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Les réfugiés hongrois de 1956

Le 18 octobre 2025, cette plaque a été dévoilée à l’occasion du bal székler organisé par l’Orbán Balázs Társaság, société regroupant les membres de la communauté hongroise sicule, au Hungarian Canadian Cultural Centre, 141, avenue Sunrise à Toronto. Elle a été dévoilée une deuxième fois le 23 octobre 2025 au cours d’une cérémonie de lever des couleurs à Queen’s Park (Toronto), avant d’être installée à titre permanent au parc Matt Cohen à Toronto, le 6 mars 2026. La plaque est le fruit d’un partenariat avec le Consulat général de Hongrie, le Hungarian Canadian Cultural Centre et le Hungarian Research Institute of Canada.

Voici le texte de la plaque :

LES RÉFUGIÉS HONGROIS DE 1956

    L’Ontario a connu trois grandes vagues d’immigration en provenance de Hongrie : la première dans les années 1920, la deuxième après la Seconde Guerre mondiale et la troisième à la suite de la révolution hongroise de 1956. Les nouveaux venus s’installent à Toronto, à Hamilton et dans les régions du sud-ouest de l’Ontario où l’on cultive le tabac. La communauté s’agrandit considérablement après la révolution qui contraint plus de 200 000 Hongrois et Hongroises à s’exiler pour fuir les forces soviétiques. Cette crise des réfugiés suscitera l’émoi dans l’opinion mondiale. À cette occasion, le gouvernement canadien prend le parti d’écourter considérablement la procédure normale : non content d’alléger les formalités administratives, il couvre également les coûts de transport. À compter de 1956-1957, le Canada accueillera 37 565 Hongrois et Hongroises, dont plus de la moitié (soit 19 541 personnes) s’installeront en Ontario. Il s’agit principalement de jeunes venus des villes qui ont suivi pour la plupart un enseignement technique ou des études universitaires. Ces nouveaux arrivants créent des entreprises et fondent de nombreuses institutions représentatives de leur expérience et de leurs traditions, apportant leur contribution dans toutes les sphères de la société. Leur arrivée marque un tournant dans la politique d’immigration canadienne, qui devient plus souple à l’égard des immigrants et des réfugiés, favorisant une diversification accrue de la population ontarienne dans l’après-guerre.

AZ ’56-OS MAGYAROK

    A magyarok három külön hullámban érkeztek Ontárióba nagyobb számban: az első bevándorlási hullám 1920–30 között, a következő a második világháború után, a harmadik pedig az 1956-os magyar forradalom és szabadságharcot követően történt. A magyar bevándorlók Torontóban, Hamiltonban, illetve Ontario délnyugati részén, dohánytermelő övezetben telepedtek le. A közösség jelentősen gyarapodott a magyar forradalom után, amikor több mint 200 000 magyar volt kénytelen elmenekülni szülőföldjéről a megszálló szovjet erők elől, ami menekültválságot eredményezett, egyben nemzetközi szimpátiát váltott ki. A kanadai kormány történelmi lépéssel felelt a helyzetre, ugyanis drasztikusan leegyszerűsítette a bevándorlást: nemcsak a bürokráciát csökkentette, hanem az utazási költségeket is fedezte. 1956–57-ben Kanada 37 565 magyar bevándorlót fogadott be, akiknek több mint fele, 19 541 fő Ontárióban telepedett le. A bevándorlók többnyire városokból származó, műszaki vagy egyetemi végzettséggel rendelkező fiatalok voltak. Az újonnan érkezők vállalkozásokat és számos intézményt is alapítottak, felhasználva hozott szakértelmüket és a hagyományaikat, így hozzájárulva a társadalom alakításához minden szinten. Érkezésük mérföldkőnek számított, amitől Kanada bevándorlási politikája befogadóvá vált a bevándorlók és menekültek irányában, ezzel hozzájárulva ahhoz, hogy Ontario a háború utáni időszakban sokszínűbbé válhasson.

