Colonel et Honorable Juge John Andrew Hope (1890-1954)
Le 10 septembre 2026, une plaque provinciale a été dévoilée à l’Hôpital du district de Perth et de Smiths Falls, à Perth. Elle a ensuite été installée de façon permanente devant l’hôpital à l’issue de la cérémonie.
Voici le texte de la paque bilingue :
COLONEL ET HONORABLE JUGE JOHN ANDREW HOPE (1890-1954)
John Andrew Hope sert durant la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle il est blessé à deux reprises. De retour à Perth en 1919, il se donne pour mission d’honorer ceux qui ont consenti le « sacrifice suprême » et devient le président local de la Great War Veterans Association. Au lieu d’ériger un monument à la mémoire des soldats tombés au combat, il fait preuve de vision et d’initiative en mobilisant les autorités et des groupes communautaires afin de financer l’aménagement d’un hôpital commémoratif de 20 lits doté d’une salle d’opération et d’une maternité dans l’ancien Victoria Hall. Le 8 mars 1923, en sa qualité de premier président de l’établissement, il inaugure l’Hôpital Great War Memorial de Perth, où des soins sont prodigués aux soldats de retour du front et à la population de la région. L’hôpital répond à un besoin communautaire vital tout en constituant un grand acte de mémoire. Le colonel Hope sera nommé conseiller du roi en 1929, puis juge à la Haute Cour et, plus tard, à la Cour d’appel. En 1945, il devient administrateur de l’Université de Toronto et président de la Commission royale d’enquête sur l’éducation en Ontario, laquelle établira le rapport Hope, étape fondamentale dans l’instauration de l’éducation universelle dans la province. Fier d’être un ancien combattant originaire de Perth, il incarne un dévouement exemplaire au service de sa collectivité, de sa province et de son pays.
COLONEL THE HONOURABLE JUSTICE JOHN ANDREW HOPE (1890-1954)
John Andrew Hope served in the First World War and was wounded twice. After his return to Perth in 1919, he set his focus on honouring those who had made the “supreme sacrifice” and became local president of the Great War Veterans Association. Instead of building a monument to remember the fallen, Hope provided leadership and momentum by bringing together community groups and officials to fund a 20-bed memorial hospital, complete with operating theatre and maternity ward, in the former Victoria Hall. On March 8, 1923, as its first president, Hope opened the door to Perth’s Great War Memorial Hospital, which provided care to returning soldiers and the broader region. It filled a vital community need through a great act of remembrance. Hope went on to be appointed King’s Counsel in 1929, a judge of the High Court and later the Court of Appeal. In 1945, he became a governor of the University of Toronto and chair of Ontario’s Royal Commission on Education, which produced The Hope Report, a foundational step in modernizing education in Ontario. Hope was a proud veteran from Perth whose life and legacy reflect exceptional service to his community, province and country.
Historique
Aperçu
L’honorable juge John Andrew Hope, c.r., DSO, MC, VD (1890-1954)
Loyauté, courage, endurance, discipline, altruisme. Tels sont les principes qui guideront John Andrew Hope tout au long de sa vie, que ce soit en tant que soldat, avocat, juge ou bienfaiteur1.
John Andrew Hope naît à Perth (Ontario) en 1890. Il est le quatrième des cinq enfants de Peter Hope (1853-1929), ferblantier et plombier de profession2, et de Jane Lydia Holmes (1859-1919). Il fréquente l’école publique de Perth et le Perth Collegiate Institute (PCI) avant de s’inscrire à l’Université de Toronto. Il est admis à Osgoode Hall avant d’avoir obtenu son baccalauréat, ce qui est jugé inhabituel à l’époque. « Bien que son père l’ait encouragé à obtenir un diplôme universitaire avant d’entreprendre des études de droit, l’honorable juge admet sans détour que sa décision de ne pas suivre cette voie tenait au fait que, issu d’une famille nombreuse, il estimait devoir voler de ses propres ailes et gagner sa vie le plus rapidement possible3. » Il est admis au Barreau en 1914, au moment où éclate la Première Guerre mondiale.
