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Le patrimoine militaire

Le patrimoine militaire de l’Ontario — 1. La guerre de 1812

Guerre et conflit

Le 1er juin 1812, le président américain James Madison demanda au Congrès des États-Unis l’autorisation de déclarer la guerre au Royaume-Uni. Pour accompagner sa demande, Madison publia un message de guerre expliquant les raisons pour lesquelles lui et ses partisans politiques, connus sous le nom de « faucons de guerre », croyaient que la guerre était nécessaire. L’un des principaux problèmes était l’enrôlement forcé de milliers de marins américains par la Royal Navy britannique. Cette action, jugée injuste et perturbatrice pour le commerce américain, donna lieu à de violentes confrontations, telles que l’affaire Chesapeake-Leopard en 1807. Toujours en violation des droits commerciaux maritimes américains, les Britanniques interdirent aux navires américains de commercer avec la France dans le cadre d’un embargo visant à contrecarrer l’emprise croissante de Napoléon Bonaparte sur l’Europe.

Sir Isaac Brock. Ce tableau est une copie d'un portrait qui appartenait à John Savery Carey en 1897. (Photo : Bibliothèque et Archives Canada, no d’acquisition 1991-30-1)
Sir Isaac Brock. Ce tableau est une copie d'un portrait qui appartenait à John Savery Carey en 1897.
Photo : Bibliothèque et Archives Canada, no d’acquisition 1991-30-1

Pour ajouter à l’indignation des Américains, les Britanniques maintinrent le commerce avec les marchands français en vertu de licences spéciales. Ce double standard apparent révéla comment l’embargo maintenait les intérêts commerciaux britanniques aux dépens de l’Amérique. Une autre allégation était que les Britanniques conspiraient pour armer les Premières Nations dans l'Ouest, situées dans la région du Nord-Ouest américain, dans le but d’utiliser le conflit armé pour freiner l'expansion américaine. Les faucons de guerre se référèrent à la bataille de la Tippecanoe, le 7 novembre 1811, pour soutenir cette allégation. Compte tenu de ces allégations et d’autres raisons, le Sénat ratifia la déclaration de guerre par un vote de 19 contre 13. La Chambre des représentants soutint également la guerre par un vote de 70 contre 49. Avec le soutien du Congrès, le président Madison déclara la guerre au Royaume-Uni le 18 juin 1812. Les Britanniques répondirent en dénonçant la légitimité du conflit, affirmant que les Américains s’étaient ralliés au tyran Napoléon pour miner la liberté.

Bien que le Haut-Canada n'eut pas provoqué la guerre, il devint la principale cible des Américains. La province disposait d'un faible nombre de soldats professionnels pour sa défense. En 1812, il n'y avait que 5 600 soldats réguliers britanniques entre le Haut et le Bas-Canada. Bien sûr, l'Empire britannique disposait de dizaines de milliers de soldats professionnels, mais des renforts substantiels pour l'armée étaient peu probables pendant que Napoléon régnait en Europe. Une autre raison pour laquelle les combats seraient concentrés dans le Haut-Canada est que la Nouvelle-Angleterre restait largement neutre. Comme le soulignèrent les votes au Congrès, l'enthousiasme des Américains pour la guerre n'était pas unanime. En effet, la Nouvelle-Angleterre vendait des fournitures à l'armée britannique pendant la guerre. Avec une frontière neutre dans le nord-est, ainsi qu'un solide blocus naval britannique sur la côte atlantique, le Haut-Canada et les Grands Lacs allaient devenir le principal exutoire à l'agression américaine.

Les commandants américains étaient convaincus de pouvoir remporter une victoire rapide dans le Haut-Canada. Après tout, la majorité de la population du Haut-Canada (entre 60 000 et 80 000 personnes à l'époque) était d'origine américaine. Avec autant de colons américains, certains commandants américains croyaient que les Haut-Canadiens accueilleraient leur armée plutôt que de lui résister.

Pour la plupart, ces projections optimistes des forces américaines se révélèrent fausses. Après la capture par les Britanniques d'importantes places fortes américaines en 1812, la milice du Haut-Canada devint plus disposée à porter les armes. Les victoires inspirèrent également les guerriers des Six Nations, des Sept Nations et des Nations de l'Ouest à se joindre aux Britanniques contre les forces américaines. Pour de nombreux guerriers autochtones, la guerre était l'occasion de contrer l'expansion implacable des Américains, qui avaient la réputation d'être brutaux envers les peuples autochtones. En combattant aux côtés des Britanniques, les guerriers autochtones protégeaient leur territoire et tentaient d'obtenir le soutien de la Couronne pour les intérêts à long terme des Autochtones, dont la souveraineté.