Historique

Aperçu

Stéphane Parmenius de Buda, chroniqueur et historien en chef de l’expédition de Sir Humphrey Gilbert, figure parmi les premiers Hongrois à se rendre en Amérique du Nord. Il débarque sur les rives de Terre-Neuve en 1583. Le jeune humaniste hongrois rédige alors l’une des descriptions les plus anciennes et les plus détaillées des terres qui deviendront le Canada[1]. Cette contribution sera suivie par celles des nombreux Hongrois et Hongroises de talent qui ont laissé leur trace dans le Nouveau Monde.

Entre 1880 et 1910, un million de Hongrois et de Hongroises migrent en Amérique du Nord, à la fois poussés par leur patrie et attirés par le Nouveau Monde. Ce sont principalement des ouvriers agricoles contraints de quitter la Hongrie en raison de la pauvreté et de la surpopulation des campagnes. Les premiers établissements hongrois d’importance au Canada sont fondés par des immigrants venus des États-Unis et faisant partie de cette vague migratoire massive du tournant du siècle. Alors qu’en 1901, le Canada compte environ 1 500 Hongrois et Hongroises, leur nombre bondit à 15 000 en 1914. Bien que l’immigration hongroise au Canada commence au milieu des années 1880, les premiers établissements hongrois en Ontario ne sont pleinement constitués qu’après la Première Guerre mondiale. Par conséquent, les périodes notables d’immigration considérées dans le présent document sont celles suivant la Deuxième Guerre mondiale, entre 1920 et 1930, et la Révolution hongroise de 1956.

En 1924, le système de contingents instauré aux États-Unis pour y limiter le nombre d’immigrants entraîne une brusque augmentation du nombre de Hongrois et de Hongroises souhaitant entrer au Canada à la place. Entre 1924 et 1930, ils sont plus de 29 000 à y être admis en tant que travailleurs agricoles. Ils arrivent durant la période de l’entre-deux-guerres, du fait des bouleversements politiques et économiques qui suivent la Première Guerre mondiale. Certains émigrent de régions séparées de la Hongrie après la guerre : les parties méridionales de la Tchécoslovaquie nouvellement créée, la Transylvanie en Roumanie et la Voïvodine dans la Yougoslavie de l’époque. La majorité provient de petites villes et de zones rurales. Beaucoup sont d’habiles artisans : bouchers, charpentiers, cordonniers et forgerons. La plupart n’avaient jamais entendu parler du Canada avant d’émigrer.

Bien que venus pour servir de travailleurs agricoles, ils sont, dès 1931, majoritairement installés dans d’autres régions du Canada, plus de la moitié habitant dans des centres urbains, en particulier en Ontario, où les trois quarts de la population native de Hongrie vivent alors dans des villes. Au début des années 1930, les villes de Hamilton, Toronto, Welland et Windsor abritent des populations hongroises de plus de 1 000 personnes; Brantford, Kitchener, Oshawa, St. Catharines, Niagara Falls et Port Colborne comptent également des centaines de résidents hongrois. En 1931, la plus grande communauté hongroise de l’Ontario se trouve à Hamilton, la ville offrant immédiatement du travail aux immigrants dans les aciéries et les ferronneries. Attirés par les emplois dans le domaine de la construction au canal Welland, beaucoup d’autres Hongrois et Hongroises s’installent dans cette région ainsi que dans celle de Port Colborne, et trouvent du travail au sein des nombreuses usines de textile et de caoutchouc une fois le canal achevé. À Windsor, c’est l’industrie de la construction automobile qui tient lieu de gros employeur. Dans un premier temps, les ouvriers font quotidiennement la navette jusqu’aux usines de Detroit, avant de travailler dans les usines nouvellement construites sur place.