La Première Guerre mondiale
Avant de s’enrôler en 1916 dans le Corps expéditionnaire canadien pour servir outre-mer, John Hope acquiert une formation militaire. Durant la décennie précédente, pendant ses études au PCI, il figure parmi les trois premiers officiers du corps de cadets nouvellement formé. En 1910, il entre dans la réserve active et est nommé lieutenant au sein du 42e bataillon d’infanterie de Brockville, qui deviendra plus tard le 42e régiment d’artillerie de campagne (Lanark and Renfrew Scottish). C’est ainsi qu’il noue des liens durables avec ce régiment et la réserve de l’armée. En 1914, il est promu capitaine.
En 1916, John Hope est envoyé outre-mer avec le 59e bataillon, où il obtient rapidement le grade de major à titre temporaire. Plus tard cette même année, alors qu’il se trouve en France, il est transféré au 46e bataillon (régiment de la Saskatchewan) en tant que commandant de compagnie, adjudant, puis commandant de bataillon. En 1917, il est brièvement affecté à la 9e brigade d’infanterie.
Le major Hope est blessé à Passchendaele (1917) et à Drocourt-Quéant (1918).
« Pour clarifier une situation incertaine à la suite d’une attaque, le major par intérim A. J. Hope effectue avec succès une reconnaissance audacieuse de la ligne tout juste conquise. Au cours de cette mission, il est pris à partie par l’ennemi, qu’il abat », relate le rapport officiel décrivant les circonstances de l’opération qui vaudra au major la Croix militaire. « Il organise ensuite, poursuit le texte, l’intervention d’une équipe de grenadiers chargée de nettoyer un secteur tenu par l’ennemi; c’est grâce à son esprit d’initiative et à son discernement que l’opération est menée à bon terme et que plusieurs soldats ennemis sont tués ou faits prisonniers4. »
En reconnaissance de sa bravoure, il est décoré de la Croix militaire (MC) et de l’Ordre du service distingué (DSO) et reçoit une citation à l’ordre du jour.
Démobilisé en 1919, il rentre au Canada et s’installe à Perth avec son épouse, Hilda Southcombe (1893-1974), originaire du Surrey (Angleterre). Le couple a une fille, Rosemary (épouse Poynton, 1922-2023), et s’établit au 53, rue Drummond Ouest5.
Service militaire
- 1910-1935 : membre de la réserve active de l’armée
- Président fondateur de la section de Perth de la Great War Veterans’ Association
- 1923 : John Hope fait don d’un trophée en argent pour un concours d’adresse au tir organisé dans le cadre de l’inspection annuelle du corps de cadets du PCI
- 1925-1931 : commandant du régiment Lanark and Renfrew Scottish (affilié au Black Watch); colonel honoraire
- 1931 : aide de camp honoraire de Lord Bessborough, gouverneur général
- 1931 : commandant de l’équipe canadienne à Bisley (concours de tir)
- 1932-1935 : commandant de la 8e brigade d’infanterie
- 1932 : premier président de la Conférence canadienne sur la défense
Carrière juridique
John Hope débute sa carrière juridique en tant qu’associé au cabinet d’avocats Stewart6, Hope and O’Donnell7, fondé à Perth en 19188 et situé au 65, rue Foster9. Il gravit rapidement les échelons de la profession et occupera notamment le poste de procureur de la Couronne, à Ottawa, de 1923 à 1933. En 1929, il est nommé conseiller du Roi. En 1933, il est nommé juge à la Haute Cour de l’Ontario et, de 1945 jusqu’à sa mort en 1954, il siège à la Cour d’appel de l’Ontario. Sa nomination à la magistrature coïncide avec le déménagement de la famille à Toronto, où celle-ci s’installe à « Glynwood », sur Riverview Drive.
L’Hôpital Great War Memorial de Perth
Durant les années qu’ils passent à Perth, John et Hilda Hope prennent une part active à la vie de leur collectivité. Hilda Hope se produit fréquemment en tant que soliste lors d’événements locaux10, tandis que John Hope préside le Conseil de l’éducation de Perth et devient le président fondateur de la Great War Veterans’ Association (GWVA) de Perth11. C’est toutefois dans la création d’un hôpital permanent dédié à la mémoire des habitants de Perth tués à la guerre que John Hope exerce l’influence la plus durable dans sa ville natale.
