Fromagerie Proulx
Le 26 juin 2026, une plaque provinciale a été dévoilée au Centre communautaire Caledonia, à St-Bernardin, dans la Municipalité de La Nation. La plaque a ensuite été installée à titre permanent à proximité de l’angle de Concession Road 6 et de Roger Lalonde Sideroad, devant l’ancienne Fromagerie Proulx, à St-Bernardin.
Voici le texte de la paque bilingue:
FROMAGERIE PROULX
Construite en 1890, la fromagerie Proulx est l’un des rares bâtiments de ce type encore présents en Ontario. Elle témoigne de l’importance des entreprises rurales locales pour le développement agricole de la province, ainsi que du rôle central que jouait la production fromagère dans la région. La production fromagère se fait dans des fermes familiales jusqu’au milieu des années 1860, puis dans de petites fromageries rurales, qui s’approvisionnent en lait auprès d’exploitations environnantes. Ces établissements, qui seront à leur apogée plus de 1 200 en Ontario, sont en grande partie tournés vers l’exportation, compte tenu notamment du commerce florissant du cheddar avec le Royaume-Uni. L’industrie commence à décliner dans les années 1930, sous l’effet des profondes transformations du secteur laitier. Fermée en 1957, la fromagerie Proulx est sauvée de la démolition dans les années 1980; elle obtient le statut de lieu patrimonial en 1989 avant d’être soigneusement restaurée. En 1991, elle devient le Centre d'art de Caledonia, puis passe sous propriété privée. Le bâtiment est aujourd’hui le témoin silencieux d’une époque où l’agriculture et, par extension, la production fromagère revêtaient une importance vitale pour la collectivité. Il incarne le rôle des économies agricoles locales dans la préservation d’un savoir-faire fromager d’excellence.
PROULX CHEESE FACTORY
Built in 1890, the Proulx Cheese Factory is one of the few remaining buildings of its kind in Ontario. It reflects the importance of locally run rural enterprises to the province’s agricultural development and the central role that cheesemaking had in the region. In the mid-1860s, cheesemaking moved from family farms to small rural factories where milk was easily sourced from surrounding farms. These factories once totalled over 1,200 in Ontario, largely manufacturing for export — including the growing cheddar trade with the United Kingdom. The industry began to decrease by the 1930s with significant change in the dairy industry. Closed in 1957, the Proulx Cheese Factory was rescued from demolition in the 1980s, earned a heritage designation in 1989, and was then carefully restored. In 1991, it became the Caledonia Art Centre and then privately owned. The building stands as a silent witness to an era when agriculture and its subset of cheesemaking were vital to the community. It is a symbol of the importance of local farm economies to the legacy of cheesemaking excellence.
Historique
Aperçu
L’histoire de la Fromagerie Proulx est étroitement liée à l’évolution des conditions économiques et sociales du milieu rural de l’Est ontarien à la fin du 19e et au cours du 20e siècle. La fromagerie est construite en 1890 par Samuel Fraser1, à une époque où la production de fromage dans des fabriques à petite échelle augmente dans le Sud de l’Ontario. Au milieu des années 1860, la production fromagère quitte progressivement les fermes familiales pour de petites fromageries rurales, où il est aisé d’acheminer le lait des fermes alentour pour en faire du fromage. Certaines fabriques produisent également du beurre et d’autres produits laitiers. Le gros du fromage fabriqué à cette époque est destiné à l’exportation, notamment aux fins du commerce croissant du cheddar avec le Royaume-Uni, bien qu’une partie de la production soit consommée localement2. Même si l’essor des fromageries et de la production rurales au cours du 19e siècle est impressionnant, les exportations canadiennes de fromage vers la Grande-Bretagne atteignent leur apogée en 1903-1904. Lorsque la Première Guerre mondiale éclate en 1914, elles ont déjà chuté de 20 p. 1003. Alors qu’il dépassait auparavant les 1 200, le nombre de fromageries décline de 40 p. 100 entre le début des années 1900 et les années 1930, l’industrie opérant progressivement la transition vers de grandes entreprises exploitant des usines laitières qui approvisionnent des marchés urbains en pleine croissance en lait de consommation et autres produits4. Si l’augmentation de la production laitière et d’autres denrées issues de l’agriculture mixte au cours du 19e siècle constitue en partie une réponse des fermiers qui, face à la volatilité croissante des prix du blé sur le marché international, décident de diversifier leurs revenus agricoles aux fins de stabilité5, la conjoncture chaotique du marché et l’intensification de la concurrence étrangère au fil du 20e siècle ont également tiré les prix des produits laitiers vers le bas6.
