Centre du patrimoine ontarien
La Canadian Birkbeck Investments and Savings Company fut le premier propriétaire de ce qui est aujourd'hui le Centre du patrimoine ontarien — le siège de la Fiducie du patrimoine ontarien.

Adresse :
10, rue Adelaide Est
Toronto (Ontario)
Courriel :
Accessible au public?
Non
Téléphone :
416 325-5000
ATS :
711 416 325-5000
Lorsque les dirigeants de la Canadian Birkbeck Investments and Savings Company ont décidé en 1907 de construire leur nouvel immeuble de bureau, ils ont choisi un emplacement hautement convoité. Le 10, rue Adelaide était à un jet de pierre des rues Yonge et King. Un important trafic de voitures empruntait la rue Adelaide et le nouvel emplacement bénéficiait aussi du passage quotidien dû au voisinage de la poste, du tribunal et de nombreux autres établissements financiers.
La Canadian Birkbeck Investments and Savings Company fut le premier propriétaire de ce qui est aujourd'hui le Centre du patrimoine ontarien — le siège de la Fiducie du patrimoine ontarien. La compagnie faisait partie d'un groupe d'établissements financiers qui s'est développé à la fin du 19e siècle pour fournir des prêts hypothécaires ou obligataires. Conformément à une pratique répandue à l'époque, la Compagnie exigeait un bâtiment qui n'abriterait pas seulement ses services bancaires et ses bureaux, mais comprendrait aussi plusieurs étages de bureaux locatifs qui pourraient constituer une source de revenus et un espace pour l'expansion future.
George W. Gouinlock, architecte primé de Toronto, venait d'acquérir la notoriété lorsqu'il a été chargé de concevoir le nouveau siège de la compagnie. Il avait déjà, à cette époque, les immeubles de trois banques à son actif. L'immeuble Birkbeck correspond pour George W. Gouinlock à son premier recours au style architectural Beaux-arts, qui devenait en vogue parmi les établissements financiers, en raison de l'image de stabilité et de prospérité qui en émanait. Construit entre 1908 et 1909, ce bâtiment est un bel exemple de l'architecture Beaux-arts et des méthodes de construction considérées comme étant à cette époque à la pointe du progrès. La structure de l'immeuble, en acier à l'épreuve du feu et remplie de terre cuite, constituait sans aucun doute une réaction au Grand incendie de 1904 qui avait dévasté une grande partie du centre-ville de Toronto. Le projet initial de George W. Gouinlock prévoyait un immeuble de sept étages. Pour des raisons inconnues, les étages supplémentaires n'ont pas été construits.
Le 10, rue Adelaide Est est resté propriété de la compagnie puis de ses successeurs, la Canadian Mortgage and Investment Company, jusqu'en 1927, date à laquelle le bâtiment fut vendu à la Standard Bank. Il est ensuite devenu la propriété de différentes sociétés et de particuliers, avant que la Fiducie du patrimoine ontarien ne l'achète en 1985.
Le bâtiment a été désigné lieu historique national pour son importance historique et architecturale. Il appartient à la Fiducie qui en assure la gestion. En dehors de son rôle de bureaux pour la Fiducie, le bâtiment abrite aussi des installations pour des réceptions ou des conférences.
Après son acquisition, un travail considérable a été entrepris pour restaurer le bâtiment et démontrer sa réutilisation adaptée en tant qu'immeuble de bureaux du patrimoine. La Fiducie a entretenu et réinstallé des détails d'origine, particulièrement dans les parties publiques des deux étages inférieurs, permettant ainsi une véritable compréhension de l'architecture édouardienne pendant une des périodes de croissance les plus importantes du Canada. La restauration, en 2002, de l'ancien hall bancaire (La Galerie) a incorporé des traces des nombreux changements apportés à cette pièce, tout en retrouvant le schéma décoratif de l'époque Birkbeck de 1909.


La conservation du patrimoine à l'œuvre : Projet de restauration de la façade du Centre du patrimoine ontarien
De 2005 à 2007, la façade du Centre du patrimoine ontarien a bénéficié d'une importante restauration réalisée en trois étapes. Découvrez le travail de la Fiducie en train de rafraîchir ce rare exemple d'un immeuble de bureaux de l'époque édouardienne.