Les premières associations hongroises créées en Ontario sont des sociétés de prestation-maladie, visant à protéger les immigrants des aléas de la vie dans un pays étranger, à une époque où il n’existe aucune forme d’assurance commanditée par l’État[2]. En plus d’offrir un certain degré de sécurité financière, elles organisent souvent des réunions et des activités sociales où les immigrants, isolés de la société d’accueil par la langue et la culture, peuvent trouver de la compagnie. La première Hungarian Sick Benefit Society est fondée à Hamilton en 1907; la Brantford Hungarian Mutual Benefit Society est établie en 1913. Dans les années 1930, des sociétés hongroises de secours mutuel ou d’entraide sont actives dans la plupart des villes ontariennes abritant une importante population hongroise. En effet, les principes d’assistance mutuelle qui caractérisent ces sociétés sont à ce point essentiels à la vie des immigrants de l’entre-deux-guerres que même les organisations fondées dans les années 1950 par des immigrants qui vivent au Canada depuis plus de 20 ans mettent en place des programmes d’indemnités pour frais funéraires. Cette vague d’immigrants fonde en outre les premières congrégations religieuses. Les premières assemblées de fidèles hongrois organisées en Ontario sont presbytériennes et ont lieu à Welland et à Hamilton en 1926. En 1928, les catholiques romains hongrois fondent des églises à Welland et à Toronto. D’autres confessions suivent, comme les baptistes, les luthériens et les catholiques grecs, avec, dans certains cas, quatre ou cinq congrégations actives au sein d’une même communauté.

Il va de soi que les Hongrois et les Hongroises immigrant en Ontario pendant les années de l’entre-deux-guerres rencontrent et parviennent à surmonter de nombreux obstacles dans leurs efforts pour établir des communautés viables. Souvent incapables de décrocher des emplois permanents, ils font face aux conditions économiques et de travail en berne des années 1930 et sont nombreux à s’installer dans les régions de culture du tabac du sud de l’Ontario, attirés par la perspective d’un emploi plus durable. La communauté est marquée par les dissensions et les antagonismes entre personnes de gauche et de droite, qui envahissent souvent ses centres communautaires, ses organisations et ses établissements religieux[3].

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, l’immigration hongroise en Amérique du Nord est à nouveau freinée. Les Hongroises et les Hongrois présents au Canada sont taxés d’« étrangers hostiles » et les activités de certaines organisations, en particulier celles de gauche, sont surveillées de près. Les communautés hongroises se démènent pour faire état de leur loyauté envers leur patrie d’adoption en soutenant les programmes d’obligations pour financer la guerre et de secours de la Croix-Rouge.

Après la guerre, le Canada cherche des ouvriers agricoles, des travailleurs de la construction et des employés de maison. Entre 1948 et 1952, 10 151 Hongroises et Hongrois déplacés sont admis au Canada. Les nouveaux arrivants sont généralement obligés d’accepter un contrat d’un an leur imposant de travailler dans les régions rurales de la province, au sein de fermes, de camps forestiers et d’équipes de construction. Une fois le contrat honoré, la plupart déménagent dans des zones urbaines, notamment à Toronto.

La vague constituée des personnes déplacées après la guerre forme le groupe le plus politiquement conscient, même comparé au groupe bien plus important des réfugiés hongrois de 1956. Les organisations qu’elles fondent visent à perpétuer les traditions de la terre natale, tout particulièrement celles qui sont sapées par le gouvernement communiste d’après-guerre. Elles attachent une grande importance à transmettre leur langue et leur patrimoine à la deuxième génération grâce aux cours de langue du samedi et au mouvement des éclaireurs hongrois. Elles fondent plusieurs journaux et leur influence se fait sentir au sein des équipes de direction des organisations communautaires. Enfin, leur impact sur les établissements religieux est spectaculaire. Lorsque leur ordre (ainsi que tous les ordres religieux) est dissous par le régime communiste dans le sillage de la guerre, les prêtres jésuites hongrois débarquent en force au Canada. Ils prennent le contrôle des congrégations catholiques romaines hongroises, principalement celles des plus grands centres urbains de l’Ontario, comme Toronto et Hamilton, jusqu’alors desservies uniquement par des prêtres nés au Canada.

