Josiah Henson, c’est mon nom passé, présent et futur. » Josiah Henson, Glasgow, Écosse, 1877 Extrait de Uncle Tom’s Story of His Life (l'histoire de la vie de l'oncle Tom)

Le Site historique de la Case de l’oncle Tom a changé de nom.

Ces dernières années, la Fiducie a procédé à un examen ciblé de ses propriétés et de sa programmation. De nouvelles recherches et l'ouverture à divers points de vue contribuent à élargir notre compréhension du patrimoine ontarien, y compris l'évolution de la terminologie.

La Fiducie est consciente du pouvoir des mots dans la transmission des émotions, des valeurs et des souvenirs. Le terme « oncle Tom » est évocateur de plusieurs stéréotypes destructeurs et de connotations néfastes qui atténuent et diminuent les contributions importantes de Josiah Henson au patrimoine afro-canadien et à la communauté noire dans son ensemble.

Le terme « oncle Tom » est utilisé dans les médias sociaux, à la télévision, au cinéma et dans la littérature comme une insulte et pour rabaisser toute personne d'origine noire. Il insinue qu'une personne d'ascendance africaine est un traître à sa race et, à ce titre, l'expression est perçue comme étant péjorative et néfaste et ce, en dépit des bonnes intentions de Harriet Beecher Stowe lorsqu’elle a créé son personnage littéraire. Continuer à utiliser ce terme en association avec Josiah Henson nuit à son legs. Josiah Henson, qui était un visionnaire, a déployé des efforts inlassables pour améliorer la vie de la communauté noire en Ontario. En se souvenant de lui comme de l'oncle Tom, on diminue, d'une certaine manière, son importance et ses réalisations.

Depuis ses origines en tant que petite attraction touristique ontarienne dans les années 1940 jusqu'à sa transformation en un centre de reconnaissance et de réalisations de la communauté noire, la propriété et la programmation du musée n'ont cessé d'évoluer. Joignez-vous à nous pour cheminer vers la liberté!

Ici, vous pouvez mieux comprendre l'évolution du musée et son association étroite avec le terme « oncle Tom ».

L’oncle Tom de Harriet Beecher Stowe

L'oncle Tom est le protagoniste du roman anti-esclavagiste de Harriet Beecher Stowe, La Case de l'oncle Tom, publié en 1852. Son portrait de Tom est celui d'un personnage stoïque et noble qui humanise pour ses lecteurs les souffrances et les difficultés des personnes d'origine africaine réduites en esclavage. Dans le roman de Harriet Beecher Stowe, le personnage de Tom est présenté comme une figure vertueuse, guidée par sa foi religieuse en la non-violence. Tom fait preuve de compassion et d'empathie malgré le traitement cruel de ses esclavagistes. Il est dépeint comme un chef et un protecteur des autres esclaves, les soignant lorsqu'ils sont blessés ou malades et offrant des conseils spirituels à ceux dont la détermination faiblit sous le joug de l'esclavage.

Les épreuves que Tom endure tout au long du roman témoignent de la vision originale de Harriet Beecher Stowe, qui souhaitait créer un personnage noir sympathique, capable d'attirer l'attention sur les mauvais traitements et la déshumanisation des personnes d'origine africaine réduites en esclavage. Bien que son intention ait été de dépeindre Tom comme un symbole de force, de bonté et de leadership, la connotation négative associée à l'oncle Tom a rapidement modifié la façon dont il a été perçu.

La transformation en oncle Tom

L'autobiographie de Josiah Henson, « The Life of Josiah Henson, formerly a Slave, Now an Inhabitant of Canada, as Narrated by Himself » a été publiée en 1849. Lorsque les propriétaires de plantations du Sud des États-Unis ont accusé Harriet Beecher Stowe de déformer l'esclavage dans son roman, elle a publié, en 1853 « Key to Uncle Tom's Cabin, Presenting the Original Facts and Documents upon Which the Story Is Founded, Together with Corroborative Statements Verifying the Truth ». C'est là qu’elle cite abondamment l'autobiographie de Josiah Henson pour défendre son roman.

L'autobiographie de Josiah Henson a été développée et republiée en 1858 sous le titre « Truth Stranger Than Fiction : Father Henson's Story of His Own Life ». Cette édition contenait un avant-propos de Harriet Beecher Stowe, qui renforçait l'idée que le public considérait Josiah Henson comme le modèle du personnage de l'oncle Tom dans son roman La Case de l'oncle Tom.