Les expériences vécues par les propriétaires successifs de la Fromagerie Proulx (fromagerie 709) au fil des décennies témoignent de la précarité du métier de fromager au 20e siècle7. Après la vente du bâtiment par Fraser au fromager et résident de Hawkesbury Est Alexander McDonald, ce dernier le déplace en 1918 vers la propriété qu’il a acquise à Proulx en 1916 auprès d’Adélard Charlebois8. Bien qu’employé en tant que fromager depuis 19019, Alexander McDonald semble avoir quitté l’industrie peu après avoir fondé la Fromagerie Proulx10. Lors du recensement de 1921, sa profession passe de fromager à manœuvre11. Au recensement suivant, en 1931, il se déclare actuellement sans emploi, mais travaillant dans le secteur de la construction en qualité d’ingénieur indépendant12. Son statut de fils cadet dans une famille d’agriculteurs le rendant peu susceptible de reprendre la ferme familiale, il n’est guère surprenant qu’Alexander McDonald ait choisi de devenir fromager, un métier rural non agricole alors considéré comme respectable13. Il s’agit toutefois d’une activité hautement saisonnière et précaire. Même les producteurs qui possèdent une fabrique et qui sont en mesure d’établir des prix qui leur permettent de couvrir leurs charges fixes et autres frais constatent une pression à la baisse des prix et, par conséquent, des revenus. Ils commencent alors à délaisser le secteur en nombre. Des données en provenance de l’Est de l’Ontario montrent également que les prix étaient bas en raison de la taille modeste des fromageries et de l’intensification de la concurrence régionale14. Pour la majorité des fromagers, la situation ne fait que s’aggraver au cours du 20e siècle.
Pourtant, il reste des possibilités pour les fromagers. Lorsque Arthur Régnier fait l’acquisition de la Fromagerie Proulx en 1935, il exerce son activité jusqu’à la fermeture de l’établissement en 1957, à la suite de bouleversements au sein de l’industrie laitière. Né à Embrun, en Ontario, en 189815, Arthur Régnier est l’avant-dernier de six fils au moment du recensement de 190116. À l’instar d’Alexander McDonald, il est peu probable qu’Arthur Régnier hérite de la ferme familiale et il se met ainsi en quête d’un autre emploi. Après avoir épousé Clara Lamesse en 192417, il travaille comme boutiquier, puis devient fromager lorsqu’il achète la Fromagerie Proulx18. Il ne faut pas bien longtemps à la communauté locale de St-Bernardin pour rendre compte des activités sociales de ses nouveaux fromagers dans la chronique communautaire du quotidien francophone d’Ottawa, Le Droit19. La Fromagerie Proulx est une importante entreprise locale qui soutient les fermiers des environs et la collectivité de St-Bernardin en achetant du lait et de la crème pour en faire du fromage et du beurre. La production est en grande partie vendue à l’exportation à des acheteurs de villes plus grandes, comme Belleville, mais le fromage en grains est vendu localement20.