Cette vague de réfugiés de l’après Deuxième Guerre mondiale compte de nombreux survivants de l’Holocauste, comme Peter Munk, qui deviendra un célèbre entrepreneur et philanthrope[4]. Arrivé lui aussi en tant que réfugié d’après-guerre, Leslie Dan fondera le futur géant pharmaceutique canadien Novopharm et offrira la Faculté de pharmacie Leslie Dan à l’Université de Toronto. Orphelin de l’Holocauste, John Hirsch est adopté après la guerre par un couple canadien. Avec le temps, il montera la première compagnie théâtrale permanente de Winnipeg, le Manitoba Theatre Centre[5].

En octobre 1956, éclate en Hongrie une révolution spontanée qui aura des effets spectaculaires sur l’immigration hongroise au Canada et la nature des communautés hongroises canadiennes. La révolution est écrasée par l’Union soviétique et quelque 200 000 Hongrois et Hongroises quittent le pays, provoquant une grande crise des réfugiés.

En novembre 1956, le gouvernement canadien réduit considérablement les procédures et formalités encadrant normalement l’immigration au Canada. Les responsables canadiens commencent à lever les contraintes administratives en accordant la priorité aux demandes des réfugiés hongrois. Vers la fin du mois de novembre, le gouvernement canadien décide de couvrir tous les frais liés au déplacement des réfugiés hongrois vers le Canada. Les immigrants ne sont plus tenus de rembourser leur passage. Des hauts fonctionnaires du service de l’immigration s’envolent à destination de l’Autriche pour accélérer le traitement des demandes. Le 1er décembre, le ministre canadien de la Citoyenneté et de l’Immigration, J.W. Pickersgill, arrive à Vienne pour prendre personnellement la situation en main. Le 4 décembre, on peut lire en manchette d’un quotidien torontois : « Pickersgill met la paperasse au panier — les demandes présentées par les réfugiés traitées à la minute » [traduction libre]. Citant le ministre, l’article indique que le Canada ne fixe aucune limite à l’accueil de ces réfugiés. Au milieu des années 1950, l’immigration globale au Canada connaît un ralentissement et, heureusement pour les réfugiés hongrois, de nombreux analystes prédisent de ce fait une pénurie de main-d’œuvre.

En 1956, sur une période de moins d’un an, 37 565 réfugiés hongrois sont admis au Canada. D’un point de vue historique, leur arrivée est significative. Ils font partie des premiers grands groupes de réfugiés à arriver en relativement peu de temps et à ne parler aucune des deux langues officielles du Canada[6]. S’attendant à trouver toutes les tranches de la population dans les camps autrichiens, Pickersgill n’y rencontre apparemment pratiquement personne de plus de 40 ans. Dans l’ensemble, les réfugiés sont instruits et nombreux à disposer d’une formation technique. Ils viennent des zones urbaines de Hongrie. Le ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration estime que leur immigration au Canada est le rêve de tout ministre de l’immigration. Suscitant une immense sympathie et recevant le soutien du public international, les membres du groupe ont moins de mal que leurs prédécesseurs à trouver un emploi et à s’adapter à la vie au Canada. Nombre d’entre eux s’inscrivent dans les universités canadiennes grâce à des programmes de bourses. L’Université de la Colombie-Britannique (UBC) est la première à offrir refuge aux 285 étudiants et 29 professeurs de la Faculté de foresterie de l’Université de Sopron, en Hongrie. Les membres du corps professoral ayant émigré ensemble, l’UBC leur propose de s’affilier à l’université et d’utiliser ses installations afin que les étudiants hongrois puissent terminer leurs études sans interruption[7].