Le Canada, qui compte alors près de huit millions d’habitants, perd plus de 60 000 soldats durant la Première Guerre mondiale, l’un des conflits les plus meurtriers de son histoire12. Comme personne n’est épargné par cette terrible hécatombe, les collectivités, grandes comme petites, entreprennent d’ériger des monuments à la mémoire des disparus. Si beaucoup de ces hommages prennent la forme de cénotaphes ou de plaques commémoratives, le major Hope souhaite créer un mémorial vivant appelé à laisser une empreinte durable.
En 1918, au plus fort de la pandémie de grippe espagnole, le Conseil des services de santé de Perth installe un hôpital d’urgence dans la rue Mill, dans la résidence de feu l’honorable John Haggart (1836-1913), un important propriétaire de moulin ayant été maire et député. En 1917, la sœur de ce dernier, Isabella Haggart Millar (1846-1917), lègue le bâtiment à la Commission d’aide aux anciens combattants (CAAC) pour qu’il accueille d’anciens combattants en convalescence13. Les sections locales de la Croix-Rouge et de l’Ordre impérial des filles de l’Empire (IODE) apportent alors une aide pratique et financière.
Auparavant, tous les soins de santé, qu’ils concernent des affections aiguës ou chroniques, étaient dispensés principalement au domicile des patients.
C’est l’IODE qui avance, pour la toute première fois, l’idée d’établir un hôpital digne de ce nom à la mémoire des habitants de Perth morts à la guerre. À cet égard, les 30 et 31 juillet 1919, l’organisation parraine un événement de collecte de fonds en l’honneur du retour des anciens combattants. Baptisée « Perth Peoples Popular Patriotic Peace Party » (fête populaire et patriotique de Perth pour la paix), cette manifestation permet de récolter 1 860 dollars pour le projet d’hôpital14. Prenant la parole devant une foule de plusieurs milliers de personnes, le lieutenant-colonel Francis Bethel Ware (1877-1951) fait les observations suivantes :
« Je sais que la soirée doit être éprouvante pour beaucoup d’entre vous, sachant que certains de vos amis et proches ne reviendront pas. Toutefois, l’hommage qu’il convient de rendre à ces hommes ne saurait se limiter à une simple stèle de pierre ou à un monument en bronze. Je préférerais que l’on construise un hôpital où les soldats de retour du front pourraient être soignés et où les habitants de Perth pourraient eux aussi bénéficier d’excellents soins. Un monument de pierre a bien peu de portée; en revanche, un hôpital viendrait en aide aux malades et aux souffrants et constituerait un magnifique hommage à la mémoire de ceux qui nous ont quittés15. »
L’année suivante, de nombreux échanges ont lieu entre la municipalité et diverses organisations quant à la nécessité réelle d’un hôpital à Perth et aux modalités de son financement et de son fonctionnement. À l’été 1920, le projet étant au point mort, les sections locales de l’IODE, de la Croix-Rouge et du Women’s Institute se réunissent pour envisager la construction d’un hôpital plus modeste. Une lettre lue à voix haute par le major Hope, en sa qualité de président de la GWVA, insuffle cependant un nouvel élan au projet. « Les personnes présentes, écrit-il, ont exprimé le souhait de voir se concrétiser le projet de fonder un hôpital à la mémoire des hommes ayant consenti le sacrifice ultime lors de la dernière guerre16. » Les organisations féminines adoptent ensuite une motion appuyant la proposition du major Hope et de la GWVA.
Lors de sa réunion du 20 novembre, le conseil municipal de Perth reçoit une délégation de 14 personnalités de la ville, menée par le major Hope, qui demande à la municipalité de soumettre aux contribuables un projet de règlement d’emprunt obligataire devant permettre de financer la création et l’équipement de l’hôpital à hauteur de 25 000 dollars. Le major Hope fait alors valoir ce qui suit :
« La proposition bénéficie d’un appui sans réserve, en ville comme à la campagne. Le projet a été accueilli très favorablement dans les cantons de Bathurst, de Drummond et de North Burgess. Les cantons d’Elmsley, de North Sherbrooke, de Dalhousie, de South Sherbrooke et de Lanark devraient également y apporter leur concours17. »
La motion fait l’objet d’une première et d’une seconde lecture ce soir-là, puis est finalement adoptée lors de la réunion de janvier 1921.
