Pendant la guerre de 1812, les habitants du Haut-Canada et des territoires autochtones voisins sont les témoins de batailles de grande ampleur, de sièges de villes et de forts, de raids et de pillages, ainsi que de combats navals sur les Grands Lacs. Le Haut-Canada résiste à l’invasion américaine, mais la colonie continuera de faire face à des menaces militaires jusqu’au milieu du XIXe siècle.
Carte du Haut-Canada, 1836, 912-713-T12
Photo : Bibliothèque de référence de Toronto
En 1837, William Lyon Mackenzie mène une rébellion contre l’élite coloniale à la tête du Haut-Canada. La milice loyaliste mate le soulèvement initial de Mackenzie, mais lui et d’autres rebelles fuient aux États-Unis, où ils reçoivent un large soutien et rallient de nouvelles recrues pour poursuivre ce que l’on appelle la « guerre des patriotes ». Au cours de la lutte qui s’ensuit jusqu’à la fin de 1838, les forces des patriotes occupent des îles en territoire britannique, détournent et détruisent des navires, assaillent des établissements et tentent de prendre le contrôle de bastions provinciaux.
En 1866, la guerre fait son retour dans la province. Des révolutionnaires républicains irlandais associés à la Fraternité des fenians rassemblent une force d’invasion à Buffalo, dans l’État de New York, puis pénètrent dans le Canada-Ouest par la péninsule du Niagara. Cette incursion s’inscrit dans un plan de grande envergure visant à faire pression sur le Royaume-Uni pour que ce dernier concède l’indépendance à l’Irlande. Bien que les fenians remportent un semblant de victoire lors de la bataille de Ridgeway, leur plan d’invasion et leurs opérations ultérieures sont mis en échec.
Comme en témoignent les récits exposés ci-après, la période qui s’étend du début jusqu’au milieu du XIXe siècle marque une époque turbulente de l’histoire de l’Ontario. La domination britannique sera en effet contestée à maintes reprises dans le cadre de plusieurs conflits armés, dont l’issue façonnera dans une large mesure la province que l’on appelle aujourd’hui l’Ontario. En particulier, ces affrontements renforceront le soutien en faveur de la Confédération canadienne et favoriseront le développement de l’armée. Ils auront également de profondes répercussions sur la vie des habitants de la province. Si les raids des fenians marquent la dernière tentative d’invasion de l’Ontario, l’armée de la province restera une institution aux fonctions sociopolitiques importantes, assurant la protection des intérêts britanniques et canadiens au-delà des frontières ontariennes.
La rébellion du Haut-Canada (1837-1838)
William Lyon Mackenzie
Photo : C-001993, Bibliothèque et Archives Canada
Peu nombreux sont ceux qui pressentent que les revendications en faveur d’une réforme politique au Haut-Canada aboutiront à une rébellion armée. Pourtant, la combinaison de plusieurs facteurs contextuels avec les décisions fatidiques des représentants de la Couronne et du mouvement réformiste ouvrira la voie à une insurrection.
La prison située à l’angle sud-est des rues Front et Berkeley est remplacée par la prison Don dans les années 1860, mais sera utilisée brièvement entre 1866 et 1867 pour héberger les prisonniers capturés lors du raid des fenians. Tableau de John Howard, 1837, 938-1-2.
Photo : Toronto Reference Library
En 1866, John O’Neill pénètre au Canada-Ouest à la tête de 700 à 800 républicains américains d’origine irlandaise, armés et partisans de la Fraternité des fenians. Cette invasion s’inscrit dans le cadre d’une campagne feniane plus vaste visant à remporter des victoires militaires en Amérique du Nord britannique pour s’en servir comme levier politique et libérer l’Irlande du joug de la Grande-Bretagne.
L’imprimerie Mackenzie : maison et bureau de William Lyon Mackenzie avant son déménagement à York. Son journal, le Colonial Advocate (qui deviendra l’Advocate), traite de la corruption du gouvernement et prône la réforme du système. Mackenzie cesse d’imprimer son journal en 1836, alors qu’il organise la rébellion.
Photo : Commission des parcs du Niagara
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