La Fiducie du patrimoine ontarien — le principal organisme provincial de conservation du patrimoine — a commencé à effectuer des réparations sur les façades en pierre ouest et sud du Centre du patrimoine ontarien.
Cet édifice — situé au 10, rue Adelaide Est, au centre-ville de Toronto — était à l'origine le siège de la Canadian Birkbeck Savings and Investment Company. Construit en 1908, le bâtiment a été conçu par le célèbre architecte torontois George Wallace Gouinlock. Il s'agit d'un des rares immeubles de bureaux typiques du style édouardien à avoir survécu. Il a par conséquent été classé lieu historique national.
La Fiducie s'est engagée à identifier, à préserver, à protéger et à promouvoir le patrimoine riche et varié de l'Ontario dans l'intérêt des générations présentes et futures. En 1988, la Fiducie a acquis, restauré et adapté le bâtiment Birkbeck pour en faire son siège social ainsi qu'un centre de conférences, et pour louer des bureaux à des organismes à but non lucratif et commerciaux.
La composition de la façade frontale met en évidence la splendeur symétrique associée au style architectural américain Beaux-arts. La baie centrale en saillie comporte une paire inhabituelle et spectaculaire de niches voûtées d'une hauteur de deux étages contenant chacune un édicule (un petit édifice ressemblant à un temple composé d'un fronton reposant sur des colonnes elles-mêmes posées sur une base en saillie). La structure en bandes énergique de la façade et l'ornementation sculptée limitée à quelques fenêtres bien précises sont caractéristiques du style baroque édouardien. La maçonnerie enveloppe également le coin sud-ouest, ce qui met en valeur la vue oblique du bâtiment que l'on a depuis la rue Yonge, toute proche.
La façade est constituée à la fois de pierres naturelles et de pierres artificielles. Ce type de pierre artificielle bien précis était vendu sous la marque « Art Stone ». Au début du 20e siècle, à Toronto, la pierre artificielle était un substitut populaire à la pierre naturelle, qui était plus onéreuse, en particulier lorsque de nombreuses pierres identiques étaient nécessaires. Il était possible, avec des moules réutilisables, de produire un grand nombre de pierres artificielles prêtes à installer à un coût inférieur à celui de la pierre naturelle, laquelle devait être exploitée en carrière puis érigée sur le chantier par des tailleurs de pierre qualifiés.
Ce matériau artificiel est un mélange de ciment, d'enduit, de pigments et d'agrégats qui peut être modifié de façon à ce que la surface finie ressemble à du granit, à du calcaire ou à du grès. Des stries ressemblant aux marques laissées par les outils des tailleurs de pierre lors de la taille de pierres « véritables » étaient souvent moulées ou gravées sur la surface des pierres artificielles après séchage. Même ainsi, il était cependant plus économique de sculpter des pierres ornementales individuelles « uniques » à partir de pierre naturelle. De ce fait, de nombreuses façades en « pierre taillée » combinent pierre véritable et pierre artificielle.
Le bâtiment Birkbeck ne fait pas exception à cette règle. Les pierres de taille similaires les unes aux autres qui composent les murs sont toutes en « Art Stone ». Les éléments sculpturaux sculptés, dont les ornements des fenêtres, les chambranles des portes et des fenêtres, le fronton et le tympan qu'il surmonte, les colonnes et les bases des piédestaux ont été sculptés dans du grès.
Tout au long de son histoire, vieille de presque 100 ans, l'édifice Birkbeck s'est détérioré au fil des hivers suite aux nombreux cycles de gel-dégel et aux problèmes d'infiltration d'eau qui en ont résulté. Un certain nombre d'éléments de façade ont été remplacés après s'être désagrégés. À un moment de son histoire, l'intégralité de la façade a même été repeinte en gris clair afin de cacher la saleté qui la recouvrait et de lui redonner une apparence uniforme.
En 2005, la Fiducie du patrimoine ontarien a commencé à planifier un projet de restauration de la façade en trois phases, en prévision du centenaire de l'édifice.
Ce projet de restauration a été financé par le gouvernement de l'Ontario.