Au départ, le projet consiste à acheter la maison Haggart auprès de la CAAC et d’en faire un hôpital permanent de 22 lits, doté de chambres privées et semi-privées, de salles communes, d’une salle d’opération et d’une maternité. De nombreuses activités de financement sont organisées, dont un bal masqué parrainé par les Infirmières de l’Ordre de Victoria, des journées de collecte de dons et des bals organisés par l’IODE, des pièces de théâtre amateur et des concerts, des réceptions de patinage et des matchs de hockey de bienfaisance.
Bien que l’Hôpital Great War Memorial (GWM) soit légalement constitué en personne morale en juillet 1920, le début des travaux est reporté à plusieurs reprises. En effet, en raison de l’inflation d’après-guerre et de problèmes d’approvisionnement, les soumissions reçues dépassent systématiquement les prévisions budgétaires. Le fait qu’une grande partie du terrain de la maison Haggart repose sur un socle rocheux solide pose également des difficultés de construction coûteuses. Ces réalités finissent par contraindre le comité de l’hôpital à revoir le projet. La CAAC accepte d’annuler la vente de la maison Haggart, et l’aménagement de l’Hôpital GWM est alors envisagé au Victoria Hall, situé au 33, rue Drummond Ouest.
Construite 70 ans plus tôt sur un terrain urbain de 10 hectares (25 acres) par l’honorable John Glass Malloch (1806-1873), juge du comté de Lanark, cette demeure de 17 pièces est considérée à l’époque comme l’une des plus belles résidences de l’Est de l’Ontario. Toutefois, depuis le décès du juge, survenu un demi-siècle auparavant, elle n’est occupée que quelques semaines par an par des parents éloignés; à l’époque, elle appartient à Sophia McLaren (1845-1923), veuve du sénateur Peter McLaren (1831-1919), important magnat de l’industrie du bois de la vallée de l’Outaouais. Mme McLaren avait acheté la demeure comme cadeau de mariage pour l’un de ses fils, mais tous deux la refusent. Des rumeurs selon lesquelles la maison est hantée la rendent en effet peu attrayante. Aussi Mme McLaren accepte-t-elle volontiers de la vendre à l’hôpital. Les choses s’accélèrent alors.
Le 8 mars 1923, 10 mois après l’achat de la propriété à Mme McLaren, l’Hôpital GWM ouvre officiellement ses portes. Malgré une pluie battante, près de 2 000 personnes se rassemblent devant l’établissement pour entendre le juge James Scott, membre du conseil d’administration, prononcer une brève allocution avant d’inviter le major Hope à ouvrir les portes au public. « Ce dernier tourne la clé dans la serrure et déclare l’hôpital officiellement ouvert18. »
Installations et donateurs de l’Hôpital GWM
- Croix-Rouge (section de Perth) : aménagement de la salle d’opération, de la salle d’anesthésie et de la salle de stérilisation dotées d’équipements modernes
- Société canadienne de la Croix-Rouge : 30 lits d’hôpital, tables de chevet et literie
- Ambulance Saint-Jean (division des soins infirmiers de Perth) : mobilier de la pouponnière
- Loge loyale d’Orange no 7 (Drummond-Centre) et plusieurs particuliers : mobilier des chambres privées
- IODE (section de Perth-upon-Tay) : 2 000 dollars pour l’entretien du matériel
- Catholic Women’s League : vaisselle et service à thé pour la résidence des infirmières
- Fonds fiduciaire des anciens élèves de 1905 : 485 dollars pour le mobilier du bureau administratif
- Women’s Institute d’Innisville : mobilier du salon et de la chambre de la surintendante
- Ladies Aid (Calvin Baptist Church) : mobilier du salon et du hall du deuxième étage
- St. James’ Anglican Church Ladies (ACL) : tables de lit et plateaux
- St. Andrew’s Ladies : rideaux
Au cours des jours qui suivent, 1 600 visiteurs visitent l’hôpital de 20 lits ainsi que la résidence des infirmières attenante, aménagée dans l’ancienne remise pour voitures à chevaux.