Du simple fait de leur nombre, les réfugiés de la révolution renforcent et enrichissent les communautés hongroises canadiennes. Beaucoup sont célibataires. À Toronto, la St. Elizabeth of Hungary Roman Catholic Church (église catholique romaine Sainte-Élisabeth de Hongrie) et la première Hungarian Presbyterian Church (église presbytérienne hongroise) croulent sous les demandes de célébration de mariage des couples de réfugiés nouvellement arrivés. Des mariages de masse ont lieu, avec jusqu’à 12 couples de réfugiés mariés en même temps à St. Elizabeth. Alors que les organismes gouvernementaux avaient pour intention de répartir les réfugiés dans tout le pays, la majorité s’installe en Ontario. D’après les statistiques ontariennes, la population de natifs de Hongrie de la province croit de 19 541 personnes entre les recensements de 1951 et de 1961.[8]

Les Hongroises et les Hongrois nouvellement arrivés fondent une multitude d’organisations culturelles, de compagnies théâtrales, de troupes de danse folklorique et de chorales, et impressionnent le public canadien avec leur patrimoine culturel singulier en matière de danse et de musique, notamment avec les chefs-d’œuvre des compositeurs de renommée internationale que sont Zoltán Kodály ou Béla Bartok. Élève de Kodály, George Zadubán fonde le Kodály Male Choir (chœur d’hommes Kodály) en 1960. En 1961, complété par un orchestre de 30 musiciens et un chœur d’enfants de 25 membres, il est rebaptisé Kodály Ensemble. Rejoint par un chœur de femmes et une troupe de danse folklorique en 1962[9], l’ensemble participe à plusieurs tournées internationales et reçoit de nombreuses louanges. Certaines sections de la chorale d’enfants finiront par intégrer la chorale de la Compagnie d’opéra canadienne.

Autre réfugié arrivé avec cette vague et acteur chevronné, Sándor Kertész (1911-1990) fonde une compagnie théâtrale reconnue, le Toronto Art Theatre, moins d’un an après son entrée au Canada. Selon les propres mots de Kertész, la principale raison du succès de la troupe réside dans le besoin irrésistible des acteurs et des actrices d’exercer leur profession. Chauffeurs de taxi, porteurs, serveurs et employés d’usine pendant la journée, ils peuvent à nouveau fouler la scène le soir[10]. Comme l’écrit le critique d’art de la revue Maclean’s en juin 1963 :

    Possédant une liste d’abonnés permanents tout comme le O’Keefe Centre, il s’agit du seul théâtre permanent de langue hongroise hors de Hongrie, dont toutes les représentations affichent pratiquement complet des semaines avant que le rideau se lève sur un nouveau spectacle[11]. [traduction libre]

Parmi les réfugiés de 1956, nombreux sont ceux qui apportent une contribution à la singulière tapisserie que forment les établissements culturels du Canada. Pour n’en nommer que quelques-uns : George Jonas (1935-2016), prestigieux auteur, cinéaste, chroniqueur et producteur de radio et de cinéma ayant entamé sa carrière comme chauffeur de taxi à Toronto[12]; Anna porter, fondatrice de Key Porter Books, une des plus grandes maisons d’édition au Canada; Robert Lantos, ce que le Canada a compté de plus proche d’un « magnat du cinéma », ayant monté l’une des plus grandes sociétés de télévision d’Amérique du Nord, Alliance Communications; George Hencz (1933-2011), président et propriétaire de Performing Arts in Canada, revue trimestrielle illustrée fondée en 1961 et publiée à Toronto, devenue le catalogue officiel d’une scène artistique canadienne en plein essor en proposant des entretiens avec des musiciens de renom et des articles sur les festivals à venir et les ensembles musicaux prometteurs[13].