Josiah Henson a acquis une notoriété internationale après que Harriet Beecher Stowe a reconnu ses mémoires comme étant une des sources de son roman.

Le développement du concept d’« oncle Tom »

Les spectacles de ménestrels se sont développés aux États-Unis au 19e siècle comme une forme de divertissement scénique. Ils étaient également populaires au Canada et en Europe. Ils mettaient en scène des stéréotypes raciaux négatifs, les artistes blancs se maquillant en Noirs (en assombrissant leur peau avec du liège brûlé ou du cirage) et interprétant des chansons, des danses et des numéros comiques racistes. En savoir plus sur l'histoire des visages noircis et des spectacles de ménestrels au Canada.

Après la publication du roman de Harriet Beecher Stowe, qui a connu un succès international, les spectacles de ménestrels ayant pour thème La Case de l'oncle Tom se sont multipliés dans toute l'Amérique du Nord et l'Europe face à la colère et à l'embarras suscités par la description de l'esclavage dans les plantations faite par Harriet Beecher Stowe.

Ces spectacles « anti-Tom » ont vu le personnage central de Tom passer du statut de saint à celui d'un « béni-oui-oui » servile, docile et se méprisant, connu pour chanter, danser et sourire en dépit de sa situation désespérée. Ces spectacles visaient à masquer la violence et l'inhumanité propres à l'esclavage. Les « Tom shows » (spectacles sur Tom) se sont produits pendant plus de 80 ans avant de disparaître définitivement dans les années 1930. Cependant, leur legs néfaste perdure.

Aujourd'hui, le terme est utilisé comme une insulte. Il fait référence à une personne d'ascendance africaine qui est considérée comme un traître à sa race parce qu’elle recherche l'approbation et l'attention des Blancs.

La préservation de l'héritage de Josiah Henson

La maison dans laquelle Josiah Henson a passé les derniers jours de sa vie a été ouverte au public comme attraction touristique en 1948 par le propriétaire de l'époque, William Chapple, qui l'a baptisée « La Case de l'oncle Tom ». La maison a ensuite été vendue à Jack Thomson, qui a déplacé la structure et deux autres bâtiments d'époque à leur emplacement actuel en 1964, dans le but de créer un musée. M. Thomson a baptisé le musée « Uncle Tom’s Cabin and Museum » (musée de La Case de l'oncle Tom), d'après le roman La Case de l'oncle Tom ou « Life Amoing the Lowly » de Harriet Beecher Stowe, dans lequel le personnage de Tom s’inspirait librement de la vie de Josiah Henson.

En 1984, le site a été vendu au comté de Kent qui l'a transféré à la Commission des parcs de la Sainte-Claire en 1992. En 1993 et 1994, le site historique a fait l'objet d'importants travaux de modernisation et de restauration des trois structures d'époque, et le centre d'interprétation Josiah Henson a été construit. Ces travaux ont été suivis par une nouvelle cérémonie d’inauguration en 1995. C'est à cette époque que le site a été rebaptisé Site historique de la Case de l'oncle Tom. La propriété et les bâtiments ont été transférés à la Fiducie du patrimoine ontarien en 2005.

Bien que des discussions sur le changement de nom aient lieu depuis le début des années 1990, la Commission des parcs de la Sainte-Claire, qui gérait le site à l'époque, en consultation avec le Conseil consultatif du Site historique de la Case de l’oncle Tom, estimait que le musée avait établi un lien positif avec les visiteurs du monde entier qui avaient étudié le roman anti-esclavagiste La Case de l'oncle Tom. Plus récemment, la Fiducie a tenté de réhabiliter l'expression car elle s'aligne sur le mouvement anti-esclavagiste et la lutte contre l'esclavage. Grâce à une meilleure compréhension du rôle du Canada en matière de racisme systémique à l’encontre des Noirs, nous reconnaissons qu’il faut tracer une voie plus équitable et plus juste et qu'il est temps de revoir le nom « Site historique de la Case de l'oncle Tom ».