Autre figure éminente dans l’histoire de la Fromagerie Proulx, Laurent Régnier, fils d’Arthur Régnier, travaille pendant un temps au sein de la fabrique familiale, avant de remporter un succès international en tant que fromager de renom établi dans la Ville de Brossard, au Québec. Laurent se fait déjà un nom alors qu’il travaille encore pour le compte de son père. Avec son collègue fromager et résident des Comtés unis de Prescott et Russell, Osias Ranger, il fait l’objet d’un article dans un numéro de 1950 du Droit au titre du fromage primé qu’il a présenté lors de l’Exposition de fromage de Cornwall, où 285 fromages confectionnés par 123 fromagers étaient en lice21. Plus tard, en 1959, Laurent apparait de nouveau dans Le Droit, mais cette fois en tant que fromager de la nouvelle « fromagerie ultra-moderne » à Plantagenet. La construction de la nouvelle fromagerie, l’une des plus modernes de la province d’après le compte rendu, a coûté 225 000 dollars. Dotée d’une capacité de transformation de 100 000 livres de lait par jour, la fabrique utilise un camion-citerne et cinq camions ordinaires supplémentaires pour recueillir le lait des fermiers de la région22. Laurent est photographié en train d’expliquer le fonctionnement de l’équipement de la nouvelle fabrique à un groupe de visiteurs23. Plus de 500 personnes assistent à l’inauguration de la fromagerie Chamberland, dont le père Raoul Guibord, qui procède à la bénédiction de la propriété et exhorte l’ensemble des agriculteurs de la région à encourager l’entreprise24. Tandis qu’un nombre croissant de petites fromageries ferment leurs portes durant cette période (dans l’Est de l’Ontario, plus de 301 fromageries ferment ou se convertissent à la fabrication de beurre entre 1941 et 1956, ce qui n’en laisse que 113 en activité), des installations plus grandes et plus modernes sont vantées comme l’avenir de la transformation laitière25. En 1962, Laurent fait une nouvelle fois les gros titres des journaux en remportant le trophée Singleton à la Foire d’hiver d’Ottawa pour l’excellente qualité du fromage qu’il présente au concours26. En 1969, Laurent a quitté l’Ontario pour Ville-Brossard, au Québec, afin de diriger le département fromage de la Coopérative des producteurs de lait de Montréal. Il vient de remporter le Bledesloe Perpetual Challenge Trophy du meilleur cheddar du Commonwealth lors d’un concours organisé dans le cadre du Royal International Dairy Show à Londres, Angleterre, ce qui lui vaut une reconnaissance internationale. Le même fromage décroche également le premier prix attribué au meilleur cheddar fabriqué au Canada. Le Droit observe que les fromagers des comtés de Russell et Prescott seraient heureux d’apprendre le succès de M. Régnier, évoquant son passé dans la région. L’auteur de l’article poursuit : « Parions que pendant son séjour en Angleterre, le premier ministre Pierre-Elliott Trudeau insistera pour manger du fromage canadien, surtout quand le champion du Commonwealth est un “gars de chez-nous” »27.
La Fromagerie Proulx finit par fermer et Laurent Régnier vend le bâtiment à Jean-Charles Ranger en 1957 en raison de difficultés financières. Si les marchés instables et les bas prix qui caractérisent l’ère ayant précédé la gestion de l’offre mettent à l’épreuve les producteurs de lait aussi bien que les transformateurs et les fabricants laitiers28, l’importance de la fromagerie locale pour les agriculteurs de la région durant ses années d’activité ne doit pas être sous-estimée, ni la tradition d’excellence fromagère qu’elle a établie.
Aujourd’hui, la Municipalité de La Nation abrite l’une des plus anciennes coopératives fromagères du Canada et la dernière subsistant dans l’Est de l’Ontario : la St-Albert Cheese Co-operative (fromagerie St-Albert), réputée pour ses fromages de qualité qui ont remporté le premier prix lors de concours de fromages internationaux et pour avoir perpétué la tradition fromagère régionale29.
Au-delà de la place centrale qu’occupe la fabrication de fromage dans l’histoire de la propriété, il convient également de noter que le bâtiment principal lui-même reste dans un excellent état de conservation grâce aux efforts de ses propriétaires, tout particulièrement depuis les années 1980. Comme tel est le cas pour la plupart des fromageries, le style architectural sans fioritures adopté lors de la construction du bâtiment témoigne de la nature principalement utilitaire des structures de ce type. Bien que simples de conception, le bâtiment principal et l’annexe située à l’arrière de la propriété (utilisée pour faire office de crèmerie d’après les renseignements) nécessitent, lorsque Jeanine Maës en fait l’acquisition en 1987, d’importants travaux de rénovation avant de pouvoir être transformés en vue d’accueillir la galerie d’art et l’atelier pour artisans locaux qu’elle projette de créer. Artiste native de Belgique réputée pour ses miniatures et ses meubles peints à la main, Jeanine Maës cherche à faire désigner la propriété comme lieu ayant une valeur architecturale et historique en vertu de la Loi sur le patrimoine de l’Ontario, consciente de l’importance patrimoniale du bâtiment, s’agissant d’une des dernières fabriques de ce type dans la région, et de son potentiel comme centre culturel et artistique local. La désignation de la Fromagerie Proulx, premier édifice du canton de Caledonia approuvé pour être classé au patrimoine à l’époque, est une belle réussite, permettant de nouer les partenariats financiers requis pour la restaurer avec succès. Jeanine Maës veille à conserver les fenêtres, les baies de porte et l’intérieur modeste originels des bâtiments principal et secondaire. Lorsqu’elle inaugure le Centre d’art de Caledonia en 1991, après un processus de restauration lent et coûteux, Jeanine Maës commence rapidement à organiser des expositions d’art local, des concerts et une série de cours d’art, tout en annonçant ses projets d’expansion. Bien que l’ouverture du centre soit couronnée de succès et ait bénéficié de l’appui de la collectivité et que la propriété soit devenue un centre culturel et touristique de valeur, les frais d’investissement élevés du projet et les taux d’intérêt s’appliquant à la propriété finissent par devenir trop lourds pour l’entreprise30. Malgré la fermeture du Centre d’art de Caledonia, il continue de servir de lieu de travail et de vie aux résidents locaux, abritant notamment quelque temps un atelier d’ébénisterie et une boutique de meubles de luxe. À l’heure actuelle, c’est une résidence privée31.