Le samedi 10 mars, l’Hôpital GWM accueille ses premiers patients; au cours des 10 mois suivants, 287 patients au total y sont soignés, 28 naissances et 10 décès y sont enregistrés, et 53 opérations chirurgicales majeures et 99 interventions mineures y sont pratiquées. Le major Hope figure lui-même parmi les patients : il subit une appendicectomie le 18 mai, un événement jugé suffisamment marquant pour être relaté dans le journal local19.
La collectivité continue de recueillir des fonds pour son nouvel hôpital en organisant diverses activités, comme des bazars et un tournoi de tir. Aux contributions faites par des clubs et des organismes s’ajoutent les dons de biens et de services provenant de particuliers et d’entreprises. Parmi les dons les plus notables figurent un escalier de secours, offert par la fonderie James Bros., et un ascenseur, offert par Mme Jessie Stewart, veuve de J. A. Stewart20.
Le souhait du major Hope, à savoir que l’Hôpital GWM constitue un hommage durable à ceux ayant fait le sacrifice suprême, est officiellement reconnu le 11 novembre 1924, lors d’une cérémonie marquant le jour de l’Armistice, organisée dans l’enceinte de l’établissement. Le major Hope prononce une allocution (dont les mots qui suivent), après quoi une plaque en bronze installée à l’intérieur de l’hôpital est dévoilée par le major-général Henri Panet (1869-1951), adjudant général. L’hôpital est officiellement dédié à la mémoire des personnes tombées au champ d’honneur durant la Grande Guerre de 1914-1918 :
« Nous sommes réunis aujourd’hui grâce à la divine Providence et aux sacrifices des morts immortels que nous honorons avec une solennelle vénération, en ce sixième anniversaire de la paix. Il nous incombe la grande responsabilité de préserver, dans l’honneur et la justice, ce beau pays pour lequel ces hommes courageux ont bravement donné leur vie sur le champ de bataille. Faisons le serment solennel que cette confiance ne sera jamais trahie21. »
Parmi la foule nombreuse réunie pour la cérémonie figurent d’anciens combattants des raids féniens de 1866 et de la guerre d’Afrique du Sud (guerre des Boers) de 1899-1902, ainsi que la fanfare du 42e régiment.
Deux semaines plus tard, le gouverneur général, lord Byng, et lady Byng se rendent à Perth à bord d’un train spécial pour assister à une réception donnée en leur honneur au théâtre Balderson. N’ayant pas pu participer à la cérémonie du jour de l’Armistice, le couple vice-royal effectue une visite privée de l’hôpital, en marge des activités officielles de la journée22.
Le major Hope occupe le poste de président de l’Hôpital GWM jusqu’en 1933, date à laquelle il est nommé juge à la Haute Cour de l’Ontario et s’installe à Toronto avec sa famille.
Par la suite
Au cours des 20 années suivantes, John Hope continue de s’illustrer au-delà de ses fonctions dans l’appareil juridique, notamment dans les domaines de la santé et de l’éducation. Il siège au conseil d’administration de l’IODE Hospital for Convalescent Children (une antenne de The Hospital for Sick Children) et de la Banting Research Foundation. En 1945, il est nommé au conseil d’administration de son alma mater, l’Université de Toronto. De 1945 à 1950, il préside la Commission royale d’enquête sur l’éducation en Ontario, laquelle établira un rapport de 1 200 pages préconisant d’importantes réformes, comme la suppression des écoles secondaires catholiques, l’abolition de la 13e année, la réorganisation de la formation du personnel enseignant et l’élargissement des programmes destinés aux enfants ayant des troubles d’apprentissage.
En 1935, il reçoit la médaille du jubilé du Roi et, en 1937, la médaille du couronnement.
Initié en 1916 au sein de la loge Moira, il est membre de la Grande Loge unie d’Angleterre (franc-maçonnerie).
Cavalier et skieur passionné, il aime également jouer au bridge et au canasta.
Il décède le 31 décembre 1954, après avoir été souffrant durant une semaine. Il est inhumé, avec son épouse, au cimetière Elmwood, à Perth (Ontario)23.