Réhabilitation de Josiah Henson

À l'approche de son 80e anniversaire, Josiah Henson s’est remémoré sa vie alors qu’il prononçait un discours dans une église de Glasgow, en Écosse, dans le cadre de sa tournée au Royaume-Uni. Il fut, une fois de plus, présenté aux milliers de personnes présentes par son association avec le roman de Harriet Beecher Stowe. Il souhaitait toutefois être reconnu pour les réalisations remarquables de sa vie - en tant que conducteur du chemin de fer clandestin et force du mouvement abolitionniste, en tant qu'éducateur et cofondateur du British American Institute, en tant qu'auteur de ses mémoires, qui ont fait connaître le Canada comme un havre de paix pour les réfugiés de l'esclavage, et en tant que prédicateur, mari et père.

La Fiducie du patrimoine ontarien s'efforce de s’assurer que le patrimoine que nous protégeons et les histoires que nous racontons sont des représentations respectueuses, exactes et authentiques des peuples qui ont vécu sur cette terre.

Tout comme les histoires d'autres Noirs et Afro-Canadiens qui ont été occultées au fil du temps, les réalisations de Josiah Henson ont également été atténuées. En séparant l'identité de Josiah Henson du personnage littéraire de l'oncle Tom, nous pouvons nous réapproprier le legs de l'œuvre de sa vie et reconnaître l'importance de cette œuvre dans la construction d'une province antiraciste et inclusive.


Réservez dès aujourd’hui votre visite guidée virtuelle du Musée Josiah Henson de l'histoire des Afro-Canadiens!

Après avoir échappé à l’esclavage en 1830, Josiah Henson cherche à offrir aux réfugiés l’éducation et les compétences nécessaires pour devenir autosuffisants dans le Haut-Canada (l’actuel Ontario), avec l’aide d’autres abolitionnistes. En 1841, ils font l’acquisition de 121 hectares (300 acres) de terres dans la ville actuelle de Dresden et fondent le British American Institute, une des premières écoles mettant l’accent sur la formation professionnelle au Canada. La collectivité de Dawn se développe autour de l’institut. L’histoire de ces personnes éprises de liberté et de leur collaboration pour établir une importante collectivité noire dans cette partie de la province est contée sur le Musée Josiah Henson de l'histoire des Afro-Canadiens.

Conçue pour le personnel éducatif, cette visite en direct de 45 minutes du Musée Josiah Henson de l'histoire des Afro-Canadiens fait vivre l’histoire du chemin de fer clandestin au travers d’objets, d’une visite pédestre des bâtiments historiques, d’activités interactives et d’un fabuleux récit. Chaque visite sera suivie d’une brève séance de questions et réponses.

On estime à 30 000 le nombre de réfugiés noirs qui ont fui l’esclavage sévissant aux États-Unis pour gagner le Canada en longeant les rails silencieux du chemin de fer clandestin, un réseau de personnes venant en aide à ces réfugiés qui suivaient l’étoile du Nord vers la liberté. L’une de ces personnes en quête de liberté était l’abolitionniste, conducteur du chemin de fer clandestin et ancien esclave Josiah Henson. Il est devenu connu sous le surnom de l’oncle Tom en raison de son lien avec le roman anti-esclavagiste publié en 1852 par Harriet Beecher Stowe, La case de l’oncle Tom.

L’histoire de Josiah Henson est contée sur le Musée Josiah Henson de l'histoire des Afro-Canadiens, à Dresden, en Ontario. Diffusée en direct et en continu, votre expérience inclura une visite du musée et du domaine de deux hectares (cinq acres), comprenant le centre d’interprétation, trois bâtiments historiques dont la maison de Josiah Henson, une scierie, deux cimetières et de nombreux objets préservés en hommage à ces personnes éprises de liberté.

Voici les sujets qui seront abordés :

  • le commerce transatlantique d’esclaves (aperçu)

  • l’esclavage en Ontario

  • la vie de Josiah Henson (discussion)

  • le chemin de fer clandestin

  • les premiers établissements noirs en Ontario

Réservez dès aujourd’hui votre visite guidée virtuelle pour faire la rencontre d’une personne descendant de ces courageux esclaves en quête de liberté ayant emprunté le chemin de fer clandestin, et apprenez-en davantage quant aux prémices de la présence des Noirs en Ontario!

Remarque : Pour garantir une expérience de visionnage optimale, nous recommandons une connexion Internet stable à même de diffuser en continu des vidéos haute définition sur un ou plusieurs appareils. Vous pourrez diffuser cette visite en continu et en direct à l’aide de n’importe quel navigateur Web standard. Pour garantir une expérience optimale, nous vous recommandons d’utiliser la version la plus récente de votre navigateur. Certaines parties de la visite abordent la dure réalité de l’esclavage avec sensibilité et honnêteté, et pourraient ne pas convenir aux élèves de tous âges.