À la fin de 1814, aucun des deux camps n'avait obtenu un avantage significatif. Cela conduisit les négociateurs britanniques et américains à faire des compromis sur les objectifs qu'ils souhaitaient atteindre et à signer le traité de Gand le 24 décembre 1814. La guerre prit officiellement fin lorsque le Congrès des États-Unis ratifia l'accord le 17 février 1815. Parmi les dispositions du traité figurait le règlement des questions relatives aux droits maritimes, aux frontières territoriales et au désarmement. Dans l'ensemble, les termes du traité renforcèrent les fondements d'une paix durable entre l'Amérique du Nord britannique et les États-Unis. Pour les alliés autochtones de la Couronne, qui ne furent pas autorisés à envoyer des représentants aux pourparlers de paix, le traité de Gand ne donnerait pas la priorité à leurs intérêts. Les Britanniques abandonnèrent leur demande d'un État iroquois indépendant au sud des Grands Lacs. Au mieux, ils convainquirent les États-Unis de rétablir le territoire et les droits autochtones selon les normes d'avant-guerre. L'absence de dispositions importantes pour les intérêts des Autochtones signifiait qu'il n'y avait pas de contre-mesures contre l'afflux de centaines de milliers d'immigrants européens qui arrivèrent après la guerre. À mesure que les communautés autochtones devinrent une minorité de plus en plus réduite, elles furent de plus en plus vulnérables à la subjugation, à l'assimilation et à l'empiétement territorial. Les résidents blancs et noirs du Haut-Canada – dont les maisons et les biens furent pillés ou détruits – durent attendre des décennies avant que les demandes d’indemnisation fussent traitées. Le début de la dépression d'après-guerre et les mauvaises récoltes intensifièrent encore leur lutte pour se remettre d'une guerre qu'ils n'étaient pas prêts d'oublier.

Soldats du Haut-Canada

Peter Rindlisbacher, Ennemi en vue, MCG 19910086-001 (Photo : Collection d’art militaire Beaverbrook, Musée canadien de la guerre)

Peter Rindlisbacher, Ennemi en vue, MCG 19910086-001

Photo : Collection d’art militaire Beaverbrook, Musée canadien de la guerre

En 1811, le major-général Sir Isaac Brock fut nommé commandant militaire principal et membre principal du Conseil exécutif du Haut-Canada. Il lui incombait de gérer les défenses du Haut-Canada.

Soldats du Haut-Canada

Batailles au Haut-Canada et dans les Grands Lacs

Ce tableau, qui représente la mort du général Brock le 13 octobre 1812 lors de la bataille de Queenston Heights, est devenu une image emblématique de la guerre de 1812 au Canada. (Gravure de John David Kelly, 1896. Bibliothèque et Archives Canada, n° d'accès 1954-153-1.)

Ce tableau, qui représente la mort du général Brock le 13 octobre 1812 lors de la bataille de Queenston Heights, est devenu une image emblématique de la guerre de 1812 au Canada.

Photo : Gravure de John David Kelly, 1896. Bibliothèque et Archives Canada, n° 1954-153-1.

Lorsque les États-Unis déclarèrent la guerre au Royaume-Uni, le Haut-Canada était mal équipé pour mener une guerre de grande envergure.

Batailles au Haut-Canada et dans les Grands Lacs

Vie dans une zone de guerre

Fort George, Haut-Canada. Estampe coloriée à la main du camp d’entraînement militaire au fort George, par l’artiste Edward Walsh. On estime que cette estampe date de 1813, lorsque les Britanniques reprirent le fort George aux Américains. (Photo : Bibliothèque et Archives Canada, no d’acquisition 1970-188-505)

Fort George, Haut-Canada. Estampe coloriée à la main du camp d’entraînement militaire au fort George, par l’artiste Edward Walsh. On estime que cette estampe date de 1813, lorsque les Britanniques reprirent le fort George aux Américains.

Photo : Bibliothèque et Archives Canada, no d’acquisition 1970-188-505

Avant la guerre de 1812, la vie de la plupart des habitants du Haut-Canada était caractérisée par un dur labeur et offrait peu de confort. Malheureusement pour ces résidents, la vie deviendrait encore plus difficile avec le début de la guerre de 1812.

Vie dans une zone de guerre

Ressources

Termes de la capitulation de la ville de York, 27 avril 1813, première ébauche. Dans cette première ébauche, signée par le lieutenant-colonel William Chewett, les principaux points sur lesquels les négociateurs se mettent d’accord sont la reddition de la ville, la remise de tous les magasins d'ordonnance publics aux Américains et la détention des troupes et des marins comme prisonniers de guerre.

Termes de la capitulation de la ville de York, 27 avril 1813, première ébauche. Dans cette première ébauche, signée par le lieutenant-colonel William Chewett, les principaux points sur lesquels les négociateurs se mettent d’accord sont la reddition de la ville, la remise de tous les magasins d'ordonnance publics aux Américains et la détention des troupes et des marins comme prisonniers de guerre.

Apprenez-en davantage sur la guerre de 1812 grâce à ces ressources.

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