Remerciements
La Fiducie du patrimoine ontarien remercie Susan Code pour le travail de recherche et de rédaction qu’elle a mené dans le cadre de l’élaboration du présent document.
© Fiducie du patrimoine ontarien, 2026
1 « The Bench », Obitur Dicta, volume XXV, no 2, février 1951, p. 24.
2 Peter Hope ouvre une entreprise de ferblanterie sur la rue North en 1871. Voyant son activité prospérer et conscient de la nécessité de disposer d’un meilleur emplacement, il fait construire en 1889 un bâtiment en brique de deux étages coiffé d’un toit à la mansarde, dont les deuxième et troisième niveaux servent de logement à la famille. En 2006, la Ville de Perth désigne l’édifice, situé au 71, rue Foster, comme bâtiment patrimonial, estimant qu’il illustre à merveille le savoir-faire artisanal de l’époque. L’entreprise, connue par la suite sous le nom de Hope Hardware, demeure en activité jusqu’en 1938; elle vend des poêles et des cuisinières, fabrique toutes sortes d’articles en fer-blanc et en cuivre ainsi que des tuyaux de poêle, et commercialise de la quincaillerie, des articles ménagers, des outils agricoles et de jardinage, ainsi que tout le matériel nécessaire aux fromageries (la famille Hope détient en effet des intérêts dans trois fromageries). LieuxPatrimoniaux.ca
3 « The Bench », op. cit., p. 22.
4 Article non signé, John Andrew Hope (1890-1954) – Find a Grave Memorial.
6 L’honorable John Alexander Stewart, c.r., LL.D. (1866-1922). Outre l’exercice du droit, Stewart occupera les fonctions de conseiller municipal et de maire de la ville et jouera un rôle déterminant dans l’implantation d’industries majeures à Perth. À son décès, il était député du comté de Lanark et ministre des Chemins de fer et Canaux dans le gouvernement de sir Arthur Meighen, dont les cousins étaient d’éminents commerçants de Perth. Le parc municipal est donné à la ville et nommé en sa mémoire.
7 Hugh Anthony O’Donnell (1893-1958) compte également parmi les premiers administrateurs de l’Hôpital GWM. Nécrologie, Perth Courier, 13 février 1958, p. 1.
8 Le cabinet est toujours en activité, désormais sous le nom d’Anderson Foss. Anderson Foss | About Us.
9 En 1906, John Stewart fait construire un immeuble de trois étages au 65, rue Foster. Le rez-de-chaussée est aménagé pour accueillir une banque (la Banque de Nouvelle-Écosse ou Banque Scotia, depuis 1919). Le deuxième étage abrite des bureaux d’avocats (jusqu’en 1973) et le troisième, la loge maçonnique True Britons. Gus Quattrocchi, The Merchants, Professionals and Tradespeople of Perth, s. d., p. 8.
10Perth Courier, 6 mai 1921, page inconnue.
11 Fondée en 1917, la GWVA était la plus grande et la plus puissante organisation d’anciens combattants du Canada. Elle fusionne avec d’autres groupes en 1925 pour donner naissance à la Légion canadienne. Great War Veterans’ Association | Wartime Canada.
13 La Commission d’aide aux anciens combattants est créée en 1915 pour aider les anciens combattants de la Première Guerre mondiale et leurs familles à se réinsérer dans la vie civile et, notamment, à trouver un emploi et un logement. Elle exerce toujours ses activités à titre d’organisme du gouvernement de l’Ontario.
14Perth Courier, 8 août 1919, p. 1; équivalent à environ 30 000 dollars en 2026.
15Perth Courier, 1er août 1919, p. 8.
16 Perth Courier, 13 août 1920, p. 4.
17Perth Courier, 3 décembre 1920, p. 1.
18Perth Courier, 16 mars 1923, p. 1 et 4.
19Perth Courier, 25 mai 1923, p. 1.
20 Ron Shaw, « Genesis of a Hospital — The Great War Memorial Hospital of Perth & District », Perth & District Historical Society, Genesis of a Hospital.
21Perth Courier, 14 novembre 1924, p. 1.