Propriété rurale située au carrefour d’un chemin de concession et de ses chemins secondaires, la Fromagerie Proulx subsiste en tant que symbole de l’importance des économies locales et de l’esprit d’initiative communautaire d’une part, et de la myriade de personnes qui ont travaillé et vécu entre ses murs d’autre part. Qu’il s’agisse des fermiers colons et des fromagers entreprenants ou des ouvriers qualifiés et des artisans nouvellement arrivés venant d’horizons divers qui ont occupé les lieux au fil des ans, le bâtiment sert de témoin immuable de l’héritage bilingue et multiculturel de la région.
La Fiducie du patrimoine ontarien remercie Jodey Nurse (Ph. D.) pour ses recherches et sa contribution à la rédaction de ce document. La Fiducie et Jodey Nurse tiennent à exprimer leur gratitude à Jean-Denis Méthot et Marc-André Lavergne pour leur aide précieuse. Nous tenons à remercier tous les membres du Comité directeur du patrimoine et de la culture de la Municipalité de La Nation qui ont défendu ce projet.
© Fiducie du patrimoine ontarien, 2026
1 Les documents portent à croire que Samuel Fraser a construit la fromagerie d’origine en 1890, avant de la revendre à Alexander McDonald, qui la déplace alors à Proulx Corner en 1918; voir « THE CORPORATION OF THE TOWNSHIP OF CALEDONIA IN THE MATTER OF THE ONTARIO HERITAGE ACT, 1974, S.O. CHAPTER 122…NOTICE OF PASSING OF BY-LAW », The Review, Vankleek Hill, Ontario, 18 janvier 1989, p. 1; et Société historique et culturelle de St-Bernardin, St-Bernardin, 1912-2012, St-Bernardin, Ontario, 2012, p. 441. Cependant, les seules traces de la présence d’un Samuel Fraser dans le comté indiquent qu’il n’a pas fallu longtemps pour que ce dernier, né en 1870 dans une famille de fermiers et pionniers écossais établie à Hawkesbury (Ontario), « ressente l’appel du missionnaire chrétien » et entre à l’Université McGill en 1897, avant de fréquenter la Yale University et d’achever sa formation théologique à l’Auburn Theological Seminary de New York. En 1901, son diplôme en poche, il est ordonné au sein du ministère de l’Église presbytérienne et consacre son temps à des missions dans différentes régions du Canada et des États-Unis, avant de quitter le ministère pour s’installer à Claresholm, en Alberta, où il demeure et travaille dans le secteur immobilier jusqu’à sa mort en 1947. Voir « Funeral Services for S. L. Fraser Friday Afternoon », Claresholm Local Press, Claresholm, Alberta, 27 novembre 1947, p. 6. Voir également Bibliothèque et Archives Canada, Fonds de Statistique Canada, RG31-C-1, Recensement du Canada de 1891, Hawkesbury (Village), Prescott, Ontario, famille numéro 5; et Bibliothèque et Archives Canada, Fonds de Statistique Canada, RG31, Recensement du Canada de 1931, Macleod, Alberta, p. 13. L’histoire de Samuel laisse ainsi à penser que le propriétaire originel du bâtiment est peut-être un autre Fraser, puisque plusieurs personnes qui ont porté ce nom dans la région durant cette période ont pratiqué l’agriculture et fabriqué du fromage, notamment Neil Fraser (né en 1871). Après avoir obtenu son diplôme à l’école laitière de Guelph, Neil Fraser est devenu l’un des principaux fromagers des environs et a exploité des fromageries dans toute la région; voir « Neil Fraser », Dictionary of Glengarry Biography, consulté le 6 décembre 2025; et Bibliothèque et Archives Canada, Fonds de Statistique Canada, RG31, Recensement du Canada de 1921, Vankleek Hill (Ville), Prescott, Ontario, p. 20.