Durée de la visite : 45 minutes
Taille maximale de la classe : 35 élèves
Taille minimale de la classe : 15 élèves
Remarque : Convient aux élèves de la 5e à la 11e année

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Mois de l’histoire des Noirs

Le Mois de l’histoire des Noirs est reconnu partout au Canada et offre aux citoyens l’occasion de réfléchir aux contributions et aux réalisations des Canadiennes et Canadiens d’origine africaine, et de les célébrer.

La première impulsion en faveur de la reconnaissance des réalisations des Noirs est donnée par l’auteur et historien américain Carter G. Woodson qui, en 1926, propose une célébration en l’honneur des accomplissements des Afro-Américains. Il lui donne le nom de « Negro History Week », qui est rebaptisée par la suite « Black History Week » (Semaine de l’histoire des Noirs). Woodson choisit la deuxième semaine de février parce qu’elle marque l’anniversaire du célèbre abolitionniste Frederick Douglass et du président américain Abraham Lincoln, auquel on attribue l’abolition de l’esclavage aux États-Unis. En 1976, l’événement devient le « Black History Month » (Mois de l’histoire des Noirs) aux États-Unis.

Grâce aux efforts de l’Ontario Black History Society, la Chambres des communes du Canada reconnaît officiellement le Mois de l’histoire des Noirs en 1995, après que l’honorable Jean Augustine — la première députée noire à la Chambre des communes — propose une motion en ce sens, qui est adoptée à l’unanimité.

Jour de l’émancipation

De nombreuses collectivités en Ontario ont commencé à célébrer le jour de l’émancipation après l’entrée en vigueur de la loi portant sur l’abolition de l’esclavage (Abolition of Slavery Act), le 1er août 1834. Cette journée rencontrait un grand succès populaire dans les lieux d’établissement des esclaves en quête de liberté venus des plantations aux États-Unis — tout particulièrement à Sandwich (aujourd’hui Windsor), à Toronto, à Hamilton et à Owen Sound. Bien entendu, l’établissement Dawn, à Dresden, participait également à la célébration.

Au XIXe siècle, le jour de l’émancipation constituait un outil important d’expression de l’identité pour la communauté noire et les activistes antiesclavagistes. Cette journée donnait l’occasion de célébrer la fin de l’esclavage au Canada et dans l’Empire britannique avec des parades, de la musique, des repas et de la danse. En outre, elle permettait de faire du lobbying en faveur des droits des Noirs au Canada et de l’abolition de l’esclavage en Amérique.

Le jour de l’émancipation existe toujours en Ontario. En 2010, Windsor a célébré son 175e jour de l’émancipation. Le Musée Josiah Henson de l'histoire des Afro-Canadiens a fait revivre l’esprit de l’émancipation et continue de célébrer le jour de l’émancipation chaque année.


Bibliothèque vidéo du musée Josiah Henson de l’histoire des Afro-Canadiens

Découvrez des histoires inspirantes qui racontent l’expérience des premiers Afro-Canadiens en Ontario grâce à des entretiens enregistrés, des présentations, des visites virtuelles préenregistrées, des spectacles, etc.

De l’esclavage à la liberté

De l’esclavage à la liberté retrace le chemin périlleux qu’ont emprunté les Noirs du XIXe siècle pour trouver refuge en Ontario.

Questions de patrimoine : Histoires sur le patrimoine noir

Améliorez votre compréhension de notre passé et de notre présent en consultant des articles sur le patrimoine noir et l’histoire des Noirs de toute la province. Découvrez des personnes exceptionnelles comme le pionnier de la danse Len Gibson et l’honorable Jean Augustine ou explorez l’histoire du droit de vote sous l’angle des femmes noires.

Plaques provinciales : Célébrer le patrimoine noir de l'Ontario

Nos plaques provinciales commémorent des histoires importantes liées au patrimoine noir de l’Ontario - des soldats de la guerre de 1812 aux églises et aux établissements qui ont occupé une place dans l’histoire de l’Ontario, en passant par la cheffe du chemin de fer clandestin Harriet Tubman. Voici quelques-unes des plaques : 

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