Dans l’atmosphère accueillante de leur patrie d’adoption, de nombreux hommes d’affaires et entrepreneurs trouvent également leurs marques. Arrivé avec sa formation technique de fabricant d’outils et de matrices pour seul bagage, Frank Hasenfratz (1935-2022) reçoit cinq dollars lorsqu’il débarque du navire en 1957. L’entreprise qu’il fondera par la suite, Linamar Corporation, compte aujourd’hui 33 000 employés dans 19 pays. Il s’agit du deuxième plus grand fabricant de pièces automobiles au Canada[14].

La Freedom Fighters Federation of Canada (fédération des combattants de la liberté), mise sur pied par des immigrants de cette même vague, cherche à cultiver les idéaux de la révolution. En 1966, le 10e anniversaire de la révolution est commémoré par l’érection d’un monument permanent dans le parc Budapest de Toronto, sur le boulevard Lake Shore Ouest.

Si vous vous lancez dans une revue des entreprises, des organisations et des établissements culturels hongrois en Ontario, vous serez frappés par la variété des talents et des connaissances qu’ils ont apportés. Les Hongrois et les Hongroises ont contribué de moult façons à la mosaïque multiculturelle de leur patrie d’adoption en lui offrant le meilleur de leurs traditions. Rares sont les domaines de la vie économique, scientifique, médicale, technique, universitaire ou culturelle canadienne que les Canadiens et les Canadiennes d’origine hongroise n’ont pas marqués de leur empreinte.


La Fiducie du patrimoine ontarien tient à exprimer sa gratitude à Susan M. Papp (Ph. D.) pour ses recherches et sa contribution à la rédaction de ce document. La Fiducie remercie également le Consulat général de Hongrie, le Hungarian Canadian Cultural Centre et le Hungarian Research Institute of Canada de l’aide qu’ils lui ont apportée en relisant les versions préliminaires de ce document.

© Fiducie du patrimoine ontarien, 2025


[1] Susan M. Papp, Hungarians in Ontario, Polyphony: The Bulletin of the Multicultural History Society of Ontario, vol. 2, nos 2-3, 1979-1980, p. 3.

[2] Ibid., p. 8.

[3] Carmela Patrias, « Hungarian Immigration to Canada Before the Second World War », Hungarians in Ontario, Polyphony: The Bulletin of the Multicultural History Society of Ontario, vol. 2, nos 2-3, 1979-1980, p. 17-44.

[4 https://www.chancellorscircle.utoronto.ca/members/peter-munk-and-melanie-munk

[5] Fraidie Martz et Andrew Wilson, A Fiery Soul: The Life and Theatrical Times of John Hirsch, Montréal, Véhicule Press, 2011, p. 22.

[6] https://www.canada.ca/fr/immigration-refugies-citoyennete/services/refugies/a-propos-systeme-refugies/fonctionnement-du-systeme/histoire.html

[7] http://1956memorial.com

[8] Susan M. Papp, « Flight and Settlement », Hungarians in Ontario, Polyphony: The Bulletin of the Multicultural History Society of Ontario, vol. 2, nos 2-3, 1979-1980, p. 63-70.

[9] George Bisztray, « Cultural Institutions », Hungarians in Ontario, édition préparée par Susan M. Papp, Polyphony: The Bulletin of the Multicultural History Society of Ontario, vol. 2, nos 2-3, 1979-1980, p. 70-76.

[10] Kertész Sándor, Déryné voltam Kanadában: A torontói Művész Szinház 23 éves története [Curtain at Eight: The Twenty-three-year history of the Hungarian Art Theatre of Toronto], Toronto, éditeur inconnu, 1981.

[11] « Hungary’s loss, Toronto’s gain, a theatre in the Budapest manner », Maclean’s, 1er juin 1963.

[12] Marc Coté, « Remembering George Jonas, 1935-2016 », Quill & Quire, 13 janvier 2016.

[13]https://thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/performing-arts-in-canada

[14] Rod McQueen et Susan M. Papp, Driven to Succeed: How Frank Hasenfratz Grew Linamar from Guelph to Global, Toronto, Dundurn Press, 2012.