2 Heather Menzies, By the Labour of their Hands: The Story of Ontario CheddarCheese, Kingston, Ontario, Quarry Press, 1994, p. 60. Ci-après By the Labour of Their Hands.
3 Felicity Barnes, Selling Britishness: Commodity Culture, the Dominions, and Empire, Montréal et Kingston, McGill-Queen’s University Press, 2022, p. 37.
4 Hayley Goodchild, « Building ‘A Natural Industry of this Country’: An Environmental History of the Ontario Cheese Industry from the 1860s to the 1930s », dissertation de doctorat, Université McMaster, 2017, p. 1-2 et 254; et « The Reluctant Cheesemaker: Craft Work and Conflict in Ontario’s Nineteenth-Century Cooperative Cheese Industry », Histoire sociale/Social History, vol. 54, no 111, septembre 2021, p. 264. Ci-après « The Reluctant Cheesemaker ». Voir également E. Melanie DuPuis, Nature’s Perfect Food: How Milk Became America’s Drink, New York, New York University Press, 2002, p. 83.
5 Voir Robert E. Ankli et Wendy Millar, « Ontario Agriculture in Transition: The Switch from Wheat to Cheese », The Journal of Economic History, vol. 42, no 1, mars 1982, p. 207-215; et Robert E. Ankli, « Ontario’s Dairy Industry, 1880–1920 », Canadian Papers in Rural History VIII, sous la direction de Donald H. Akenson, Gananoque, Ontario, Langdale Press, 1992, p. 261-275.
6 Roy C. Barnes, « The Rise of Corporatist Regulation in the English and Canadian Dairy Industries », Social Science History, vol. 25, no 3, 2001, p. 394. Voir également Jodey Nurse, « "Milk is Milk”: Marketing Milk in Ontario and the Origins of Supply Management », Journal of the Canadian Historical Association, vol. 28, no 1, 2018, p. 127-156. Ci-après « “Milk is Milk” ».
7 Toutes les fromageries du Canada se voyaient attribuer un numéro d’identification. Sous la houlette de Wiliam Lalonde (en qualité de propriétaire ou de directeur), la Fromagerie Proulx est répertoriée comme la fromagerie 709, un numéro qu’elle conserve jusqu’à sa fermeture; Dominion du Canada, ministère de l’Agriculture, Division du commissaire de l’industrie laitière et de la réfrigération, List of Cheese Factories and Creameries in Canada and Registered Numbers, Ottawa, 1925, p. 15.
8Société historique et culturelle de St-Bernardin, St-Bernardin, 1912-2012, p. 441; voir également « “Adelard Charlebois & wife” to “Alex. McDonald” », Land Registry of Ontario, Township of Caledonia, Lot No. 7 in the 5 Concession, number 149, 21 décembre 1916.
9 Voir également Bibliothèque et Archives Canada, Fonds de Statistique Canada, RG31-C-1, Recensement du Canada de 1901, Ontario, famille numéro 107, p. 13; et Bibliothèque et Archives Canada, Fonds de Statistique Canada, RG31-C-1, Recensement du Canada de 1911, Hawkesbury Est, Prescott, Ontario, famille numéro 12, p. 2.
10 McDonald est enregistré comme propriétaire de la Fromagerie Proulx en 1918, mais ne se trouve pas sur les listes publiées dans les années 1920; Dominion du Canada, ministère de l’Agriculture, Division du commissaire de l’industrie laitière et de la réfrigération, Liste des fromageries, beurreries, stations d’écrémage et fabricants de lait condensé, vendeurs de lait dans les villes et fabricants de crème à la glace au Canada, Ottawa, 1918, p. 21.