La phase 1 a nécessité le décapage minutieux de plusieurs couches de peinture de la façade sud, afin de révéler et d'évaluer l'état des pierres artificielles et véritables afin de déterminer l'approche la plus efficace en matière de restauration. Un certain nombre de techniques ont été testées, dont plusieurs décapants pour peinture autocollants, la technique de nettoyage abrasif à basse pression JOS et des produits de nettoyage à base d'eau projetée à basse pression. Pendant l'été 2005, la façade frontale a été entièrement ceinturée d'échafaudages et les couches de peinture ont été décapées en ayant recours à des techniques correspondant aux conditions matérielles existantes.
Un grand soin a été pris pour faire en sorte de ne décaper que les couches de peinture — pas la suie et les souillures atmosphériques sous-jacentes. Ceci a permis de mettre à jour une façade marbrée et noircie, telle qu'elle apparaissait au début du 20e siècle, lorsque l'atmosphère de Toronto était polluée par la combustion du charbon. Une inspection minutieuse de ces souillures a mis en évidence une série d'entailles à proximité des portes d'entrée et sur les murs périphériques à hauteur d'homme, qui témoignent de l'utilisation d'allumettes dotées d'une extrémité enduite de souffre au début du 20e siècle. Les hommes d'affaires les frottaient contre les surfaces rugueuses du bâtiment pour allumer leurs cigares avant d'entrer dans l'édifice.
Les pierres artificielles et naturelles se sont érodées différemment, les premières devenant brunes et les deuxièmes gris anthracite. Les deux étages supérieurs étaient en très mauvais état, l'état des deux étages inférieurs était quant à lui bien meilleur. Ces différences ont présenté un certain nombre de problèmes intéressants en terme de conservation architecturale — les pierres de rechange devraient-elles être fabriquées à partir de pierre naturelle ou artificielle? Dans quelle mesure la patine devrait-elle être préservée et une apparence uniforme était-elle souhaitable? La fin de la phase 1 a soulevé autant de questions qu'elle n'a permis d'obtenir de réponses.
La phase 2 du projet a consisté à régler le problème d'étanchéité du mur de fondation sud. Au printemps 2007, le trottoir longeant la façade frontale de l'édifice a été démoli et le sol a été excavé jusqu'au niveau de la semelle, afin de réparer les murs de fondation en maçonnerie, d'ajouter des couches d'étanchéité et d'installer un nouveau drain périphérique. Ces travaux ont été compliqués encore davantage suite à la découverte, sous le trottoir, de deux murettes d'encadrement de soupirail qui servaient à l'origine à éclairer le sous-sol. Elles avaient été construites en brique et comportaient un revêtement intérieur carrelé en céramique blanche. Elles avaient été suspendues au mur de fondation et ne reposaient sur presque aucun support. Le travail d'étanchéité a été différé temporairement afin de permettre à un archéologue agréé de consigner ces caractéristiques particulièrement intéressantes. Les « pieds » du bâtiment étant secs, et le trottoir reconstruit, des plans ont été finalisés pour entamer la réalisation de la phase 3 du projet, à savoir la restauration de la façade proprement dite.
La phase 3 — initiée en juin 2007 — consistera à remplacer les pierres artificielles des deux étages supérieurs des façades sud et ouest par des pierres naturelles. Cette solution s'est avérée nécessaire car les dégâts des eaux qu'a connus l'édifice pendant de nombreuses années et les diverses réparations particulièrement désagréables à effectuer ont rendu impossible la récupération de la majeure partie du mur. Les pierres artificielles et naturelles des deux étages inférieurs ont été, pour la plupart d'entre elles, conservées et réparées, dans les deux cas à l'aide de matériaux similaires. La première rangée de pierres située à la base de l'édifice sera également remplacée par une rangée de pierres naturelles afin de lui redonner son apparence d'origine. Toute la maçonnerie est en train d'être nettoyée et traitée afin de redonner à la façade une apparence uniforme, tout en faisant en sorte de conserver une partie de la patine de ces 100 dernières années.
La Fiducie du patrimoine ontarien est fière d’avoir entrepris ce projet qui contribue à la préservation et à l’utilisation continue de cet important lieu historique national.