11 Bibliothèque et Archives Canada, Fonds de Statistique Canada, RG31, Recensement du Canada de 1921, canton de Hawkesbury Est, Prescott, Ontario, p. 19.
12 Bibliothèque et Archives Canada, Fonds de Statistique Canada, RG31, Recensement du Canada de 1931, Prescott, Ontario, p. 2.
13 Goodchild, « The Reluctant Cheesemaker », p. 267.
15 Arthur Régnier est le fils de Désiré Régnier (père) et de Mélina Derigé Laplante (mère), lesquels ont migré du Québec et fini par établir une ferme à Cambridge, dans le Comté de Russell. Archidiocèse catholique romain d’Ottawa, Paroisse de Saint-Jacques d’Embrun, Baptêmes, mariages et sépultures 1892-1905, no 66 p. 419.
16 Bibliothèque et Archives Canada, Fonds de Statistique Canada, RG31-C-1, Recensement du Canada de 1901, Ontario, famille numéro 13, p. 2; et Bibliothèque et Archives Canada, Fonds de Statistique Canada, RG 31, Recensement du Canada de 1921, canton de Cambridge, Russell, Ontario, p. 11.
17 Archives publiques de l’Ontario, Actes de mariage, RG 80-5, 1869-1928, bobine 687.
18 Bibliothèque et Archives Canada, Loi du cens électoral fédéral, Liste des électeurs, 1935, circonscription électorale de Russell, Section de vote rurale no 2, canton de Cambridge, J. O. Patenaude, I.S.O., imprimeur du Roi, publié par John T. C. Thompson, commissaire du cens électoral fédéral, Ottawa, p. 2, lignes 295 et 296.
19 « ST-BERNARDIN, Ont. », Le Droit, Ottawa, 13 mai 1936, p. 5.
20 Les dossiers financiers de la Fromagerie Proulx tenus pour l’année 1956 et consignés par le secrétaire de la fabrique, George Méthot, ont été fournis à l’auteur par Jean-Denis Méthot et sont issus de sa collection privée de documents.
21 « Une exposition de fromage à Cornwall », Le Droit, Ottawa, 29 novembre 1950, p. 6.
22 « Plantagenet dotée d’une fromagerie ultra-moderne », Le Droit, Ottawa, 3 mars 1959, p. 16.
23 « FROMAGERIE MODERNE A PLANTAGENET », Le Droit, Ottawa, 3 mars 1959, p. 16.
24 « BENEDICTION A PLANTAGENET » et « Plantagenet dotée d’une fromagerie ultra-moderne », Le Droit, Ottawa, 3 mars 1959, p. 16.
25 Menzies, By the Labour of Their Hands, p. 108.
26 « Le trophée Singleton à M. Laurent Régnier », Le Droit, Ottawa, 25 octobre 1962, p. 37.
27 « Du HAUT de la TOUR », Le Droit, Ottawa, 11 janvier 1969, p. 2.
28 Voir Nurse, « “Milk is Milk” ». En outre, les dossiers financiers de 1956 consignés par le secrétaire de la fabrique, George Méthot, tirés de la collection privée de documents de Jean-Denis Méthot et fournis à l’auteur, témoignent également des difficultés financières de la Fromagerie Proulx durant ses dernières années d’exploitation.
29 St-Albert Co-op, « A Brief History of the St-Albert Cheese Co-operative », consulté le 27 octobre 2025.
30 Une collection de coupures de presse de 1988 à 1991 (sans date précise pour la plupart) et d’autres pièces justificatives compilée à l’origine par Jeanine Maës, puis reproduite et fournie à Jean-Denis Méthot, membre du Comité directeur du patrimoine et de la culture de la Municipalité de La Nation, voisin de la Fromagerie Proulx et fils de l’ancien secrétaire de la fabrique, George Méthot, a été mise à la disposition de l’auteur.
31 À la suite de la fermeture du Centre d’art, le bâtiment a servi de résidence privée, puis, pendant un temps, d’atelier d’ébénisterie, avant de redevenir une résidence strictement privée. Concernant son exploitation sous la forme d’un atelier d’ébénisterie et d’une boutique de meubles de luxe, voir « Cheese End Woodworking is on the move », The Review, Vankleek Hill, Ontario, 26 mai 2018, consulté le 10 octobre 2025.